J'ai trouvé le principe plutôt sympa, donc quand l'envie m'en prendra, pourquoi ne pas le faire?
Ce genre d'article est pour moi l'occasion de vous partager certaines de mes lectures sur lesquelles j'aurais du mal à disserter longtemps ou des écritures qui m'ont particulièrement touchée, reconnaissables des les premières lignes.

Avertissements :
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
viol, agression sexuelle, plainte
Des preuves à récolter.
Un viol à voir.
Moi, j’aurais préféré ne jamais me rendre sous le cerisier, il y a trois mois, en avril dernier.
Des aveux de saleté, je n’en manque pas. Seulement je ne peux pas montrer mes organes. Mes ruines se dressent au milieu de mes abats. Bien sûr mes vêtements de chair ont l’air propres. Mon tee-shirt d’un bleu sage sur ce jean à la droiture ample ne laisse rien paraître du crime. Je sens le shampoing nacré de ma mère à chaque fois que je baisse la tête. Et je la baisse souvent. Cette odeur visqueuse de fruits d’été, comme des mouches agrippées à moi, me rappelle à vous. Il me semble, Monsieur l’of cier, que vous devinez la pourriture sous mes cheveux sucrés. D’une certaine façon, je crois que ma douleur vous écœure. Je remarque le pincement de votre nez. Votre nez, telle une courte falaise surplombant le bas de votre visage si raide. J’observe vos narines se tendre au moindre mot vif et rouge que je prononce en tremblant. Mal. Culotte. Suffoque. Braguette.
Aussi je fais silence.
Vous prenez mes creux pour des mensonges. Vous expirez fort comme si vous étiez sur le point de vous moucher. Répétez mes phrases a n de les retourner contre moi. Vous m’obligez à devenir mon adversaire. «C’est bien cela qu’il a dit? Avant ou après avoir bloqué ton bras au-dessus de ta tête ? Tu as dit avant tout à l’heure. Tu ne te rappelles pas ? Tu n’es plus sûre de toi ? » Répondre à vos questions, Monsieur l’of cier, ne libère aucune parole. Le viol continue de souf er mon être. Vous n’ajoutez que ronces et cailloux aux rafales. Des crachats sur des plaies ouvertes. Alors que j’essaie de formuler ce qui est en moi, vous me dépossédez de mon l de mots ô combien usés d’être répétés. Votre voix de fer. «Articule. Sans balbutiement cette fois.» Vous me forcez à parler plus fort, si fort que je chancelle. J’ignore comment tenir assise sur cette chaise en plastique au dossier poisseux.
Je grince.

