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mardi 10 août 2021

Throwback Thursday

 J'ai découvert ce rendez-vous sur le blog Coffee & Books

Bettie du blog BettieRose books a décidé de reprendre le concept du Throwback Thursday d'Instagram (vous connaissiez vous ? moi pas du tout ^^') et de l'adapter à l'univers "livresque". 
Chaque jeudi, il faut trouver un livre dans notre bibliothèque (de préférence un qui s'y trouve depuis longtemps) qui correspond à un thème donné et en parler. Sympathique non ?
Le flambeau a été repris par le blog My Books, et c'est désormais chez elle que se fait le récapitulatif des liens.

Si vous connaissez un peu mon blog, vous savez que la régularité et moi, cela fait deux. Et donc, comme beaucoup de rendez-vous, Throwback Thursday n'a pas été vu ici depuis.... octobre 2020 ! Mais, en regardant mes libellés, il m'a littéralement sauté au visage, et j'ai eu envie d'en refaire (au moins un, soyons réaliste)

Le thème du jour (5 août 2021)
Le 15è livre de votre bibliothèque 



Le 15è livre de ma bibliothèque n'est pas des plus fun, il s'agit de Sur Racine, de Rolland Barthes. On avait du le lire pour le cours de lettres en hypokhâgne, cela me parait tellement loin ! J'ai de vagues souvenirs, les trois espaces raciniens, les deux éros, le tenebroso racinien, les vêtements et les cheveux qui montrent les passions... Bref, Barthes, c'est l'art de dire des choses simples de façon compliquée, comme beaucoup de théoriciens littéraires d'après moi.

"Ce que Racine exprime immédiatement, c’est donc l’aliénation, ce n’est pas le désir. Ceci est évident si l’on examine la sexualité racinienne, qui est de situation plus que de nature. Dans Racine, le sexe est lui-même soumis à la situation fondamentale des figures tragiques entre elles, qui est une relation de force.
Le sexe est un privilège tragique dans la mesure où il est le premier attribut du conflit originel : ce ne sont pas les sexes qui font le conflit, c’est le conflit qui définit les sexes."
Sur Racine, de Rolland Barthes, 1963, paru aux Editions Points, collection Essais en 2014

Et vous, c'est lequel, le 15è livre de votre bibliothèque ?



dimanche 8 août 2021

Peau d'homme, de Hubert et Zanzim


 titre : Peau d'homme 
 scénariste : Hubert
 coloriste et dessinateur : Zanzim
 éditions : Glénat
 collection : 1000 feuilles
 nombre de pages :  160
 parution : 3 juin 2020
 coût : 27€
 récompenses : Grand Prix RTL 2020, Prix Wolinski de la BD du Point 2020, Grand prix de la critique ACBD 2021, Prix Landerneau BD 2020 , Prix Ti-Zef 2020, Fauve des Lycéens 2021 au Festival d'Angouême, Prix des Libraires Canal BD 2021, Prix BDstagram 2020, Prix Imaginales de la bande dessinée des bibliothécaires 2021


4ème de couverture : 

Sans contrefaçon, je suis un garçon !

Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité.

La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l’objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l’instrument d’une domination à la fois sévère et inconsciente ?

À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité… mais pas que. En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l’humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d’homme nous invite tant à la libération des mœurs qu’à la quête folle et ardente de l’amour.


Avis : 

Bon allez, je me jette à l’eau, je rédige ma chronique de Peau d’Homme. Qu’est-ce que je peux dire à part que cette BD fut un coup de coeur ? Que j’aimerais que tout le monde la lise ? 


L’histoire se déroule dans la Renaissance italienne. Bianca, l’héroïne, va se marier avec Giovanni, un homme qu’elle connait à peine. Sa tante lui apprend alors un secret de famille : les femmes se transmettent depuis des générations une peau d’homme. Grâce à cette peau, Bianca peut rencontrer son fiancé, apprendre à le connaître sous les traits de « Lorenzo ». Elle va alors découvrir une liberté grisante qu’elle ne possède pas en tant que femme, mais aussi que Giovanni préfère les hommes aux femmes. Petit à petit, il tombe amoureux de Lorenzo, et Bianca mène une double vie : homme libre, heureux et amant comblé de Giovanni, et femme soumise, intriquée et délaissée par son mari. En parallèle de l’évolution de Bianca nous avons l’évolution de la société. Fra Angelo, empli d’un fanatisme religieux à faire peur, commence à resserrer son emprise sur les femmes, puis sur les hommes.


Bianca devient la figure de la liberté. Liberté sexuelle, liberté de pensée, liberté de vie. Autour d’elle gravitent différents personnages plus ou moins extravertis. J’ai aimé cette diversité de vies qui représente la société actuelle. 


Parce que, Peau d’homme, comme souvent avec le principe d’éloignement, est terriblement actuelle. Elle aborde divers thèmes : la religion, le sexisme, le travestissement, l’homosexualité, la liberté… Elle pourrait faire penser aux Fables de Lafontaine, entre humour et morale, prônant la tolérance.


J’ai apprécié qu’il s’agisse d’une bande dessinée et non d’un roman. Le graphisme apporte vraiment quelque chose ici, peut-être un côté plus abordable ? Les dessins de Zanzim sont tous simples, avec certains traits enfantins, flous et très colorés. Cela ajoute à la mise à distance je trouve.

J’ai aimé voir les corps, voir la peau de Lorenzo dans sa boîte, voir Bianca l’enfiler comme un vêtement, voir les corps des uns et des autres se toucher, se coller. 


Pour moi Peau d’homme nous livre une véritable réflexion sur la société moderne. Prise de conscience, à travers la satire, de la dualité inéluctable des extrêmes mais aussi de l’importance de la liberté et de la difficulté à se battre pour elle. 


Je me répète, mais j’aimerais que tout le monde lise cet ouvrage.

vendredi 6 août 2021

American Royals, de Katharine Mcgee


Titre : American Royals 
Tome 1 de American Royals 
Autrice : Katharine Mcgee
Traductrice : Laureline Chaplain
Editions : Lumen
Parution : Septembre 2019
Nombre de pages : 562
Coût : 16€



4e de couverture : 

Et si une famille royale régnait sur les Etats-Unis ?
Quand les États-Unis ont arraché leur indépendance aux Britanniques, George Washington, général en chef des armées américaines, s'est vu proposer la couronne. Et, au lieu d'insister pour que son pays devienne une république... il a accepté ! Deux cent cinquante ans plus tard, c'est donc la maison Washington qui est à la tête de la première puissance mondiale. Comme la plupart des familles régnantes, elle compte une héritière et un fusible, une éventuelle remplaçante. L'une sera la future reine, l'autre est là pour servir son pays, mais seulement au cas où. Béatrice et Samantha savent depuis l'enfance ce que l'on attend d'elles. Mais elles ne sont pas n'importe quelles princesses. Elles sont américaines, et leur pays est né d'une rébellion... 

À seulement vingt-et-un an, Béatrice, élevée pour régner, a la chance de devenir la première reine du pays, où jusque-là seuls des hommes pouvaient exercer le pouvoir... une réforme du droit de succession a bouleversé son existence, mais son avenir tout tracé devient soudain trop pesant pour elle. Quant à Samantha, elle se soucie peu de briser les règles d'une cour qui se soucie peu de ses incartades – jusqu'au jour où sa sœur est soudain sommée d'épouser l'homme dont elle est tombée amoureuse... Sans oublier Jefferson, le frère jumeau de Samantha, relégué au troisième rang dans l'ordre de succession alors qu'il aurait dû régner, et pris dans une redoutable rivalité amoureuse. 

Déchirés entre leur devoir et des penchants bien humains, les membres de la famille royale américaine se débattent sous les feux des projecteurs et des réseaux sociaux. Personnages irrésistibles, luttes d'influence et secrets d'alcôve... Une duologie sensible et cruelle qui rappelle la série phénomène The Crown, la modernité en plus. Découvrez, sous la plume de Katharine McGee, les mystères de la famille la plus célèbre de l'Histoire, dont les peines et les drames se jouent sur la plus vaste scène qui soit : le monde.

Avis : 

Un jour, je tombe sur ce livre à la bibliothèque, je retiens sans trop savoir pourquoi. Après avoir vu Young Royals (la chronique de ce coup de coeur est disponible sur le blog) je n’avais qu’une envie : retrouver une ambiance identique, une tête couronnée mais humaine, authentique, jonglant entre ses désirs et ses devoirs. American Royals m’est plus ou moins revenu en tête, plus ou moins car j’ai cherché pendant des jours à retrouver le titre avec juste « une histoire de royauté dans les nouveautés ». Une fois le titre retrouvé, je l’ai emprunté à la bibliothèque, ainsi que le 2. 


Malheureusement, ce fut une énorme déception. J’ai trouvé les personnages assez stéréotypés, sans réelle évolution en 500 pages. Ici, la polyphonie ne m’a pas fait le même effet que dans Annie au milieu de Emilie Chazerand (dont la chronique viendra plus tard). Ici, les façons de parler, le vocabulaire, la mise en page, tout était identique. 


Les romances était aussi trop « basique » pour moi. En même temps, j’en ai lu tellement qu’il me faut maintenant un petit truc en plus. Il y en avait quatre, pour les quatre filles bien sûr, on tombe tous amoureux en même temps : l’héritière de son garde du corps, la princesse du fiancée de sa soeur, la roturière du prince, jumeau de sa meilleure amie, et l’arriviste du roturier, meilleur ami de son ex le prince. Bref, un bon imbroglio avec secrets, confusions, erreurs et pas d’alchimie. Sans parler de l'idée de mariage et d'amour éternelle que je ne trouve plus adapté à notre époque.


« Et si une famille royale régnait sur les Etats-Unis ? » forcément, cela aurait changé des choses, et j’aurais aimé avoir plus d’aperçu de la politique, de la vie sous cette royauté. Les quelques petites phrases par-ci par-là ne m’ont pas suffit. De plus, je m’attendais à une famille moderne, du style de Gossip Girl, avec jeans, blazer, marques connues, voitures et autres dépenses exubérantes des milliardaire. Au lieu de cela, j’avais plutôt l’impression d’assister à un reboot de La Sélection de Kiera Cass (j'ose vous renvoyer à un article de 2015 ? Allons-y, n'ayons pas honte). 


Et comme beaucoup de reboot, je ne l’ai pas trouvé à la hauteur. Sur les romances, l’histoires, les personnages et l’écriture. En effet, je l’ai trouvé trop simple, sans style particulier. Original ou traduction ? Je ne sais pas. Mais il faut avouer qu’après Jane Austen (j’ai adoré !) et Emilie Chazerand dans Annie au milieu, avec son écriture si particulière, difficile de suivre. 


Un point positif tout de même ? Les mères de Nina, Julie et Isabelle. J’ai aimé que Katharine Mcgee insère cette relation lesbienne, permettant une identification et une visibilité des relations homosexuelles qui ne s’arrêtent pas au coming out. 


Bien que j’ai lu American Royals en une nuit, je ne pense pas lire le tome 2. Ce n’est plus le genre de romance que j’aime. En ce moment, je recherche quelque chose de plus prenant, corporellement parlant, de plus nouveau et inclusif aussi. 

mercredi 4 août 2021

Et dans nos coeurs, un incendie, de Elodie Chan


Titre : et dans nos coeurs, un incendie 
Autrice : Elodie Chan
Edition : Sarbacane 
Collection : Exprim'
Parution : 1 septembre 2021
Nombre de pages : 244
Coût : 16€





Synopsis : 

L’histoire fiévreuse, acide et romantique de deux ados brûlés par la vie mais sauvés par leur rencontre… 

Isadora a dans la poitrine une poudrière. Elle passe son temps à faire la gueule et voudrait cramer la terre entière. Tristan, lui, a mis son cœur à l’abri dans une cage en acier, si bien qu’à force de ne rien ressentir, il pourrait en crever.
Le jour de leur rentrée au lycée, ils tombent l’un sur l’autre dans les toilettes. Elle a foutu le feu à une poubelle, lui tente de se pendre au-dessus de la cuvette,
        et au moment où les yeux d’Isadora 

                    percutent ceux deTristan 
                                   où leurs fringues se frôlent
                                                où sa chair glacée à lui 
                                                             effleure sa peau brûlante à elle,
                                                                            tout change.

Avis : 

 Je suis sans voix. Dans mon corps, ça vibre, ça bouge, comme de regarder le paysage défiler du train. Dans mon coeur, un incendie, c’est sûr.

Un immense merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi.


Tout mon corps entier vibre d’émotions. Un incendie ? Il y en a un dans mon coeur, et un gros. Elodie Chan m’a fait ressentir tout ce que ressentaient Tristan et Isadora. J’ai pleuré, ris, désiré, ragé avec eux.


Ce livre, c’est une tempête. Une tempête d’émotions et de poésie. Et qu’est-ce que j’ai aimé me plonger dans cette tempête. J’ai eu un électrochoc, envie soudaine de ressentir, ressentir la vie aussi fort que dans le roman.


La plume d’Elodie Chan est électrisante, addictive. J’aime ce genre de plume, poétique, cynique, moderne et ancienne à la fois. Unique. J’ai aussi aimé retrouver Baudelaire. Alors que ce n’est pas mon poète préféré, c’est la deuxième fois qu’il est plus que présent dans une de mes lectures, et cela me donne envie de redécouvrir ses vers. 


Ce livre, c’est un mélange entre Joanne Richoux, dans Les Collisions, PLS ou encore Virgile & Bloom par les personnages, les émotions, le ton, et Clémentine Beauvais dans Décomposée par la poésie, les vers libres. 


La couverture est sublime, simple, mate, elle ressemble à l’histoire.


Je voudrais tellement rendre justice à ce livre, mais je n’y arrive pas. Cela fait exactement deux semaines que je l’ai terminé, et mis à part ces quelques lignes écrites juste après ma lecture, plus aucun mot ne me vient. Quand je pense à et dans nos coeurs, un incendie, je me souviens du choc que j’ai ressenti. Pendant des semaines, j’avais du mal à lire. Virgile & Bloom, de Joanne Richoux, m’a emportée, c’était génial mais après, impossible de lire quoique ce soit. Et dans nos coeurs, un incendie m’a transportée aussi fort, d’une écriture différente, et je n’ai pas pu m’arrêter de lire ensuite. Avant toute chose, je retiens ça : et dans nos coeurs, un incendie m’a redonner l’envie de lire. 


Ce livre, c’est un ovni, je le trouve unique. Comme dans chaque Exprim’, nous avons la bande-son au début, je trouve cela génial, mais ici, les chapitres portent en plus des noms de musique, de quoi étoffer ma playlist ! La mise en page aussi est particulière, envoutante. Des post-it, des SMS, des notes et des dessins côtoient une écriture typographique, elle-même très libre avec des blancs, de l’italique, différentes polices et des mots qui flottent sur la page.


Et dans nos coeurs, un incendie, pour moi, c’est un voyage poétique au coeur même de l’adolescence avec ses peurs, ses doutes, ses colères, ses désirs, ses hésitations… Toutes ces émotions que l’on ressent si fort mais aussi cette absence d’émotion parfois. Je me suis retrouvé dans quelques pages, j’ai vécut et revécut certaines pages. Je vivais à la fois ma vie, et celle de Tristan et Isadora. 


Je crois que je commence à me répéter. Cette chronique n’a plus aucun sens. Mais en même temps, comment en donner un quand on parle du corps ? C’est ça, c’est exactement ça. Pendant deux semaines, j’ai essayer d’écrire avec mon cerveau, d’analyser, mais en fait, et dans nos coeurs, un incendie a parlé à mon corps, et c’est donc mon corps qui parle maintenant, mes mains qui tapent frénétiquement sur mon clavier, mes pensées qui sont à des milles de mon bureau : dans les toilettes d’un lycée, au cimetière du Père Lachaise avec Tristan et Isadora. Et quand je laisse mon corps se nourrir du souvenir de ma lecture, je me rends compte que j’ai envie que tout le monde vive cette expérience, sortir de son corps et revenir dedans avec tant de force. Exactement comme avec Young Royals, la première série à m’avoir fait ressentir cela. 


Donc, parce qu’il faut bien terminer cet article, ceci est une chronique comme un brouillon, mais je n’ai pas trouvé d’autre moyen de vous partager mon ressenti sur et dans nos coeurs, un incendie. C’est une lecture coup de coeur, à n’en pas douter, une lecture coup de poing qui m’a fait me sentir vivante et heureuse. 

 

Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
tentative de suicide - pensées suicidaires

 

lundi 26 juillet 2021

C'est lundi, que lisez-vous

  C'est lundi, que lisez-vous, QUESAKO ?


C'est lundi, que lisez-vous reprend "It's Monday, what are you reading ?" du blog One person's journey through a world of books. Au départ, le récapitulatif des liens français se faisait sur le blog de Galleane, puis, c'est le blog I Believe in Pixie Dust qui a repris le flambeau. Cependant, elle a annoncé qu'elle ne le continuerait plus que sur Instagram, le récapitulatif des liens se fait donc maintenant sur le blog Les Paravers de millina.
Le but de ce rendez-vous hebdomadaire, c'est de faire un petit bilan de sa semaine : 
Qu'avez-vous lu ?
Que lisez-vous maintenant ?
Que lirez-vous ensuite ?


Ca y est, je me fais au rythme de la restauration. Je travaille cinq jours sur sept, services du midi et du soir. Le matin, je lis quelques pages quand je peux, pendant la coupure je lis, chronique, sort, me promène, et le soir j'essaie de lire ou je m'écrase sur l'oreiller. 
Cette semaine, je suis partie pendant mes jours de repos, je suis allée dans la campagne pas loin de Bordeaux. Et qu'est-ce que cela m'a fait du bien ! Le silence, voir les oiseaux dans le ciel, entendre le paon des voisins et les insectes... Je me suis bien reposée. Je me suis baigné, j'ai lu au soleil, dans l'herbe, dans un hamac, j'ai écrit 3 chroniques, choses que je n'arrivais plus à faire depuis quelques semaines. En bref, j'ai profité, j'ai vu le positif, et cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps.

Mes lectures de la semaines passées :



En début de semaine, j'ai commencé et dans nos coeurs, un incendie, de Elodie Chan, aux éditions Sarbacane. J'ai dévoré la moitié du livre en une journée. Puis, petite pause, le lendemain, j'étais trop fatiguée pour lire. J'ai dévoré l'autre moitié en milieu de semaine, et je peux vous dire que c'est un immense coup de coeur. La preuve ? Il m'a redonner l'envie de me plonger dans des livres.

J'ai lu ensuite La Commode aux tiroirs de couleur, d'Olivia Ruiz aux éditions JC Lattes. Ce fut une lecture sympathique, elle a quand même réussi à me tirer quelques larmes. 


Niveau série, j'ai regardé les épisodes 12 et 13 de Superman and Lois (saison 1) que j'avais en retard. J'aime beaucoup l'idée de voir Lois et Clark parents, et leur vie de famille ayant été mise un peu à l'écart par l'intrigue principale, j'espère en voir plus dans les prochains épisodes.
Je pense que vous connaissez mon amour pour superman, j'ai donc ensuite, bien évidemment, re(re-re-re)regardé quelques épisodes de Lois et Clark, Les nouvelles aventures de Superman.

En ce moment : 


Je lis Les Aventures d'Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur de Maurise Leblanc. C'est sympathique, mais je pense que je commence à m'en lasser...

Ensuite je lirai : 



Le 1er août, je commence une lecture commune deAnnie au Milieu de Emilie Chazerand aux éditions Sarbacane. C'est pourquoi je ne sais pas trop quel livre lire en attendant, je ne veux pas trop me plonger dans une histoire pour arrêter au milieu.
Je me laisse le choix : peut-être Orgueil et préjugés de Jane Austen (mais c'est un assez gros pavé) ou alors, les 5 derniers tomes de Blue Flag, de Kaito, que j'ai enfin emprunté à la bibliothèque. 

Les articles de la semaine, et ceux à venir : 

Cette semaine, j'ai publié deux chroniques, les deux ne portant pas sur des romans
J'ai rédigé une chronique sur la bande dessinée Peau d'homme, d'Hubert et Zanzim, et je rédige actuellement ma chronique de et dans nos coeurs un incendie, d'Elodie Chan

Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle semaine 

dimanche 25 juillet 2021

SERIE — Young Royals, de Lisa Ambjörn


titre : Young Royals 
saison : 1 
réalisatrice : Lisa Ambjörn
origine : Suède
production : Netflix
nombre d'épisodes : 6 
durée d'un épisode : 45min 
parution : 1 juillet 2021
acteurs principaux : Edvin Ryding, Omar Rueberg, Malte Gardinger, Frida Argento et Nikita Uggla


Synospis : 

Quand le prince Wilhelm arrive dans le prestigieux internat d'Hillerska, il y voit enfin l'occasion de découvrir qui il est vraiment et le genre de vie qu'il souhaite mener. Wilhelm se prend a rêver d'un futur où il jouirait d'une pleine liberté et d'un amour inconditionnel, dégagé de toute obligation royale. Mais quand il se retrouve soudainement premier dans l'ordre de succession au trône, le dilemme prend une toute autre ampleur et il lui faut choisir entre son amour et son devoir.


Avis : 

 Je ne sais plus comment j’en suis venue à regarder Young Royals. Je ne savais pas de quoi ça parlait (à part une histoire avec une élite et c’est tout.). Mais j’ai regardé le premier épisode, que j’ai dû arrêter à la moitié pour aller travailler. L’histoire m’est restée en tête, et le lendemain, j’ai repris. Et là, la claque. Je n’ai pu détacher mes yeux de l’ordinateur de toute la journée, j’ai enchaîné les épisodes les uns après les autres, sans pause. J’ai été complètement, et irrésistiblement accro à cette série. 

Mais la question, c’est : est-ce que j’ai « simplement » bingwatché, sans ressentir, comme cela m’arrive souvent avec les série ? Pas. Du. Tout. Cette série m’a transportée comme aucune série n’avait su le faire avant elle. J’ai ressenti si fort les émotions des personnages, d’une façon que l’on pourrait rapprocher d’un livre. J’ai désiré, j’ai pleuré, j’étais en tension, j’ai ri, j’étais amoureuse… (oui, on peut dire que je suis une totale éponge sentimentale en ce moment).


J’ai trouvé Young Royals si bien faite. Les personnages n’avait pas le physique parfait, celui qui fait rêver tout en sachant que ce n’est pas réaliste. Ils avaient des rondeurs, de l’acné, des cernes, ils étaient humains, comme nous, ce qui m’a d’autant plus prise au jeu.


Et le jeu, les acteurs jouaient merveilleusement bien. L’alchimie qu’il y avait entre Edvin Ryding et Omar Rudberg était si forte, si belle. J’ai ressenti leur histoire dans tout mon corps. J’ai rêvé de vivre ça, d’être au centre de ce genre de regard, de cette danse entre les corps.


La bande originale m’a beaucoup plu, elle accompagnait très bien l’histoire. Cela ne ressemblait pas à une simple musique de fond ou au contraire, une musique prenant le pas sur le visuel. Certains passages me faisaient vraiment penser à une ballet : des images floues, rapides ou lente avec une musique partie intégrante du show, vous voyez ce que je veux dire ? 


La musicalité de la langue a aussi joué sur mon ressenti. C’est la première série suédoise que je regarde et j’ai beaucoup aimé cette langue. Mélange de suédois, d’anglais et d’espagnole, c’était chantant, entraînant. 


Peut-être que la longueur de la saison, seulement 6 épisodes, a su installer une véritable addiction. En effet, bien que j’aurais adoré voir plus, connaître plus, vivre plus de Young Royals, je n’ai pas eu le temps de me lasser. Le dernier épisode m’a tellement choquée. Pas tant par ce qui se passait, mais par l’abrupt de la fin. Je suis restée plusieurs minutes sans voix, sans saisir que oui, je devais sortir de ce monde, revenir dans le mien. Mais je ne le voulais pas, je voulais continuer d’être avec Wilhelm et Simon, je voulais que cela se termine comme je le voulais, j’en aurais crié de frustration. Cette frustration, je n’en avais jamais ressenti de si poignante pour une série. Je meurs d’impatience de voir la suite, j’espère tant que Netflix la renouvellera pour une saison 2.


De base, on pourrait penser que Young Royals est une série comme on en a vu 100 : romance sur fond de différence de classes et de discrimination. Mais tout ce que j’ai dit précédemment l’a rendue unique, réaliste. Cette série fut un véritable coup de coeur, la preuve, une fois que j’ai fini les 6 épisodes, je les ai re-regardés le lendemain. Young Royals m’a vraiment marquée. Je ne sais pas si je le rend bien, mais j’ai toujours les images en têtes, les émotions dans le corps, et écrire cette chronique me donne envie de m’y replonger, pour la troisième fois en une semaine.

jeudi 22 juillet 2021

Le Manifeste des 343, L'Histoire d'un combat, de Hélène Strag, Adeline Laffitte et Hervé Duphot


Titre : Le Manifeste des 343, L'Histoire d'un combat
Scénaristes : Hélène Strag et Adeline Laffitte
Illustrateur : Hervé Duphot 
Edition : Marabulles
Nombre de pages : 144
Parution : 7 octobre 2020
Coût : 17,95€



4ème de couverture : 

Fin 1970, Nicole, jeune documentaliste au Nouvel Observateur s’indigne du sort des femmes obligées d’avorter clandestinement. Elle décide de mettre en place une action d’envergure avec le Mouvement de Libération des Femmes et de monter un « scoop » destiné à changer la société et les mentalités… 
Ce sera le Manifeste des 343, rédigé par Simone de Beauvoir, signé par 343 Françaises connues ou inconnues et publié par le Nouvel Observateur le 5 avril 1971, alors que l’avortement était illégal en France. Cette audace a marqué l’histoire du féminisme français et ouvert la voie à la loi Veil dépénalisant l’avortement, adoptée en 1975. 

Du manifeste des 343, l’Histoire a surtout retenu la couverture satirique de Cabu 
dans Charlie Hebdo. 50 ans après, les auteurs ont voulu revenir sur les événements qui ont conduit à sa parution dans Le Nouvel Observateur et redonner à chacun·e son rôle légitime.


Avis : 

Une fois n'est pas coutume, je vous parle d'une bande dessinée, et je voulais tellement la lire celle-ci aussi. C’est maintenant (depuis juin mais bon) chose faite grâce à mon stage dans un CDI (bah quoi, en faisant l’inventaire, je l’ai emprunté ;)


L’avortement est pour moi un sujet extrêmement important. Je le considère comme un droit, un droit qu’à chaque femme de pouvoir choisir sa grossesse, son corps, sa vie. Mais c’est un droit pour lequel il faut se battre, encore aujourd’hui, et je dois avouer que je ne connaissais pas vraiment son histoire. 


Le Manifeste des 343, l’Histoire d’un combat fut donc une lecture à la fois dure et nécessaire. Dure, car le sujet, certaines images, certains histoires m’ont mis un coup, nécessaire car je pense qu’il faudrait connaître l’histoire de chaque combat. On connaît la création de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyens, mais on ne connaît pas, ou peu l’histoire du droit à l’IVG, du droit de vote des femmes et de tant d’autres droits. 


J’ai beaucoup appris dans cette bande dessinée romancée. Elle a fait le lien avec la bande dessinée Simone Veil : L’Immortelle illustrée aussi par Hervé Duphot. 

J’ai appris comment l’idée d’une pétition signée par des femmes ayant avorté est née dans l’esprit d’une journaliste. J’ai appris la difficulté que cela a été de mettre en place ce manifeste. J’ai appris le travail de groupe entre le journal, la journaliste et le MLF. J’ai revu des choses que je trouve aberrantes : les décès suites aux avortements clandestins, le danger pour les médecins pratiquant cela de façon saine. J’ai eu froid dans le dos.


Encore une fois, je trouve que le format est parfait. Nous avons les pages aux différents tons chauds qui nous permettent de nous retrouver (le ton changera si l’on ne suit plus le même personnage) et qui sont entrecoupées de pages noires : les infos télévisées. J’ai trouvé cela très intéressant, petite parenthèse nous plongeant encore plus dans le passé. 


Cette bande dessinée, c’est un devoir de mémoire pour moi, une lecture indispensable pour se souvenirs des horreurs du passée afin de ne pas les reproduire, de continuer de se battre.


Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)

avortement  - saignements - 


Un peu de dates : 


1967 : légalisation de la contraception, malheureusement, encore trop peu démocratisée et uniquement pour les femmes majeures de plus de 21 ans.

1970 : création du MLF, Mouvement de Libération des Femmes, mouvement féministe, autonome et non-mixte

28 août 1970 : le MLF dépose, sous l’Arc de Triomphe, une gerbe de fleurs pour la « femme du soldat inconnu »

5 avril 1971 : Manifeste des 343 dans le Nouvel Observateur, 343 femmes signent une pétition disant avoir avorté et souhaitant la dépénalisation de l’avortement 

juillet 1971création de l'association Choisir par Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi, mouvement de lutte pour la dépénalisation de l'avortement 

octobre et novembre 1972 : procès de Bobigny. Procès d'une jeune mineure ayant avorté après un viol et de 4 femmes majeurs, complices ou pratiquante, défendues par Gisèle Halimi.

3 février 1973 : Manifeste des 331 dans le Nouvel Observateur, 331 médecins signent une pétition disant qu’ils pratiquent l’avortement 

avril 1973 : création du MLAC, Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception avec pour objectif la diffusion d'une information sexuelle, la liberté de la contraception et l'avortement
décembre 1974 : Loi sur la contraception libre et gratuite, par Simone Veil qui autorise les centres de planning familial à délivrer aux mineures à titre gratuit et anonyme des contraceptifs sur prescription médicale, sans limite d'âge
12 janvier 1975 : Loi Veil, dépénalisation de l'avortement