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mardi 19 février 2019

Le mur des apparences de Gwladys Constant





titre : Le mur des apparences
auteure : Gwladys Constant
éditions : Rouergue
collection : doado
nombre de pages : 154
parution : 5 septembre 2018
coût : 12,50€









Synopsis : 

Pourquoi Margot s’est-elle suicidée ? Une fille parfaite, belle, friquée, populaire... Justine, qui la connaît depuis la primaire et qui, elle, estime n’avoir eu que de méchantes fées au-dessus de son berceau, tient peut-être là sa revanche. En volant les carnets intimes de Margot, elle va posséder les clefs qui lui permettront de renverser le rapport de forces au sein du lycée. Un thriller psychologique, où les secrets flirtent avec le danger…

Mon avis : 

Vous imaginez vous, vivre votre vie dans l’ombre de quelqu’un, quelqu’un de parfait et que du jour au lendemain, cette personne disparaisse ? Vous comprendriez vous, que cette personne parfaite est choisi de disparaitre ? Vous chercheriez à comprendre n’est-ce pas ?

Je n’ai pas bien compris au début la raison qui pousse Justine à fouiller la vie de Margot, vengeance, plaisir malsain ? Quoiqu’il en soit, Justine découvrira que le lycée n’est qu’un lieu d’apparence et que derrière se cachent bien des secrets.

Au premier abord, j’ai trouvé la plume de Gwladys Constant étonnante, trop « littéraire » peut-être, pas assez réaliste. Mais elle m’a vite happée et sauf à de rares exceptions, je n’y faisais plus attention. 

L’enquête que mène Justine est intéressante, elle la conduit à réfléchir sur le monde qui l’entoure. De plus, ce qu’elle apprend la fera aussi changer, dans le bon sens ou pas. 
Avec l’aide de Margot, ou plutôt de ses souvenirs, Justine prendra de l’assurance et j’ai senti cette évolution dans sa façon de penser, d’agir.

Je suis cependant restée sur ma faim. J’ai trouvé que cela retombé trop vite, que j’étais resté en haleine et que l’on ne me faisait pas reprendre mon souffle petit à petit. Cette fin, cette terrible vérité, je ne l’ai pas appréciée, peut-être l’ai-je trouvé trop grosse ou pas assez. 

Quoiqu’il en soit, je n’ai pas pu lâcher ce livre et cela fait un bien fou de retrouver ce sentiment, d’être de nouveau à la merci d’une auteure. 


dimanche 6 mai 2018

Shorba, l'Appel de la Révolte de Gaspard Flammant




titre : Shorba, l'Appel de la Révolte
auteur : Gaspard Flammant
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 216
parution : 7 mars 2018
coût : 15,50€
lecture n°







  • Synopsis

    Depuis qu'on a abandonne le lycée, il nous reste pas grand-chose, à part le pied des tours. Nous, c'est mes deux potes et moi, Shorba. Mais on a rencontré Léo... et tout a changé.

    A travers l'histoire d'un éveil civique et celui du jeune Shorba, qui découvre l'urgence de l'action citoyenne, de la solidarité envers les réfugiés. et plus largement, le sens profond du mot "révolte", ce roman résonne fortement avec les valeurs de respect des droits humains que défend Amnesty International.


    Mon avis : 
    C’est l’histoire de Shorba. Un adolescent de cité qui passe sa vie entre la base (le supermarché) et ses potes. Un jour, un drôle de type, Léo, vient l’accoster. Et à partir de ce jour-là, sa vie prendra un tournant différent.

    J’ai mis du temps à entrer dans l’histoire, je ne sais plus pourquoi. Mais une fois dedans, impossible de lâcher. C’est le genre de roman que l’on veut absolument terminer avant de dormir (et non, pour une fois, ce n’est pas ce que j’ai fait.)

    Dans ce livre, la narration était changeante. C’était en grande partie Shorba, puis quelques passages sur Léo et sa vie avant. Au début, ces flash-back étaient de simples pauses, puis elles ont pris de l’ampleur, jusqu’à devenir aussi importante que l’histoire au présent. Jusqu’à ajouter des tensions. 

    Ce livre m’a fait passer par plusieurs émotions. La colère. L’indignation. La tristesse. La joie. Cependant, la comparaison avec Dans le désordre de Marion Brunet m’a gênée. Pour moi elle n’avait pas lieu d’être, les écritures sont totalement différentes et les émotions sont amenées de manière totalement opposées. 

    Des points négatifs, je n’en retiens qu’un, et minime en plus ! Certains vont peut-être se moquer, d’autres me comprendre, je ne sais pas, mais le point noir trouvé à ce roman fut pour moi la présence de joint. Ce mot était peut-être écrit sur chaque page. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que cela apportait à l’histoire ? Que le protagoniste fume, en soit, cela n’est pas dérangeant. Beaucoup de jeunes fument mais à ce point ? C’était omniprésent, tellement que cela a fini par me gêner. J’ai fini par me poser la question de savoir si cela était une représentation réelle ou bien juste un accessoire pour donner de la consistance au personnage. 

    Je me rends compte que je lis beaucoup de romans sur les personnages. Les livres où une rencontre change une vie. Des livres où au final, le souvenir le plus marquant qu’il nous reste ce sont les gens. Les émotions. Est-ce réellement les livres qui sont comme ça ? Ou tout simplement moi qui change ma façon de lire ? 

    Dans tous les cas, je ne saurais faire un vrai résumé de Shorba, l’Appel de la révolte. Cette incapacité à résumer mes lectures, c’est ce qui m’a bloqué, complètement empêcher d’écrire. Mais au final est-ce réellement utile ? Je pense avoir enfin réussi à réécrire une chronique. Et c’est cela l’important non ? 


    Pour terminer, Shorba, l’Appel de la révolte est, comme dit sur la quatrième de couverture, « un éveil civique, une découverte de l’urgence de l’action citoyenne et de la solidarité envers les réfugiés ». On voit comment un jeune garçon, mineur, va tout faire pour aider des familles. Comment sa pensée va évoluer, comment il grandit et surtout murit. Et par répercussions, ce livre fait évoluer notre pensée, nous faire murir. 

samedi 3 mars 2018

Les Insoumis du blizzard de Fanny Abadie




titre : Les Insoumis du blizzard
auteur : Fanny Abadie
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 416
parution : 7 février 2018
coût : 16€
lecture n°









Synopsis : 

 "2330, une ville à l’abandon. Cinq adolescents vivent dans la même communauté : Josh, le dénicheur, les soeurs Nejda et Liv, Afick et le pauvre Babak. Ils n’ont jamais connu que la neige, le blizzard et la glace : le froid intense a envahi l’Europe depuis des années, décimant une grande partie de l’humanité . Coupés du monde, ils endurent des journées rythmées par l’emploi du temps que leur imposent les adultes : Ilvina, Tamund le médecin-cuistot, Hélène et le chef Kelsang. Ceux-ci vivent mal le déclin de la communauté. Kelsang, surtout, est obsédé par l’idée d’assurer une descendance à leur groupe. Mais cela fait longtemps que la procréation est devenue artificielle ; et, dans cet environnement hostile, il ne dispose pas des moyens technologiques pour créer des embryons… »

Mon avis : 

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture

Le froid. Le froid glacial qui s'infiltre partout, jusque sous votre peau.
Le blanc. Du blanc partout à l'infini. Ciel, terre, tout est blanc. 
C'est dans cette ambiance d'hiver éternel et post-apocalyptique que nous emmène Les Insoumis du blizzard. C'est dans cette ambiance de ville abandonnée que vivent Josh, Nejda, Liv, Afick et Babak. 

Ce livre se lit rapidement, les chapitres sont cours et le rythme haletant, malgré certaines longueurs très ponctuelles. L'ambiance glaciale, dans tous les sens du terme nous étouffe, ce qui rend le huit-clos encore plus prenant. Enfin, les deux plus gros points forts sont pour moi les questionnements sur les idées de liberté et de survie. Où commence et où s'arrête la première ? Jusqu'au peut-on aller pour la seconde ? Survivre sans liberté vaut-il le coup ? Mourir pour la liberté est-ce utile ?

Cependant, la fin m'a perturbée. Elle était trop rapide, trop attendue aussi. Et mon plus gros regret se porte sur la psychologie des personnages. En effet, je trouve qu'elle s'amoindrit beaucoup trop vers la fin. Il me manquait des précisions sur le mental de Keslang et d'Hélène, comprendre leurs décisions. J'ai trouvé que ce n'était pas assez expliqué et que cette partie avait été trop simplifiée. Les adultes sont les méchants point. C'est dommage car leur idéologie ne devait pas être mauvaise mais je n'ai pas eu assez de cartes pour en juger. 

lundi 30 octobre 2017

Mini chroniques : En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut & Skoda de Olivier Sillig



Ces deux romans sont des romans dont j'ai étudié l'incipit en cours. Je les ai tout bonnement adoré. Il sont sublimes, puissant, magnifiques. 





titre : En attendant Bojangles
auteur : Olivier Bourdeaut
éditeur : Folio
nombre de pages : 160
parution : 07/01/2016
coût : 6,60€
  • Prix France Télévisions
  • Grand prix RTL-Lire
  • Prix du roman des étudiants France Culture-Télérama
  • Prix de l'Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire
lecture n°80






Synopsis : 

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui mène le bal, c'est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n'a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l'inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. 


Mini avis : 

Je pleurs des larmes sèches. Oxymore. Comme ce livre est triste et gai, beau à couper le souffle. 
Ce livre n’a ni queue ni tête, « mais a-t-on déjà vu un livre avec une tête ? »
Ce livre, c’est pétillant comme le champagne, fruité comme la sangria et amer comme le spritz. 
Ce livre, c’est une danse perpétuelle. Flamenco, rock, tango, valse… 
Ce livre, c’est tout à la fois. 

PS: j'ai eu la chance de rencontrer l'auteur à Lire en Poche cette année ! 


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titre : Skoda
auteur : Olivier Sillig
éditeur : Buchet-Chastel
nombre de pages : 110
parution : 18/08/2011
coût : 11,15€
lecture n°81







Synopsis : 

Un homme reprend conscience. Autour de lui, ses camarades d’infortune gisent. Tous sont morts. L’histoire se passe aujourd’hui dans un pays qui n’est pas nommé. L’homme s’éloigne. A quelques mètres, une voiture, une Skoda, est à l’arrêt. Elle aussi était dans la cible du raid aérien. Un homme et une femme sont affalés à l’intérieur. Morts. Seul un tout petit bébé respire encore. Après quelques hésitations, l’homme prend l’enfant avec lui et part sur la route. Une fable sur la guerre dans notre monde. En Europe ou ailleurs. L’absurdité et l’horreur du quotidien. Contrebalancées par la beauté du lien qui se crée entre l’homme et l’enfant. La vie contre la mort.

Mini avis : 

Ce livre est une bombe. Un obus.
Ce livre, c’est la vie, la mort, la renaissance.
La plume de Sillig est sublime. Froide, distante, poétique. Elle et ses mots crus, brutaux, nous poignarde le coeur. 
Quant à l’histoire, belle est triste à la fois, elle est à couper le souffle.

Cruel et dire, ce livre est une ode à la réalité, à la vie. 

jeudi 26 octobre 2017

Chronique express' : Les Méduses ont-elles sommeil ? de Louisiane C. Dor





titre : Les Méduses ont-elles sommeil ?
auteure : Lousianne C. Dor
éditeur : Folio
nombre de pages : 88
parution : 11/052016
coût : 5,40€


lecture n°74










Synopsis : 

Je me prépare pendant des heures pour les soirées. C’est moi qui serai la plus belle. C’est moi qui aurai le rouge à lèvres le plus rouge et le look le plus soigné. Dans trois heures, c’est aussi moi qui aurai les yeux les plus angoissants et la peau la plus moite. Mais à ce moment-là, je ne me regarderai plus dans le miroir. La beauté sera dans ma tête et l’horreur ne se lira que sur mon visage. Mes cheveux seront sens dessus dessous ; mes cernes et mes pupilles seront charbon. Mon rouge à lèvres se sera éparpillé tout autour de ma bouche à cause des grincements de dents et des mordillements de lèvres que provoque la MDMA. J’ai la peau qui brille de mille feux sous les boules à facettes.


Mon avis : 
(Lecture et chronique de cette été)

Je ne sais pas quoi en penser. J’ai un poids horrible sur la poitrine. Je ne peux plus respire. Qu’est-ce que ça signifie ? Quel est ce livre ? Je me sens sale, pleine de sueur, grasse. Mes paupières sont lourdes mais je ne dors pas. Je ne peux pas. Je ne veux pas. 

Ce livre, c’est un coup de poing, une surprise. Je l’ai commencé sans trop savoir et plus je lisais, plus j’avais l’impression d’être sous l’eau, dans l’eau. Je voyais le monde à travers une surface mi opaque, mi transparente, les yeux embués par un liquide poisseux. 

Ce n’est qu’en refermant ce livre que j’ai pu prendre une grande goulée d’air. Mais c’était un air lourd et rare. 

Tel est l’impression que m’a laissé ce livre. 

Je ne me rappelle plus des noms des personnages, plus de l’histoire. Je ne me souviens que de ça, que de ce sentiment. 

mardi 15 août 2017

A quoi tu ressembles ? de Magali Wiéner

titre : A quoi tu ressembles ?
auteure : Magali Wiéner
édition : Rouergue
collection : Doado
nombre de pages : 144
parution : septembre 2017
coût : 10,70€
lecture n°58

Synopsis :

Plongée au cœur d’une bande, tous élèves d’une même classe. A tour de rôle, onze garçons et une fille viennent nous raconter une histoire vécue. Comment fait-on pour traverser l’adolescence et se projeter dans le futur lorsque les modèles renvoyés par les adultes sont trop défaillants ? Quel métier choisir, comment vivre son corps en pleine transformation, nouer sa première relation amoureuse etc. 



Mon avis : 

Merci aux éditions Rouergue pour cette super lecture.

A quoi tu ressembles ? C’est un livre de 13 nouvelles. Dix jeunes qui parlent, qui racontent un épisode de leur vie. Parce qu’on peut le dire, le passage de l’enfance à l’âge adulte c’est pas facile. On est coincé dans des cases, soumis à la réputation de nos parents et aux regards des autres. Tout un tas de choses changent et on peut vite être paumé. 

C’est de cette transition dont parlent Théo, Mario, Yoan, Maël, Diane, Yannis, Antonin, Jeff, Mika et Benjamin. Magali Wiéner les fait parler avec justesse, chacun ayant des émotions à faire resortir. 
Ces 13 nouvelles sont uniques, différente, mais toutes sont liées. 

J’ai adoré ce recueil, il m’a fait vibrée et les chutes m’ont stupéfaite. Elles tombent sans signes avant coureur comme une pierre dans de l’eau, de vraies chutes de nouvelles. Qui se serait douté du travail du père de Théo ? Qui aurait pensé à l’identité dont parle Yoan ?

Seul un point m’a dérangé dans cette succession d’histoires : je ne différenciais pas bien les personnages. Il faut dire qu’ils sont nombreux et que beaucoup apparaissaient dans les récits des autres. Cependant je n’ai pas trouvé que Magali Wiéner les avait bien définis. Et quand le narrateur changeait, l’écriture, elle restait la même, le style, les dialogues, rien ne différait. Cette partie est extrêmement difficile, donner une identité propre aux personnages, différencier la façon de penser de chacun… 


Des nouvelles très belles, des chutes incroyables, une écriture juste, des sujets difficiles. A quoi tu ressembles ? Frôle donc le coup de coeur. 

lundi 24 juillet 2017

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

titre : Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
auteur : Stefan Zweig
traducteur : Olivier Bournac et Alzir Hella
édition : Le Livre de Poche
nombre de pages :
parution : 1927
coût : 2,90€
lecture n°54

Synopsis :

Au début du XXe siècle, une petite pension sur la Riviera. Grand émoi chez les clients de l'établissement : l'épouse d'un des pensionnaires, Mme Henriette, est partie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée. Seul le narrateur prend la défense de cette créature sans moralité. Et il ne trouvera comme alliée qu'une vieille dame anglaise sèche et distinguée. C'est elle qui, au cours d'une longue conversation, lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle.





Mon avis : 

J’avais lu il y a peu de temps Le voyage dans le passé de Stefan Zweig et j’avais beaucoup aimé cette nouvelle. 
Vingt-quatre heures de la vie d’une femme raconte l’histoire insensée qu’une vieille femme vécut il y'a des années de cela. 

La narration est particulière. Un homme parle de la vie de l’hôtel quand un événement improbable survint. Cet évènement est le déclencheur de la véritable histoire du livre. Cela ajoute un charme particulier au roman. 

Ce qu’a vécut cette vieille dame anglaise en 24 heures est juste impressionnant. Après l’avoir découvert, je me suis rendue compte à quel point la vie peut être changeante et comme, un regard, un sourire, une heure, peut vous détourner de vos projets. Je me suis rendue compte que, comme avec L’Alchimiste, il fallait vivre sa vie au présent, qu’il fallait laisser parler nos émotions. Mais je me suis aussi rendue compte que parfois, vivre sans penser aux conséquences peut en avoir des années plus tard. 

Alors comment faut-il vivre ? Faut-il vivre le moment présent sans penser à l’avenir ou vivre le moment présent en tachant de ne pas gâcher l’avenir. Un mélange des deux surement, car quoi que l’on fasse, cela nous fera grandir comme cette vieille dame anglaise qui en a retiré un enseignement. 

Je ne sais vraiment pas quoi dire de plus concernant ce livre à part qu’il s’agit d’une très belle lecture, une de ces lectures où l’on se rend compte que nous l’avons lu qu’après l’avoir terminée.

lundi 10 juillet 2017

L'Alchimiste de Paulo Coelho




titre : L'Alchimiste
auteur : Paulo Coelho
traducteur : Jean Orecchioni
édition : Le Livre de Poche
nombre de pages : 189
parution : mai 2001
coût : 5,34€
lecture n°48

Synopsis :
L'histoire est celle de Santiago, jeune berger andalou parti à la recherche d'un trésor enfoui au pied des pyramides. Dans le désert, initié par l'alchimiste, il apprendra à écouter son cour et à déchiffrer les signes du destin






Mon avis :

"La seule chose qui change dans le désert ce sont les dunes, quand souffle le vent."


Santiago, plus communément appelé "le jeune homme", est un berger andalou. Sa vie, simple, lui convient. Voyager, découvrir l'Andalousie, c'est ce qu'il a toujours voulu. La compagnie des montons lui est agréable et lui permet de gagner sa vie. Un rêve, un simple rêve, va lui faire changer radicalement de vie.
Rencontres, travail, amitiés, disciple, amours, le jeune homme va tout connaître. Mais il va surtout apprendre à se connaître lui-même.

"La trahison c'est le coup auquel tu ne t'attends pas. Si tu connais ton coeur, il n'arrivera jamais à te surprendre ainsi. Car tu connaitras ses rêves et ses désirs, et tu sauras en tenir compte. Personne ne peut fuir son coeur. C'est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu'il dit. Pour que ne vienne jamais te frapper un coup auquel tu ne t'attendrais pas."

Ce conte philosophique m'a donné envie de relire Le Petit Prince de Saint Exupéry. Il est doux, apaisant. Quand je l'ai lu hier dans le train, mon esprit s'est vidé, il était clair et cotonneux en même temps. J'étais dans une bulle de sérénité. J'étais en moi-même, dans mon coeur, mon âme faisant partie de l'Âme du Monde. J'étais bien

"Ecoute ton coeur. Il connaît toute chose parce qu'il vient de l'Âme du Monde, et qu'un jour, il y retournera."

Ce livre m'a fait réfléchir. Réfléchir à moi, à futur. Il m'a fait me rendre compte que le présent est beau, qu'il s'agit d'une fleur magnifique dont il faut s'extasier devant chaque pétale. Il m'a appris qu'il faut chérir le présent, ne pas regretter le passé, ni anticiper le futur. Il m'a fait voir le monde comme une seule et même chose, écrite de la même Main. Il m'a fait imaginer l'eau se transformant en désert, l'homme se transformant en vent. Enfin, il m'a fait comprendre que l'univers n'est pas entièrement sombre. Il cache la vie, la lumière, dans des milliers de recoins, dissimulée aux yeux de ceux qui ne savent pas regarder.

Alors vivez.
Mektoub

mercredi 14 juin 2017

Amour, vengeance & tentes Quechua de Estelle Billon-Spagnol




titre : Amour, vengeance & tentes quechua
auteure : Estelle Billon-Spagnol
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
parution : 7 juin 2017
nombre de pages : 251
coût : 15,50€
lecture n°43










Synopsis :

Comme chaque été, Tara er ses parents prennent le départ des vacances. 
Direction "Le Momo's camping"
Là-bas, Tara respire, retrouve la rivière et son copain de toujours : Adam. 
Adam devenu, cet été… ce beau mec qui la remue totalement !

À peine le temps de savourer que débarque Éva, belle et brûlante comme le soleil, et vite surnommée « La Frite » par Tara. 

Ils étaient deux, ils se retrouvent trois. Les mauvais coups vont tomber...



Mon avis :
Merci aux éditions Sarbacane !

Été. Si je devais résumer Amour, vengeance & tentes Quechua en un mot, ce serait été.

Tara, lycéenne en vacances, passe, comme chaque été, 2 semaines au Momo's. Là-bac, c'est le bonheur, là-bas, c'est la liberté, là-bas, c'est Adam.

Ce roman, c'est l'été. On le lit au soleil avec in bon verre de limonade bien frais (ou autre chose car j'aime pas la limonade). On le lit et on est transporté au camping avec les amours de vacances, les nuits blanches, les coups bas et les réconciliations. 

Mais ce livre, c'est aussi la réalité. La réalité du changement, du temps qui passe, de la nostalgie. La dure réalité qui ne ressemble pas à nos souvenirs, la réalité tellement différente de nos rêves que parfois, on a juste envie de lui crier vaffanculo !!! La réalité, qui nous apprend à faire face, à avancer, quitte à bifurquer ensuite.


La plume d'Estelle Billon-Spagnol est tellement adaptée au roman. Légère comme le vent, chaude comme le soleil, orale comme les ados ! Elle est drôles avec un fabuleux mélange de tristesse et de joie. 
Son style, particulier avec ses répétitions et son étrange ponctuation, est très différent de son dernier roman chez Sarbacane (Pépix), Clin Tiswoud : Journal d'un menteur professionnel.


Ce livre, c'est un pur concentré d'air frais et de bonheur. Ce livre, c'est les vacances, c'est la vie. 

mercredi 19 avril 2017

Faire le mort de Stefan Casta


titre : Faire le mort
auteur : Stefan Casta
traductrice : (suédois) Agneta Ségol
édition : Thierry Magnier
nombre de pages : 259
parution : mai 2004
coût : 14€
lecture n°28

Synopsis :

Kim et ses amis sont passionnés d'ornithologie. Lors d'une excursion dans les bois, Kim est passé à tabac par les autres, et laissé pour mort. Il ne dira rien. Mais personne ne sortira idemne de l'"accident"






Mon avis : 

Etrange. C’est le premier mot auquel je pense pour qualifier ce roman.

L’histoire est complexe. Composée de flashback racontés à la première personne, on peut facilement se perdre. Parfois, je ne comprenais plus, ne savais plus où j’en étais. 

L’écriture est elle aussi particulière. A la fois simple et alambiquée. Des phrases courtes avec du vocabulaire courant, ponctuées de sous-entendus et amenant à des réflexions complexes. Et de ce mélange se dégage une beauté, une poésie magnifiques, mais aussi une violence impitoyable et brute. 

En fait, à première vue, ce roman paraît simple, et pourtant…
Tout comme Kim, en surface, il est naïf, doux ; car en cherchant plus profondément, on découvre des questionnements complexes sur le sens de la vie. Ils sont si candides, si innocemment posés, qu’ils résonnent d’autant plus en nous. J’avais comme l’impression de voir la barrière entre l’enfance et l’âge adulte, entre les contes de fées et la réalité. J’avais l’impression de chuter, de tomber de haut et de me faire mal. J’avais l’impression de devoir grandir sans le vouloir.


La clarté de cette chronique est je pense, à déplorer. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que ce roman est bouleversant, de part son histoire, ses personnages, son écriture et le message qu’il porte.

samedi 30 juillet 2016

La fille de Brooklyn de Guillaume Musso





extrait p 399

"Lois n°2 : Ne vous fier pas à vos amis, utiliser vous ennemis (...). Si vous n'avez pas d'ennemis, 
trouvez le moyen de vous en faire."
Robert GREENE 







titre : La fille de Brooklyn
auteur : Guillaume Musso
édition : XO éditions
parution : 23 mars 2016
nombre de pages : 464
coût : 21,90€
lecture n°35










     Synopsis :

Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer. 
L'horizon scintillait. C'est là qu'Anna m'a demandé : 

" Si j'avais commis le pire,
m'aimerais-tu malgré tout ? "


Vous auriez répondu quoi, vous ? 
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l'aimerais quoi qu'elle ait pu faire. 
Du moins, c'est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d'une main fébrile, et m'a tendu une photo. 
– C'est moi qui ai fait ça. 
Abasourdi, j'ai contemplé son secret et j'ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours. 
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot. 
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu. 
Et depuis, je la cherche. 



     Mon avis :

C'est ma belle-mère qui m'a conseillé ce livre. Je n'avais jamais lu de Musso et je pensais, à tort, que c'était juste un auteur qui écrivait des livres à la chaine sans grand intérêt. C'est méchant. Mais je me suis trompée, et j'ai été agréablement surprise.

La fille de Brooklyn est un roman policier mélangeant les affaires et les années. Ce sont mes préférés, ceux où un évènement dans le présent nous font revenir sur plusieurs mystères du passé.

Raphaël est heureux, dans trois semaines il va épouser la femme qu'il aime. Mais une photo et quelques mots font tout basculer. La femme qu'il croyait connaître cache en fait énormément de choses. Raphaël et un policier à la retraite vont jouer à une course contre la montre pour découvrir la vérité.

Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages. Raphaël est gentil et c'est vraiment noble de sa part de vouloir sauver Anna mais il avait un quelque chose qui m'agaçait. Marc Charades était drôle et sympathique mais ça s'arrête là, quant à Anna, je crois qu'on apprenait trop de choses différentes sur elle pour que je puisse m'identifier. Celui qui m'a le plus plu est Théo. Il est tellement adorable et mignon du haut de ses trois ans, et il ajoutait un touche de gaité.

L'intrigue est intéressante et bien menée, à la fin, j'étais accro. Néanmoins j'ai trouvé certaines incohérences, notamment celle où Anna affirme "C'est moi qui ai fait ça." ou encore le fait que tout se passe en quatre jours, je trouve ça beaucoup trop court pour tout ce qui se passe.

Sinon je ne me suis pas ennuyée un seul instant et j'ai bien aimé les passages sur la politique, l'auteur a du faire pas mal de recherches.

Finalement, c'est une bonne lecture, un policier comme on les aime mais sans plus.

     Extraits :

extrait p 28 :

" "On aime peut-être ce qu'on est pas", a écrit Albert Cohen. Peut-être est-ce pour ça que l'on tombe parfois amoureux de personne avec qui l'on ne partage rien.Peut-être ce désir de complémentarité nous laisse-t-il espéreront transformation, une métamorphose. Comme si le contact de l'autre allait faire de nous des êtres plus complets, plus riches, plus ouverts. Sur le papier c'est une belle idée, mais dans la réalité, c'est rarement le cas.

extrait p 285 :

" C'était aussi pour cette raison que j'avais adoré devenir père. avoir un enfant est un antidote à cette nostalgie et à cette fraicheur fanée. Avoir un enfant vous oblige à vous délester d'un passé trop lourd, seule condition pour vous projeter vers demain. Avoir un enfant signifie que son avenir devient plus important que votre passé. Avoir un enfant, c'est être certain que le passé ne triomphera plus jamais sur l'avenir."

mercredi 20 juillet 2016

Paranoïa de Mélissa Bellevigne

"Seule.
 Désespérément seule."





titre : Paranoïa
auteur : Mélissa Bellevigne
édition : Hachette
collection : Black Moon
parution : 1 avril 2016
nombre de pages : 320
coût : 17€
lecture n° 33


 




   Synopsis :
Lisa Hernest, psychiatre reconnue et spécialisée dans les cas complexes, est appelée à l’institut Saint-Vincent en périphérie de Paris. Elle va rencontrer sa nouvelle patiente : Judy Desforêt, internée pour paranoïa et hallucinations, enceinte de cinq mois et qui refuse de s’alimenter. Dès leur première entrevue, la jeune femme qui se dresse face à elle fait preuve d’une lucidité et d’un discernement hors pair. Et plus Lisa apprend à la connaître, plus leurs échanges viennent ébranler ses propres convictions professionnelles et personnelles. Entretien après entretien, Judy lui livre en effet une curieuse histoire, mêlant sa quête des racines familiales en Angleterre et la présence invisible d’un certain Alwyn, cet homme qui la suit comme son ombre depuis toujours. Progressivement, Lisa, l’experte en âmes fragiles, sent ses moyens lui échapper et Judy la déstabiliser. À mesure que les mois passent et que la date de l’accouchement approche, la vérité semble s’éloigner.

     Mon avis :

Je me trouvais dans une librairie à l'île de Ré quand j'ai acheté ce livre. Il avait fait pas mal de bruit à sa sortie et me faisait envie.

Lisa, psychiatre de 37 ans, suit en thérapie Judy, une jeune femme de 20, enceinte et internée pour paranoïa et hallucinations. 
Lisa est pragmatique, réaliste et ce côté fait d'elle la meilleure dans sa profession. Mais étrangement elle s'attache à Judy et son cas la touche plus que cela ne devrait.
Le récit mêle le point de Lisa, en 2010 à celui de Judy, en 2009.

J'ai bien aimé savoir ce qu'il se passait dans la tête de Judy, connaître les raisons de son internement et la découvrir ensuite par les yeux de son médecin lors des séances de thérapie était intéressant.
Étrangement, j'ai mieux compris le comportement de Judy que celui de Lisa.

Mélissa Bellevigne à réussie à installer une atmosphère de doutes, de psychose en alternant les points de vue du médecin et du patient.

J'ai trouvé le livre plus addictif vers le milieu du livre. On suivait Judy dans sa quête de vérité et Lisa qui elle commençait à perdre pied. Elle s'était jetée corps et âme dans des analyse, des suppositions, jusqu'à s'oublier elle et son couple. Judy était devenue une obsession et ce, pour une raison qu'elle n'a pas compris tout de suite.

La fin est belle mais en même temps, comment est elle possible ?
Je ressors de cette lecture avec plus de doutes qu'au début, sur Judy et sa santé mentale, sur Alwyn, et sur l'avenir du bébé.

En bref, c'était une lecture haletante que j'ai beaucoup apprécié. En prime l'objet livre est agréable et sa couverture est sublime, j'adore les couleurs.

     Extraits :

"Judy venait remuer les tréfonds de mon esprits même lorsque j'étais loin d'elle, le soir, la nuit et le week-end, m'obligeant à m'y intéresser de tout près, faisant naître en moi un sentiments proche du devoir qui ne laisse jamais ma conscience se reposer. Peut être parce qu'elle aurait pu être ma fille. Peut être parce qu'elle portait l'enfant que je n'aurais jamais. Quoiqu'il en soit, j'éprouvais un besoin maladif, addictif même de travailler sur son cas."

P 135 
"Un soleil éclatant rayonnait dans le ciel bleu parsemé de quelques rares nuages, et je pensais à cette phrase qu'un de mes oncles, originaire du Morbihan, répétait bien souvent quand j'étais petite : "En Bretagne, il ne pleut que sur les cons." Peut être que ça valait aussi pour la Grande, songeait je, amusée. "