"Je me plains à mes vers si j'ai quelques regrets,
/ Je me ris avec eux, je leur dis mon secret,
/ Comme étant de mon coeur les plus sûrs secrétaires."
Du Bellay, "Les Regrets"
traductrice : Cécile Ardilly édition : Robert Lafont
collection : R Jeunesse
nombre de pages : 270
parution : 23/03/2017
coût : 14,90€
4ème de couverture :
L'uniforme, oui ! La jupe, non ! Liberté, égalité, pantalon ! Liv (ne l'appelez pas Olivia, il déteste ça) sait depuis toujours qu'il est un garçon et non une fille, mais le règlement très strict de son collège en matière d'uniforme lui interdit de porter un pantalon. Il lui faudra donc porter des jupes. Commence alors l'Opération Pantalon. La seule manière pour Liv d'obtenir ce qu'il veut, c'est de mener la bataille lui-même. Et il ne compte pas seulement changer les règles : il veut changer sa vie, un combat loin d'être gagné d'avance ! Un roman bourré d'humour, de tendresse et d'amour inconditionnel.
Avis :
Liv entre en sixième dans un collège avec un uniforme. Uniforme sexiste car pantalon pour les garçons et jupe pour les filles. Pour Liv, cette inégalité est inadmissible, surtout parce que Liv est un garçon dans un corps de fille.
Un héros de 11 ans transgenre est rare dans la littérature jeunesse, ce qui rend cette lecture immédiatement intéressante. Mais ce n’est pas le seul sujet abordé, il y a l’homosexualité, les familles homoparentales, les maladies inconnues, le harcèlement scolaire… C’est en fait un livre sur la différence, une différence qui est finalement universelle, une différence qui est naturelle et dont les personnages vont apprendre à passer outre car, finalement, ils sont tous humains (oui, je fais dans la généralisation et l’amour de soi)
Ces sujets, très importants, sont abordés par une autrice YA reconnue, et, en écrivant pour la jeunesse, elle les aborde de manière, certes sérieuse, mais surtout légère et naturelle. Cela ne donne pas un livre trop lourd avec un protagoniste au bord du gouffre, au contraire, le message y est optimiste.
Les personnages sont solaires. J’ai adoré Enzo, il est trop chou et rigolo. J’ai aussi adoré Mom et Mamma, les mères de Liv. Elles étaient très présentes, comme le sont les parents dans la vrai vie. Liv veut régler seul les choses, mais quand il en a besoin, ses mères sont là, elles le soutiennent, donnant un équilibre enfants/adultes assez rare en littérature jeunesse et YA.
Il y a tout de même quelques petits bémols. Tout d’abord, pourquoi seul Liv se révolte contre le port obligatoire de la jupe ? Pourquoi faut-il que ce soit un garçon dans un corps de fille qui mette le doigt sur cette inégalité, pourquoi les filles ne la ressentent-elles pas ? Il y a aussi quelques petits clichés : la meilleure amie qui lâche le protagoniste pour la popularité, le beau gosse qui tout le monde aime qui devient ami avec le héros… Sauf que ces clichés, en tout cas celui de la meilleure amie qui lâche, sont parfois, voire souvent, vérifiés dans la vie et c’est agréable de voir notre héros transformer sa tristesse en autre chose et se faire d’autres amis.
Ca fait bien longtemps que ce rendez-vous n'a été vu sur ce blog...
C'est lundi, que lisez-vous reprend "It's Monday, what are you reading ?" du blog One person's journey through a world of books. Au départ, le récapitulatif des liens français se faisait sur le blog de Galleane, puis, c'est le blog I Believe in Pixie Dust qui a repris le flambeau
Le but de ce rendez-vous hebdomadaire, c'est de faire un petit bilan de sa semaine :
Qu'avez-vous lu ?
Que lisez-vous maintenant ?
Que lirez-vous ensuite ?
Mes lectures (et autres) de la semaine passée
Livres
Le danger de l'histoire unique, un discours de Chimamanda Ngozi Adichie
Opération Pantalon, un roman jeunesse de Cat Clark
Blog, un roman YA de Jean-Philippe Blondel
Le Médecin malgré lui, une pièce de théâtre de Molière
Films
Joker, de Todd Philips. Je ne sais toujours pas si j'ai aimé, le personnage du Joker, magnifiquement bien incarné par Joachim Phoenix me dérangeait, mais les images étaient éblouissantes !
Tenue de soirée, de Bertrand Blier. Très amusant, bien qu'un peu long
The Kissing Booth 1, de Vince Marcello. Je ne me lasse pas de cette comédie romantique
Princes et Princesses, de Michel Ocelot. Les dessins sont superbe, je retombe en enfance chaque fois que je le regarde
Star Wars, episode i : La Menace fantôme, de Georges Lucas, que je n'avais jamais vu
Episodes de séries
Peaky Blinders, on en est à la saison 3 avec mon amoureux
Charmed, je ne m'en lasse pas, je les regarde, les reregarde et les rereregarde
Legacies, je voulais revoir des morceaux d'épisodes
Emissions
Grand bien vous fasse : Tout savoir sur le sommeil
Ca peut pas faire de mal : Albert Camus
En voyant cette longue liste, je me demande si j'ai vraiment travaillé... NON oups, vais-je me prendre un mur à la rentrée ? OUI. Est-ce que cela me fait quelque chose ? Pour le moment, on n'y pense pas, ça n'existe pas 🙈 (je suis fan de ces smiley singes, ils sont trop choupiii)
Ma lecture du moment
Le Journal de Gurty, tome 8 : J'appelle pas ça des vacances ! de Bertrand Santini
Mes prochaines lectures
Gorilla Girl, de Anne Schmauch, un roman féministe qui a l'air de déménager
L'avare, de Molière
Broadway, de Fabrice Caro, que j'ai vite piqué à ma maman
Il y a quelques jours, j'ai lu Les Caprices de Marianne de Alfred de Musset, une pièce de théâtre très courtes, deux actes, que j'ai beaucoup aimé !
Cependant, j'ai du mal à partager un avis constructif dessus, mais voulant tout de même vous faire découvrir cette lecture qui me fut plaisante, j'ai décidé d'un nouveau format : diverses citations expliquant pourquoi j'ai aimé ce livre.
Les Caprices de Marianne
Alfred de Musset
1833
Le personnage d'Octave, ami de Coelio qui est amoureux de Marianne, est mon personnage préféré. C'est un mélange entre moqueries, ironies et une triste et belle lucidité. J'ai beaucoup aimé ses répliques et c'est ce que j'aimerais vous partager :
OCTAVE
J'aimerais mieux mourir que d'attenter à mes jours
acte I, scène 5
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OCTAVE
C'est un livre que tu as là ?
COELIO
Oui, et que tu n'as probablement pas lu.
OCTAVE
Très probablement. Quand on en lit un, il n'y a pas de raison de lire tous les autres.
acte II, scène 1
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OCTAVE
J'entends que vous être un magistrats qui a de belles formes.
CLAUDIO
De langage ou de complexion ?
OCTAVE
De langage, de langage. Votre perruque est pleine d'éloquence, et vos jambes sont deux charmantes parenthèses.
acte II, scène 1
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MARIANNE
Comment s'appelle ce lait merveilleux ?
OCTAVE
L'indifférence. Vous ne pouvez ni aimer, ni haïr, et vous êtes comme les roses du Bengale, sans épines et sans parfum
acte II, scène 1
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OCTAVE :
Je suis capable d'ensevelir ma tristesse dans ce vin, ou du moins, ce vin dans ma tristesse.
acte II, scène 1
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OCTAVE
la justice céleste tient une balance dans ses mains. La balance est parfaitement juste mais tous les poids sont creux. Dans l'un, il y a une pistole, dans l'autre un soupir amoureux, dans celui-là une migraine, dans celui-ci, il y a le temps qu'il fait, et toutes les actions humaines s'en vont de haut en bas, selon ces poids capricieux.
acte II, scène 5
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OCTAVE
C'est un homme d'un autre temps ; il connaissait les plaisirs, et leurs préférait la solitude ; il savait combien les illusions sont trompeuses, et il préférait ses illusions à la réalité.
J'ai découvert ce rendez-vous sur le blog Coffee & Books. Bettie du blog BettieRose books a décidé de reprendre le concept du Throwback Thursday d'Instagram (vous connaissiez vous ? moi pas du tout ^^') et de l'adapter à l'univers "livresque".
Chaque jeudi, il faut trouver un livre dans notre bibliothèque (de préférence un qui s'y trouve depuis longtemps) qui correspond à un thème donné et en parler. Sympathique non ?
Le flambeau a été repris par le blog My Books, et c'est désormais chez elle que se fait le récapitulatif des liens.
Le thème du jour (jeudi 22 octobre)
Une couverture sombre
Tous mes livres de quand j'étais plus jeune étant dans des cartons, j'ai cherché une couverture sombre dans mes vieilles chroniques. Et j'ai trouvé cette saga policière que j'aimais beaucoup : Les Aventures de Mickey Bolitar de Harlan Coben. Harlan Coben est un auteur de polar pour adulte que l'on ne présente plus, eh bien, il a aussi écrit une saga jeunesse avec comme héros, le neveu de son héros habituel (oui, les enquêtes sont une affaire de famille).
J'avais énormément accroché, j'étais entrée dans l'histoire en un rien de temps et ma nature froussarde m'avait fait avoir des frissons.
Pour le fun, voici le lien pour lire ma chronique écrite en 2013, j'espère avoir évolué depuis non ? 😂
"Suite à la mort de son père, le jeune Mickey Bolitar a dû s'installer chez son oncle Myron, en attendant que sa mère sorte de cure de désintoxication. Nouveau foyer et nouveau lycée pour cet adolescent. Mais aussi nouveaux amis, nouveaux ennemis et surtout nouvelle petite amie, Ashley. Alors que Mickey commence à retrouver le moral, Ashley disparaît sans laisser de traces. Déterminé à comprendre ce qui s'est passé, Mickey mène son enquête et fait des découvertes pour le moins déconcertantes. Ashley n'est peut-être pas la jeune fille discrète et timide qu'il pensait connaître… En tentant de comprendre ce qui a pu lui arriver, ce sont ses propres secrets familiaux qu'il s'apprête à découvrir. Malgré lui, Mickey plonge au coeur d'une aventure sur le point de bouleverser sa vie…"
Les aventures de Mickey Bolitar, tome 1 : A découvert, de Harlan Coben, paru en 2012 aux éditions PKJ
La Présidente de la République l’a décidé : tout élève doit faire, entre sa troisième et sa seconde, une année de service civique quelque part en France. Valentin Lemonnier n’a pas de chance : ses vœux ne sont pas respectés, et il est envoyé dans le Pas-de-Calais, dans un centre pour personnes âgées atteintes d’Alzheimer, minutieusement reconstitué pour ressembler à un village des années 60.
Sa première mission semble assez simple : écrire une lettre à une pensionnaire qui a répondu à un concours dans un Salut les Copains de 1967, pour lui annoncer que, malheureusement, Françoise Hardy ne va pas pouvoir venir chanter dans leur ville.
Sauf que c’est difficile d’annoncer une telle mauvaise nouvelle. Alors il annonce l’inverse. Françoise Hardy viendra ! il s’y engage personnellement. Et pour ce faire, il va falloir trouver un sosie de la star, qui vienne chanter son tube La maison où j’ai grandi à tous les pensionnaires.
Avis :
Valentin a 15 ans et doit effectuer un stage de an dans une unité Mnémosyne, un centre pour personnes âgées atteinte d’Alzheimer. Ces quelques 400 pages sont son rapport quotidien où il raconte sa vie en colocation, ses journées au centre, il y raconte des conversations avec des patients, ses angoisses, ses découvertes. Il y ajoute aussi des notes rétrospectives, écrites à la fin de son année de stage ce qui nous permet de voir son évolution.
On grandi avec Valentin. Il nous émeut, nous agace, nous fait rire. Valentin c’est un ado de 15 ans, comme on a pu l’être.
Avec les angoisses du monde qui nous entoure, Valentin aime se réfugier dans cette bulle de souvenirs des années 60, et nous aussi.
Parfois la présence de la mort et de la maladie était pour moi accablante, et c’est ce qui m’a tant rebutée à écrire cette chronique, mais en fait, ce n’est pas un apitoiement. Certes c’était parfois triste, mais Clémentine Beauvais a su donner à Valentin une voix naïve, sincère, gagnant en maturité, qui nous plonge dans cet univers de manière douce, attentionnée et joyeuse.
je l'ai écouté en boucle pendant ma lecture, et puis après aussi.
Comment j’ai changé ma soeur en huitre (et une huitre en ma soeur), de Emilie Chazerand
titre : Comment j’ai changé ma soeur en huitre (et une huitre en ma soeur)
autrice : Emilie Chazerand
illustratrice : Joëlle Dreidemy
édition : Sarbacane
collection : Pépix
nombre de pages : 224
date de sortie : 19 août 2020
coût : 10,90€
Merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi
4è de couverture :
Je m’appelle Germain et j’ai une vie gé-niale. J’ai un père mannequin pieds. Vous l’avez sûrement vu dans la pub pour les mycoses des ongles. Ma mère est une artiste, mais, comme c’est la crise, elle travaille à la cantine de mon école. Et y a Younès, mon meilleur copain. Ensemble, on a inventé Pâteman, le super-héros qui se change en plat de pâtes. Bref, tout va bien. Sauf que j’ai une sœur. Judith a douze ans et c’est la seule erreur que mes parents ont faite. Mais hier, au Réveillon, on m’a servi une huître. J’y ai touché du bout du doigt, et, crois-moi ou pas, l’huître m’a parlé. On a papoté et elle m’a proposé un truc dingo : échanger sa place contre celle de Judith…
Avis :
Germain le dit lui-même, il a une vie gé-niale. Exceptée sa soeur. Judith, 12 ans, son pire cauchemar. Alors quand une huitre lui demande de prendre la place de sa soeur afin qu’elle devienne une huitre, il accepte. Le problème, c’est que cette huitre veut faire la révolution, et qu’elle transforme tous les humains en huitre et inversement.
Ce Pépix, si original par son histoire, nous fait suivre Germain, héros en devenir. Il doit sauver la terre de l’invasion des huitres et est à mourir de rire. En décalage, naïf et, on peut le dire, avec une haute estime de lui, nous fait vivre une aventure hors du commun.
Ce qui fait que j’ai aimé Comment j’ai changé ma soeur en huitre (et une huitre en ma soeur) ? Toute la réflexion sur la fraternité vu par un petit garçon. On peut le dire, les frères et soeurs, c’est casse-pieds, comme nous le démontre si bien Germain avec ses dessins et listes. Mais c’est aussi beau ce lien qui uni une fratrie, et Emilie Chazerand, qui joue avec, c’est génial.
La Vie princière de Marc Pautrel
titre : La Vie princière
auteur : Marc Pautrel
édition : Gallimard
collection : L'Infinie
nombre de pages : 80
date de sortie : 4 janvier 2018
coût : 10,50€
Coup de coeur
4è de couverture :
«Puisque le Domaine est une propriété privée et qu'il ne passe ici qu'un ou deux véhicules par jour, nous marchons en plein milieu de la chaussée, la route nous appartient, on dirait qu'elle a été tracée pour nous seuls au milieu des vallons, percée à flanc de coteau puis parfaitement aplanie, égalisée et goudronnée uniquement pour que toi et moi puissions y marcher tous les deux côte à côte le plus confortablement possible, et parler, parler sans cesse, expliquer, imaginer, se souvenir, inventer, interroger, démontrer, raconter, échanger nos idées, nos mots, nos vies.»
Avis :
Ce court roman, mélange de journal et d’épistolarité, m’a bouleversée. L’écriture est sublime, poétique. L’adresse du narrateur à L. avec le -tu- nous plonge immédiatement dans leur histoire, j’étais partagée entre une position de voyeurisme et celle de destinataire.
Pourtant très court, je l'ai lu en 3 fois, à chaque fois, happée par l'écriture, m'envolant au grès des mots. Je sentais l'amour du narrateur, son amour et sa tristesse.
Citations :
"La séparation est devenue une constante de mon existence qui m'a forcé à changer de vie, et c'est pour ça que je suis devenu romancier : je veux tout transformer en légende, créer une boucle continue, doubler l'éternité."
"Se quitter pour se retrouver encore, encore et encore, c'est sans doute une des multiples formes que peut prendre le paradis ici-bas."
Le journal de Bridget Jones, de Helen Fielding
titre : Le Journal de Bridget Jones
titre original : Bridget Jones's diary
autrice : Helen Fielding
édition : Albin Michel
nombre de pages : 368
date de sortie : août 2001
coût : 20,50€ (existe aussi en poche)
4è de couverture :
«58,5 kg (mais post-Noël), unités d'alcool : 14 (mais compte en fait pour deux à cause de soirée de nouvel an), cigarettes : 22, calories : 5 422.» À presque trente ans, Bridget Jones consigne ses déboires amoureux dans son journal. Elle sort trop, fume trop, boit trop, compte les calories et fantasme sur son play-boy de patron. Sa hantise : finir vieille fille. Ses objectifs : perdre du poids et trouver son prince charmant. L'irrésistible confession de la célibataire la plus célèbre de la planète.
Avis :
De prime abord étonnée par l’écriture, celle d’un journal intime avec des abréviations, des bilans quotidiens, des sautes de pronoms, je me suis laissée prendre par les rocambolesques histoires de cette trentenaire britannique. En période de concours blanc, j'ai séparé ma lecture suivant les mois d'écriture de Bridgette : janvier le lundi, février le mardi, ect... cela refaisait mes journées à moi, me mettant le sourire au lèvres. C’est facile à lire, rapide, amusant, et franchement, maintenant, je n’ai plus qu’une envie : voir les adaptations !
titre : Peur de rien auteur : Stéphane Gisbert illustratrice : Alice Morentorn éditions : Sarbacane collection : Pépix nombre de pages : 192 parution : 3 juillet 2020 coût : 10,90
"à partir de 8 ans"
Synopsis :
Ami lecteur, si tu as ce livre entre les mains, ne l’ouvre surtout pas ! Conseil d’ami. Jette-le avant que tes mains se mettent à trembler et que tes cheveux se dressent sur ta tête ! Mieux : brûle-le ! Ou refile-le à ton pire ennemi pour qu’il fasse pipi au lit…
À moins que, comme Kevin, tu ne veuilles franchir les grilles du vieux cimetière Osférane à la
nuit tombée. Là-bas, les sépultures sont si craquelées, dit-on, qu’on peut passer à travers… et les fantômes qui y croupissent ne demandent qu’à sortir !
À moins que toi aussi, tu ne veuilles t’enfoncer au pays des morts, affronter la mystérieuse Bête
qui la hante, bref avoir la plus grande trouille de ta vie ?
Ami lecteur, te voilà prévenu…
Mon avis :
Merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi
Kevin Cavaliero, 13 ans, n'a peur de rien, jamais. Ce qui parfois lui pose des problèmes : c'est le premier à se bagarrer. Un jour, alors qu'il a voulu se battre contre Lou, le grand caïd de 15 ans, son père l'engueule : ça ne peut plus durer, "la peur n'est pas une faiblesse, c'est un instinct de survie". Pour enfin ressentir cette émotion inconnue, Kevin décide de passer la nuit dans le cimetière Osférane, l'endroit le plus flippant à des kilomètres à la ronde.
Comme souvent avec les Pépix, l'histoire est amusante. Bien sûr, Kevin ne va pas simplement passer la nuit au cimetière. Le réel devient flou et l'imaginaire s'incruste.
Les personnages sont sympathiques. J'aime beaucoup Maria Cavaliero, la maman de Kevin au radar surdéveloppé, elle sent quand Kevin a des ennuis, ce qui, on l'a déjà dit, arrive assez fréquemment.
Un seul point noir : Kevin est beaucoup trop héroïque, c'est le meilleur, il sait tout, réussit tout, comme une Marie Sue. Ce n'est pas réaliste, je trouve l'identification plus difficile et cela me sortait de l'histoire.
En bref, une lecture sympathique avec un héros tête-brulée et excellent.
Premières lignes est un rendez-vous créé par Aurélia du blog Ma Lecturothèque. Il s'agit de vous faire découvrir un livre en vous mettant ses premières lignes. Simple non ? J'ai trouvé le principe plutôt sympa, donc quand l'envie m'en prendra, pourquoi ne pas le faire? Ce genre d'article est pour moi l'occasion de vous partager certaines de mes lectures sur lesquelles j'aurais du mal à disserter longtemps.
Croire au merveilleux m'a pris à la gorge, il m'a entrainé avec lui, sous l'eau, toujours plus profond. J'avais vraiment cette impression de mélange entre liberté, ivresse (oh coucou ivresse des profondeurs, sujet de mon TPE de première ^^), et la difficulté qu'est de respirer sous l'eau. Parfois, je n'avais pas le choix, je devais arrêter cette lecture, comme un noyé qui sort la tête, j'aspirais une grosse bouffée d'air et waw. Besoin d'une pause.
Je retiens deux choses de cette lecture : une difficile compréhension et une écriture magnifique.
Le protagoniste nous parle de plusieurs choses à la fois, retours en arrière successifs, présent se mélangeant au passé, à ses pensées. Cela me perdait un peu, accentuant l'impression de se noyer dans le livre.
Impression due, certes au sujet : l'eau, le merveilleux, la noyade, les sirènes ; mais surtout à l'écriture si poétique, une écriture qui m'a particulièrement touchée. Des propositions courtes, par à-coup, qui me mettaient en transe.
Le protagoniste est perdu, César a perdu sa femme, la femme de sa vie, et il n'arrive plus à vivre sans elle. Ce livre, c'est comment, après avoir touché le fond de l'eau, il arrive à refaire surface. Difficilement, se battant contre les flots, aidé par des légendes antiques, il reprend goût à la vie.
I
LE MORT
France, Paris & Italie, Amalfi
Faire propre
Aujourd'hui je vais mourir.
Je ne suis pas malade.
Je ne suis pas ruiné.
Je n'arrive plus à vivre, c'est tout.
Amputé à ce point, est-ce qu'on peut même employer le mot : vivre ?
J'ai longtemps cru que j'y arriverais. Cru tout ce qu'on m'a raconté : l'apaisement qui suit l'acceptation de la mort de l'être aimé, puis sa renaissance sublimée sous forme de souvenirs... Tu parles. Je ne pense plus qu'à ses cendres flottant sur l'eau. J'ai leur goût dans la bouche.
La nuit, on tend les bras et il n'y a plus personne, plus rien.
Je ne peux pas la faire revenir, mes mots ne me servent à rien, or je n'ai que les mots, alors je veux mourir.
Plus personne ? J'aggrave mon cas : il y a quelqu'un. Un enfant, notre fils, six ans. Mais l'amour que j'ai pour lui, l'amour qu'il me donne, et même la somme de ces amours ne parviennent pas à équilibrer le plateau de la balance. Ca penche beaucoup trop, de l'autre côté, sur le plateau vide, celui qui m'attire.
Lorsque je le regarde, lui, je la vois, elle. Et je lui en veux, à lui, comme à elle. Les mêmes traits, le même défi dans le regard sombre, la même grâce, la même peau, les mêmes colères.
Alors en finir. Je sais que je bafoue tous mes engagements de père en écrivant ça, mais en suis-je encore un ?