Menu Horizontal


Affichage des articles dont le libellé est maladie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est maladie. Afficher tous les articles

samedi 10 septembre 2022

J'ai égaré la Lune, de Erwan Ji


Titre : J'ai égaré la lune
tome 2
Auteur : Erwan Ji
Edition : Nathan
Nombre de pages : 464
Parution : 15/03/2018
Coût : 16,95€










4ème de couverture : 

Quand j'étais petite, j'imaginais ma vie à vingt ans. J'irais à la fac à New York, je partagerais une petite chambre avec une coloc râleuse, et mon copain m'appellerait "chérie". Je viens d'avoir vingt ans. Je vais à la fac à Tokyo, je partage une grande maison avec six colocs géniaux, et ma copine m'appelle "ma petite otarie". Alors oui, je suis peut-être pas très forte en imagination de vie. Mais tu sais quoi ? C'est pas grave. La vie, c'est comme une blague. C'est plus rigolo quand t'as pas deviné la fin.

Mon avis :

 Je me souviens avoir adoré J’ai avalé un arc-en-ciel que j’avais découvert par hasard dans mon CDI en seconde ou en première ; je l’avais même lu deux fois ! Quand J’ai égaré la Lune est sorti, j’ai hésité à le lire, j’avais peur d’être déçue. J’ai attendu longtemps et je n’ai pas pu m’empêcher de l’emprunter à la bibliothèque. Et qu’est-ce que j’ai aimé ! 

Puce et Aiden, toujours ensemble, entame leur deuxième année d’études post-bac et pour cela, elles s’envolent au Japon ! Malheureusement, Aiden a une proposition de stage à Los Angeles qu’elle ne peut refuser, et Puce se retrouve seule à Tokyo.

J’ai adoré découvrir ce pays à travers ses yeux. J’aime sa façon de penser en deux langues : français et anglais, de comparer les expressions et les habitudes des Tokyoïtes. J’étais complètement dépaysée, ce voyage me faisait un bien fou moi qui suis coincée dans ma clinique. 

Les lettres arc-en-ciel d’Aiden en français étaient magnifiques. C’était tellement beau de découvrir des bribes de leur histoire à travers ce français bancal mais aimant. 

J’aime toujours le style d’Erwan Ji, le blog de Puce, comme un journal intime, est entrainant, fluide. On a accès à ses pensées, aux évènements, parfois avec du recule, aux anecdotes…

Puce m’a encore une fois fait tombée sous son charme. Rigolote, spontanée, maladroite, elle se remet en question et veut le Vivre, le grand Vivre, elle ne veut plus attendre et veut tout découvrir. J’ai aimé ce côté de sa personnalité. 

Avec J’ai égaré la Lune, j’ai retrouver le goût de vivre, le Vivre que cherche Puce. J’ai tout ressenti avec elle, ses peurs, ses joies, ses doutes. Je vivais avec elle, dans sa colocation japonaise. Grande colocation d’ailleurs puisqu’ils étaient 6 et tous d’origines différentes. Ca apportait beaucoup de diversité culturelle au roman, et Erwan Ji n’a pas lésiné sur les informations japonaises sans pour autant nous écrouler dessous.

Cette lecture était parfaite. Je ne sais si c’est le contexte dans lequel je l’ai lue, mais je n’ai rien à redire dessus. Elle aborde de multiples thèmes : le voyages, la découverte, les relations à distance, la colocation, la maladie, « l’analphabétisme de luxe ». Mais surtout, et je ne le répèterai jamais assez, Puce, tu m’as donné envie de Vivre.

samedi 20 août 2022

C'est comme ça que je disparais, de Mirion Malle


Titre : C'est comme ça que je disparais
Autrice : Mirion Malle
Edition : Edition La Ville Brule
Nombre de pages : 208
Parution : 17/01/2020
Coût : 19€




 TW : dépression, santé mentale

4ème de couverture 
L’autrice et dessinatrice Mirion Malle a fait des études de bande dessinée l’ESA Saint-Luc (Bruxelles) et est également titulaire d’un master de sociologie, spécialité études féministes. Bien connue pour ses BD didactiques, elle a publié en 2016 Commando Culotte (aux éditions Ankama, Label 619), en 2017, elle illustre Les règles, quelle aventure ! (textes d’Elise Thiébaut, éditions la ville brûle), un livre sur les règles destiné aux pré-ados et aux ados. En janvier 2019, elle publie La Ligue des Super Féministes (éditions la ville brûle).

Très attendue, il s’agit de la première BD de fiction de Mirion Malle, bien connue pour ses BD didactiques aussi percutantes qu’hilarantes. Elle nous livre avec C’est ainsi que je disparais une tranche de vie douce-amère, très « nouvelle vague » dans la façon dont l’héroïne et les personnages qui gravitent autour d’elle donnent à voir leurs difficultés, leurs peines, leur relations amicales et amoureuses. Mirion Malle nous entraîne au plus près des personnages et de leurs émotions, et surtout au plus près du mal-être et de la dépression vécue par l’héroïne, Clara, dans laquelle nombre de jeunes adultes se reconnaîtront.

Cette BD aborde en effet le sujet de la santé mentale et de la dépression. Et Mirion Malle, avec le talent qui est le sien, le fait avec énormément de sensibilité et de pudeur, par petites touches impressionnistes et sensibles composant un tableau particulièrement touchant.

On retrouve par ailleurs dans cette première BD de fiction des thèmes qui traversent ses autres ouvrages (la sororité, le soutien, l’écoute, les chansons des années 2000, la communication et les réseaux sociaux) et on y découvre la vie à Montréal (et le parler québécois qui va avec !).

Mon avis 
J'utilise cette bande dessinée pour vous parler de moi, de mon année. Comme Clara, l'héroïne, j'ai eu le goût de mourir, comme elle j'ai souffert de dépression, et comme elle, mes proches avaient du mal à comprendre.
Clara a subit un traumatisme et ne s'en remet pas. Elle se sent vide, perdue, elle s'efface, s'isole... Elle essaie de lutter, mais entre crises d'angoisse et phases dépressives, difficile pour elle de remonter la pente malgré l'inquiétude de son entourage.

Je n'ai pas subit de traumatisme, j'avais tout pour être heureuse, comment, pourquoi suis-je tombée si bas ?
J'au lutté d'octobre à mai en janvier, mon amoureux, qui était devenu mon seul pilier, m'a quittée, et j'ai sombré ; je voyais une psychologue et un psychiatre régulièrement. Il y avait des moments où ça allait, je suis partie à Lyon, à Bruxelles, à Florence. Mais il y avait toujours ce nuage noir au dessus de ma tête. Même entourée je me sentais seule, je faisais semblant, je me calquais sur les autres, prenais leur comportement. Parfois je n'arrivais pas à me lever, je ne pouvais plus lire, je m'alimentais mal. 
Et puis en mai, j'ai appris le cancer de ma mamie, j'avais déjà perdu mes deux autres grands-parents ces quatre dernières années. Ca été trop, je n'ai pas pu, j'ai déconné, je crois que c'était une façon pour moi de gérer, et d'appeler à l'aide. 
J'ai été entendu. J'ai d'abord été hospitalisée à domicile. Je n'arrivais toujours pas à lire. Je ne me sentais pas mieux, je faisais semblant. Et puis ça n'a plus suffit ; j'ai été hospitalisée trois semaines à Charles Perrens puis un mois et demi à la clinique Béthanie. 
Mes idées noires se sont peu à peu dissipées, même si je sens encore la présence de se nuage noir qui peut m'engloutir n'importe quand, de ce crabe d'angoisse qui me grignote de l'intérieur, et même si ma dépression s'est calmée, elle a exacerbé mes troubles alimentaires. 
J'ai vécu dans une bulle pendant près de deux mois et c'est cette bulle qui m'a redonné envie de lire. Je ne savais pas si je voulais vivre, j'avais besoin de soutient, de voir d'autres vies que la mienne, des vies heureuses, des vies "normales"

"Entre la vie et la mort, il y a une bibliothèque, dit-elle. Une bibliothèque aux étagères sans fin. Où chaque livre offre une chance d'essayer une vie que tu aurais pu vivre. Une occasion de voir comment cela se serait passé si tu avais fait d'autres choix... Aurais-tu fait autre chose si tu avais eu la possibilité d'effacer tes regrets ?"
La Bibliothèque de minuit, de Matt Haig

Et ça a marché. J'ai retrouvé goût à la lecture, un petit peu à la vie. Je vais continuer de lutter, lutter contre mes troubles de la personnalité et lutter contre l'anorexie. Parce que je veux vivre, je veux travailler dans les métiers du livre, comme Clara (étrange coïncidence n'est-ce pas ?), valider ma L3 à Paris en 2024 et entrer en master édition et commercialisation du livre.

Je me suis retrouvée dans C'est comme ça que je disparais. Ce n'est pas toujours facile pour nos proches de vivre ça, ils peuvent être maladroits, ne pas comprendre bien qu'habités des meilleurs intentions, et je trouve que Mirion Malle a parfaitement bien retranscrit ça, avec des pistes pour nous soutenir ; je l'ai fait acheté à mes parents.

Si vous avez connu la dépression, ou connaissez quelqu'un qui en souffre, ou juste parce que la santé mentale est importante et qu'il faut lire des livres dessus, lisez cette bande dessinée. Et vivez, je vous en prie, vivez de tout votre coeur.

Enora

mercredi 1 septembre 2021

Annie au milieu, de Emilie Chazerand


Titre : Annie au milieu
Autrice : Emilie Chazerand
Edition : Sarbacane
Collection : Exprim'
Parution : 25 août 2021
Nombre de pages : 312
Coût : 17€






4ème de couverture : 

Velma et Harold sont le frère et la sœur d’Annie.
Annie est « différente ». C’est comme ça que les gens polis disent. Elle a un chromosome en plus. Et de la gentillesse, de la fantaisie, de l’amour en plus, aussi. Elle a un travail, des amis et une passion : les majorettes.
Et Annie est très heureuse parce que, pour la première fois, sa troupe aura l’honneur de défiler lors de la fête du printemps de la ville.
Mais voilà, l’entraîneuse ne veut pas d’elle pour cet événement : elle n’est pas au niveau, elle est dodue… Bref : elle est « différente ».
C’est bête et méchant. Ça mord Annie et les siens, presque plus. Alors, qu’à cela ne tienne : Annie défilera, avec son équipe brinquebalante, un peu nulle mais flamboyante.
Ses majorettes un peu barjo. Ses barjorettes, quoi.



Avis : 

Merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi 

Qu’est-ce qui m’a marquée dans Annie au milieu de Emilie Chazerand ? La polyphonie du texte : Velma, Annie, Harold, Velma, Annie, Harold, et ainsi de suite. Chacun sa voix, sa façon de parler, sa vie, ses yeux. Cela m’a vraiment donné l’impression d’un roman familial. J’ai aimé ces trois regards, je pense que j’ai préféré celui de Velma, poétique comme je les aime en ce moment. Des phrases courtes qui reviennent à la ligne, un cynisme d’ado désabusée, un coeur gros comme la Terre. Distincte de la voix d’Annie, enfantine, avec des fautes, mignonne bien que parfois dérangeante. Et puis distincte aussi de celle d’Harold, l’aîné, qui avait un langage plus habituel si je puis dire. Cette alternance de points de vue a vraiment rendu le roman dynamique.

Ca, et la plume fluide d’Emilie Chazerand. J’ai lu la moitié du roman d’une traite, je ne pouvais plus m’arrêter. Je le lisais en lecture commune avec les partenaires de Sarbacane. J’ai peu lu au début, je n’ai pas pris le temps, et puis en une après-midi, ce fut presque bouclé. On peut dire que je n’ai pas du tout respecté le planning de lecture commune. Néanmoins, m’imaginer en communion avec les autres m’a aidé. J’avais commencé à le lire plus tôt, mais les trois premiers chapitres se passant pendant un enterrement m’avaient essoufflée. Trop d’émotions, trop de douleurs, trop de mauvais souvenirs.


L’histoire m’a semblé réaliste, même si, ne connaissant pas cette situation, je ne peux pas juger. Je peux imaginer que Velma et Harold se soient effacés pour Annie. Mais j’ai trouvé cela si dur à lire, les voir passer au second plan, spectateurs de leur propre vie. J’avais envie de leurs crier « Vivez ! Vous avez le droit d’être heureux, d’être égoïste parfois, vivez ! ». Parce qu’ils ont beau aimer Annie d’un amour inconditionnel, cette petite soeur au chromosome en plus prend de la place. J’ai eu l’impression que l’autrice dépeignait avec justesse la vie d’une famille avec un enfant trisomique, comment cela les impacte tous, comment Annie peut créer des tensions, des conflits et les résoudre en un sourire, comment ils peuvent lui en vouloir et l’aimer en même temps.


Et l’amour, c’est la principale composante de ce roman. Il ressort à travers les pages et dans la fin choisie. Bien que j’ai aimé ce happy end, je me demande si ce n’est pas un peu simple, un peu rapide. Mais ça m’a fait du bien, ce bonheur rayonnant, un peu comme un deus ex machina après la tempête.


Annie au milieu a été une très bonne lecture, mais ce n’est pas un coup de coeur, frôlé peut-être, mais pas un coup de coeur et pour plusieurs raisons.


Comme dit plus haut, j’ai vraiment vécu l’enterrement, c’était si fort de revivre cet évènement douloureux. Après ce souffle d’émotions, j’aurais pensé vivre le reste de l’histoire avec autant de force, et ce ne fut pas le cas. De plus, je ne me suis pas attachée aux personnages de Velma et Harold. Je voulais tellement les secouer que cela m’agaçait. Quant à Annie, impossible de ne pas la trouver attachante.


Quoiqu’il en soit, je trouve cela extrêmement important d’avoir un livre ado abordant le thème du handicap, de la trisomie 21, de ses impacts sur l’entourage. Emilie Chazerand a réussi à le faire sans tomber dans le pathos, le documentaire ou le cliché. Annie au milieu est un roman pétillant, dynamique, vibrant d’humour et d’amour.

 

Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
décès d'un proche - enterrement

 

dimanche 18 octobre 2020

Quelques petits avis (ça faisait longtemps...)

 Âge tendre de Clémentine Beauvais 


Titre : Âge tendre

Autrice : Clémentine Beauvais

édition : Sarbacane

collection : Exprim'

nombre de pages : 392

date de sortie : 19 août 2020

coût : 17€


Merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi




4e de couverture : 

La Présidente de la République l’a décidé : tout élève doit faire, entre sa troisième et sa seconde, une année de service civique quelque part en France. Valentin Lemonnier n’a pas de chance : ses vœux ne sont pas respectés, et il est envoyé dans le Pas-de-Calais, dans un centre pour personnes âgées atteintes d’Alzheimer, minutieusement reconstitué pour ressembler à un village des années 60.

Sa première mission semble assez simple : écrire une lettre à une pensionnaire qui a répondu à un concours dans un Salut les Copains de 1967, pour lui annoncer que, malheureusement, Françoise Hardy ne va pas pouvoir venir chanter dans leur ville.

Sauf que c’est difficile d’annoncer une telle mauvaise nouvelle. Alors il annonce l’inverse. Françoise Hardy viendra ! il s’y engage personnellement. Et pour ce faire, il va falloir trouver un sosie de la star, qui vienne chanter son tube La maison où j’ai grandi à tous les pensionnaires.


Avis : 


Valentin a 15 ans et doit effectuer un stage de an dans une unité Mnémosyne, un centre pour personnes âgées atteinte d’Alzheimer. Ces quelques 400 pages sont son rapport quotidien où il raconte sa vie en colocation, ses journées au centre, il y raconte des conversations avec des patients, ses angoisses, ses découvertes. Il y ajoute aussi des notes rétrospectives, écrites à la fin de son année de stage ce qui nous permet de voir son évolution. 


On grandi avec Valentin. Il nous émeut, nous agace, nous fait rire. Valentin c’est un ado de 15 ans, comme on a pu l’être.

Avec les angoisses du monde qui nous entoure, Valentin aime se réfugier dans cette bulle de souvenirs des années 60, et nous aussi. 


Parfois la présence de la mort et de la maladie était pour moi accablante, et c’est ce qui m’a tant rebutée à écrire cette chronique, mais en fait, ce n’est pas un apitoiement. Certes c’était parfois triste, mais Clémentine Beauvais a su donner à Valentin une voix naïve, sincère, gagnant en maturité, qui nous plonge dans cet univers de manière douce, attentionnée et joyeuse. 


 je l'ai écouté en boucle pendant ma lecture, et puis après aussi. 



Comment j’ai changé ma soeur en huitre (et une huitre en ma soeur), de Emilie Chazerand 



titre : Comment j’ai changé ma soeur en huitre (et une huitre en ma soeur)

autrice : Emilie Chazerand

illustratrice : Joëlle Dreidemy

édition : Sarbacane

collection : Pépix 

nombre de pages : 224

date de sortie : 19 août 2020

coût : 10,90€


Merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi



4è de couverture : 


Je m’appelle Germain et j’ai une vie gé-niale. J’ai un père mannequin pieds. Vous l’avez sûrement vu dans la pub pour les mycoses des ongles. Ma mère est une artiste, mais, comme c’est la crise, elle travaille à la cantine de mon école.
Et y a Younès, mon meilleur copain. Ensemble, on a inventé Pâteman, le super-héros qui se change en plat de pâtes.
Bref, tout va bien. Sauf que j’ai une sœur. Judith a douze ans et c’est la seule erreur que mes parents ont faite.
Mais hier, au Réveillon, on m’a servi une huître. J’y ai touché du bout du doigt, et, crois-moi ou pas, l’huître m’a parlé. On a papoté et elle m’a proposé un truc dingo : échanger sa place contre celle de Judith…


Avis : 


Germain le dit lui-même, il a une vie gé-niale. Exceptée sa soeur. Judith, 12 ans, son pire cauchemar. Alors quand une huitre lui demande de prendre la place de sa soeur afin qu’elle devienne une huitre, il accepte. Le problème, c’est que cette huitre veut faire la révolution, et qu’elle transforme tous les humains en huitre et inversement. 


Ce Pépix, si original par son histoire, nous fait suivre Germain, héros en devenir. Il doit sauver la terre de l’invasion des huitres et est à mourir de rire. En décalage, naïf et, on peut le dire, avec une haute estime de lui, nous fait vivre une aventure hors du commun. 


Ce qui fait que j’ai aimé Comment j’ai changé ma soeur en huitre (et une huitre en ma soeur) ? Toute la réflexion sur la fraternité vu par un petit garçon. On peut le dire, les frères et soeurs, c’est casse-pieds, comme nous le démontre si bien Germain avec ses dessins et listes. Mais c’est aussi beau ce lien qui uni une fratrie, et Emilie Chazerand, qui joue avec, c’est génial.



La Vie princière de Marc Pautrel 


titre : La Vie princière 

auteur : Marc Pautrel

édition : Gallimard

collection : L'Infinie 

nombre de pages : 80

date de sortie : 4 janvier 2018

coût : 10,50€


Coup de coeur




4è de couverture : 


«Puisque le Domaine est une propriété privée et qu'il ne passe ici qu'un ou deux véhicules par jour, nous marchons en plein milieu de la chaussée, la route nous appartient, on dirait qu'elle a été tracée pour nous seuls au milieu des vallons, percée à flanc de coteau puis parfaitement aplanie, égalisée et goudronnée uniquement pour que toi et moi puissions y marcher tous les deux côte à côte le plus confortablement possible, et parler, parler sans cesse, expliquer, imaginer, se souvenir, inventer, interroger, démontrer, raconter, échanger nos idées, nos mots, nos vies.»


Avis : 


Ce court roman, mélange de journal et d’épistolarité, m’a bouleversée. L’écriture est sublime, poétique. L’adresse du narrateur à L. avec le -tu- nous plonge immédiatement dans leur histoire, j’étais partagée entre une position de voyeurisme et celle de destinataire. 


Pourtant très court, je l'ai lu en 3 fois, à chaque fois, happée par l'écriture, m'envolant au grès des mots. Je sentais l'amour du narrateur, son amour et sa tristesse. 


Citations : 


"La séparation est devenue une constante de mon existence qui m'a forcé à changer de vie, et c'est pour ça que je suis devenu romancier : je veux tout transformer en légende, créer une boucle continue, doubler l'éternité."


"Se quitter pour se retrouver encore, encore et encore, c'est sans doute une des multiples formes que peut prendre le paradis ici-bas."



Le journal de Bridget Jones, de Helen Fielding



titre : Le Journal de Bridget Jones

titre original : Bridget Jones's diary

autrice : Helen Fielding 

édition : Albin Michel 

nombre de pages : 368

date de sortie : août 2001 

coût : 20,50€ (existe aussi en poche)






4è de couverture : 


«58,5 kg (mais post-Noël), unités d'alcool : 14 (mais compte en fait pour deux à cause de soirée de nouvel an), cigarettes : 22, calories : 5 422.» À presque trente ans, Bridget Jones consigne ses déboires amoureux dans son journal. Elle sort trop, fume trop, boit trop, compte les calories et fantasme sur son play-boy de patron. Sa hantise : finir vieille fille. Ses objectifs : perdre du poids et trouver son prince charmant. L'irrésistible confession de la célibataire la plus célèbre de la planète.


Avis : 


De prime abord étonnée par l’écriture, celle d’un journal intime avec des abréviations, des bilans quotidiens, des sautes de pronoms, je me suis laissée prendre par les rocambolesques histoires de cette trentenaire britannique. En période de concours blanc, j'ai séparé ma lecture suivant les mois d'écriture de Bridgette : janvier le lundi, février le mardi, ect... cela refaisait mes journées à moi, me mettant le sourire au lèvres. C’est facile à lire, rapide, amusant, et franchement, maintenant, je n’ai plus qu’une envie : voir les adaptations ! 


dimanche 26 novembre 2017

Les Filles de Brick Lane de Siobhan Curham

titre : Les Filles de Brick Lane
tome 2 : Sky
auteur : Siobhan Curham
éditeur : Flammarion jeunesse
nombre de pages : 358
parution : 30 août 2017
coût : 15€
lecture n°

Synopsis

Premier jour de cours pour Sky. Entre les devoirs et la pression des examens, trouvera-t-elle du temps pour ses amies et pour exprimer ses envies de liberté ?





Mon avis 

Les Filles de Brick Lane est une lecture jeunesse, sans prise de tête (attention je ne dis pas là que les lectures jeunesses sont sans prise de tête!). Et, bien que j'ai passé un bon moment avec Ambre, Sky, Maali et Rose, un petit quelque chose m'a gêné. J'ai trouvé que ce livre était enfermé dans sa condition de "littérature jeunesse" et du cliché de "littérature jeunesses = pas de la vraie littérature" et de ce fait, j'ai trouvé que peu de chose était poussé, vues en profondeurs. Et pourtant, il y aurait eu matière à !

En effet, Sky, depuis toujours scolarisée à domicile, fait sa rentrée au lycée ce qui lui cause un stress énorme ; Ambre ne trouve pas sa place, elle a perdu l'inspiration pour son blog, et ne sait plus qui elle est ; Maali est effondrée car son père est, pour une raison inconnue, à l'hôpital, et elle très peur ; quant à Rose, elle tente d'accepter et de faire accepter aux autres son homosexualité. Les questions de l'amitié, du premier amour, des liens familiaux et du système éducatif sont aussi abordées. En soit, cela peut sembler un livre très intéressant, avec des thèmes importants et d'autant plus importants qu'ils sont écrits pour des enfants/jeunes.

Oui mais voilà, j'ai trouvé qu'il y avait trop, beaucoup de trop de clichés, de stéréotype et d'invraisemblances dans ce roman. Il me manquait une recherche plus approfondi et aussi, pourquoi tout ce fini bien ?! Sérieusement, c'est trop simple, en 400 pages tous les problèmes sont réglés !

Donc pour conclure, cette lecture n'est pour moi qu'un bon moment, une lecture parmi tant d'autres... Cependant, je pense que des plus jeunes, ce livre est à partir de 13 ans et j'en ai 16, pourront adoré, et s'identifier comme il faut au personnages.

lundi 30 octobre 2017

Mini chroniques : En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut & Skoda de Olivier Sillig



Ces deux romans sont des romans dont j'ai étudié l'incipit en cours. Je les ai tout bonnement adoré. Il sont sublimes, puissant, magnifiques. 





titre : En attendant Bojangles
auteur : Olivier Bourdeaut
éditeur : Folio
nombre de pages : 160
parution : 07/01/2016
coût : 6,60€
  • Prix France Télévisions
  • Grand prix RTL-Lire
  • Prix du roman des étudiants France Culture-Télérama
  • Prix de l'Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire
lecture n°80






Synopsis : 

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui mène le bal, c'est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n'a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l'inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. 


Mini avis : 

Je pleurs des larmes sèches. Oxymore. Comme ce livre est triste et gai, beau à couper le souffle. 
Ce livre n’a ni queue ni tête, « mais a-t-on déjà vu un livre avec une tête ? »
Ce livre, c’est pétillant comme le champagne, fruité comme la sangria et amer comme le spritz. 
Ce livre, c’est une danse perpétuelle. Flamenco, rock, tango, valse… 
Ce livre, c’est tout à la fois. 

PS: j'ai eu la chance de rencontrer l'auteur à Lire en Poche cette année ! 


-----------------------------------------




titre : Skoda
auteur : Olivier Sillig
éditeur : Buchet-Chastel
nombre de pages : 110
parution : 18/08/2011
coût : 11,15€
lecture n°81







Synopsis : 

Un homme reprend conscience. Autour de lui, ses camarades d’infortune gisent. Tous sont morts. L’histoire se passe aujourd’hui dans un pays qui n’est pas nommé. L’homme s’éloigne. A quelques mètres, une voiture, une Skoda, est à l’arrêt. Elle aussi était dans la cible du raid aérien. Un homme et une femme sont affalés à l’intérieur. Morts. Seul un tout petit bébé respire encore. Après quelques hésitations, l’homme prend l’enfant avec lui et part sur la route. Une fable sur la guerre dans notre monde. En Europe ou ailleurs. L’absurdité et l’horreur du quotidien. Contrebalancées par la beauté du lien qui se crée entre l’homme et l’enfant. La vie contre la mort.

Mini avis : 

Ce livre est une bombe. Un obus.
Ce livre, c’est la vie, la mort, la renaissance.
La plume de Sillig est sublime. Froide, distante, poétique. Elle et ses mots crus, brutaux, nous poignarde le coeur. 
Quant à l’histoire, belle est triste à la fois, elle est à couper le souffle.

Cruel et dire, ce livre est une ode à la réalité, à la vie. 

mercredi 20 juillet 2016

Paranoïa de Mélissa Bellevigne

"Seule.
 Désespérément seule."





titre : Paranoïa
auteur : Mélissa Bellevigne
édition : Hachette
collection : Black Moon
parution : 1 avril 2016
nombre de pages : 320
coût : 17€
lecture n° 33


 




   Synopsis :
Lisa Hernest, psychiatre reconnue et spécialisée dans les cas complexes, est appelée à l’institut Saint-Vincent en périphérie de Paris. Elle va rencontrer sa nouvelle patiente : Judy Desforêt, internée pour paranoïa et hallucinations, enceinte de cinq mois et qui refuse de s’alimenter. Dès leur première entrevue, la jeune femme qui se dresse face à elle fait preuve d’une lucidité et d’un discernement hors pair. Et plus Lisa apprend à la connaître, plus leurs échanges viennent ébranler ses propres convictions professionnelles et personnelles. Entretien après entretien, Judy lui livre en effet une curieuse histoire, mêlant sa quête des racines familiales en Angleterre et la présence invisible d’un certain Alwyn, cet homme qui la suit comme son ombre depuis toujours. Progressivement, Lisa, l’experte en âmes fragiles, sent ses moyens lui échapper et Judy la déstabiliser. À mesure que les mois passent et que la date de l’accouchement approche, la vérité semble s’éloigner.

     Mon avis :

Je me trouvais dans une librairie à l'île de Ré quand j'ai acheté ce livre. Il avait fait pas mal de bruit à sa sortie et me faisait envie.

Lisa, psychiatre de 37 ans, suit en thérapie Judy, une jeune femme de 20, enceinte et internée pour paranoïa et hallucinations. 
Lisa est pragmatique, réaliste et ce côté fait d'elle la meilleure dans sa profession. Mais étrangement elle s'attache à Judy et son cas la touche plus que cela ne devrait.
Le récit mêle le point de Lisa, en 2010 à celui de Judy, en 2009.

J'ai bien aimé savoir ce qu'il se passait dans la tête de Judy, connaître les raisons de son internement et la découvrir ensuite par les yeux de son médecin lors des séances de thérapie était intéressant.
Étrangement, j'ai mieux compris le comportement de Judy que celui de Lisa.

Mélissa Bellevigne à réussie à installer une atmosphère de doutes, de psychose en alternant les points de vue du médecin et du patient.

J'ai trouvé le livre plus addictif vers le milieu du livre. On suivait Judy dans sa quête de vérité et Lisa qui elle commençait à perdre pied. Elle s'était jetée corps et âme dans des analyse, des suppositions, jusqu'à s'oublier elle et son couple. Judy était devenue une obsession et ce, pour une raison qu'elle n'a pas compris tout de suite.

La fin est belle mais en même temps, comment est elle possible ?
Je ressors de cette lecture avec plus de doutes qu'au début, sur Judy et sa santé mentale, sur Alwyn, et sur l'avenir du bébé.

En bref, c'était une lecture haletante que j'ai beaucoup apprécié. En prime l'objet livre est agréable et sa couverture est sublime, j'adore les couleurs.

     Extraits :

"Judy venait remuer les tréfonds de mon esprits même lorsque j'étais loin d'elle, le soir, la nuit et le week-end, m'obligeant à m'y intéresser de tout près, faisant naître en moi un sentiments proche du devoir qui ne laisse jamais ma conscience se reposer. Peut être parce qu'elle aurait pu être ma fille. Peut être parce qu'elle portait l'enfant que je n'aurais jamais. Quoiqu'il en soit, j'éprouvais un besoin maladif, addictif même de travailler sur son cas."

P 135 
"Un soleil éclatant rayonnait dans le ciel bleu parsemé de quelques rares nuages, et je pensais à cette phrase qu'un de mes oncles, originaire du Morbihan, répétait bien souvent quand j'étais petite : "En Bretagne, il ne pleut que sur les cons." Peut être que ça valait aussi pour la Grande, songeait je, amusée. "

mercredi 1 juillet 2015

Et soudain tout change de Gilles Legardinier



titre : Et soudain tout change
auteur : Gilles Legardinier
édition : Fleuve Noir
existe en poche
parution en France : 10/10/13
nombre de pages : 374
genre : amitié, vie
pour : adulte
prix : 19,50€ ou 7,70€






   

    
     Résumé :
Pour sa dernière année de lycée, Camille a enfin la chance d'avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie. À quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu'avant l'été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie... Du meilleur au pire, avec l'énergie délirante et l'intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre. Il faut souvent traverser le pire pour vivre le meilleur


     Mon avis :
J'avais adoré les deux autres livres à couverture de chats de cet auteur. Et pourtant, quand j'ai essayé de lire celui-ci, je n'ai pas accroché. J'ai laissé passer un peu plus d'un an et j'ai recommencé, je n'allais pas rester sur une déception.

Et là, surprise, j'ai aimé! Après avoir dépassé les pages déjà lu, je ne pouvais plus le lâcher. J'ai été aspiré dans le roman. J'ai vécu l'histoire en même temps que les personnages, et pourtant, j'étais complètement extérieur. C'était pour le moins étrange, je n'avais jamais eu ça. Pendant certains passages, je me sentais concernée, et d'autres pas du tout, mais ça m'a plu.

J'ai trouvé Camille tellement gentille... Si je devais choisir un personnage de roman pour meilleur(e) ami(e) je la choisirais sans hésiter! Le fait qu'elle fasse passer le bonheur de sa meilleure amie avant le sien est trop émouvant. Mais, elle n'en reste pas moins humaine. Je pense que si elle n'avait eu aucun doute, aucune envie de changer et d'être l"héroïne", je l'aurais beaucoup moins aimée.

Le seul point noir? J'ai trouvé trop qu'il y avait trop de personnages. Ils n'étaient pas assez étoffés, pas assez vivants. Ils ne servaient qu'a certains passages, et cela m'a déplu. Il n'y aurait du avoir que, je ne sais pas moi, cinq personnages en plus de Camille.

Malgré la tristesse de la fin, je l'ai trouvée incroyablement vraie et belle. Oui, oui, je suis bizarre.

Finalement ça a été une très belle histoire de vie, un roman léger et lourd qui m'a fait le plus grand bien.