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mercredi 26 mai 2021

L'année de grâce, de Kim Liggett


titre : L'année de grâce
autrice : Kim Liggett
édition : Casterman
nombre de pages : 528
parution : 7 octobre 2020
coût : 19,90€
récompenses : Prix Millepages 2020 et Prix Libr'à nous 2021





4ème de couverture : 

Celles qui survivront ne seront plus jamais les mêmes.

« Personne ne parle de l’année de grâce. C’est interdit.
Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes et de rendre les épouses folles de jalousie. Notre peau dégagerait l’essence pure de la jeune fille, de la femme en
devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans : notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions réintégrer la communauté.
Pourtant, je ne me sens pas magique.
Ni puissante. »

Un an d’exil en forêt.
Un an d’épreuves.
On ne revient pas indemne de l’année de grâce.
Si on en revient.

Avis : 

 Ceci est une chronique « coup de gueule ». Je n’arrive pas à écrire cette chronique sans tout déverser. J’ai besoin d’extérioriser, d’en parler avec d’autres qui ont lu le roman. Elle va donc, une fois n’est pas coutume, contenir quelques spoilers.


L’année de grâce fut une déception. Je m’attendais à un roman révolutionnaire, féministe, engagé. Au lieu de ça, j’ai plutôt trouvé un roman ado basique. Ai-je grandi ? Avais-je trop d’attentes ? 


Le lieu de l’intrigue est inconnu, l’époque aussi, mais les valeurs sont celles du Moyen-Âge. Les filles sont mariées de force, à 16 ans, âge où leur « magie » se déclenche. Juste après les propositions de mariage, qui se font en huit-clos uniquement masculin, les jeunes filles sont envoyées en forêt pour dissiper leur magie et revenir inoffensives. C’est l’année de grâce. L’héroïne, Tiernan, est dès le départ différente des autres. Elle ne veut pas se marier, ne croit pas à la magie, rêve (ce qui est interdit), elle veut être libre, indépendante. 

Pourquoi, pour une fois, ne pourrait-on pas avoir un groupe d’héroïnes et non une seule ? 


Le groupe, c’est ce que j’espérais voir apparaître dans ce roman. Une entraide féminine, féministe. Or, l’année de grâce fait ressortir le pire chez les jeunes filles, l’autrice déploie une violence impressionnante. Pourquoi ce surplus de violence physique, de barbarie ? Peut-être était-ce la frustration que ressentaient les femmes d’être mal traitées en ville qui ressortait entre elles et contre elles durant l’année de grâce ? Néanmoins, je n’ai pas trouvé cela utile, j’avais l’impression d’une violence gratuite, comme dans le film Blanche Neige et le chasseur où les mères défigurent leurs filles pour qu’elles ne soient pas plus belles que la Reine.


Cette violence m’a paru encore plus déplacée quand j’ai découvert au fil des pages une histoire d’amour trop clichée à mon goût. SPOIL La proie et le braconnier, l’amour interdit. SPOIL Dans ce livre féministe, j’aurais aimé une héroïne véritablement indépendante, qui n’a pas besoin d’un homme pour lui faire se rendre compte de la société aberrante dans laquelle elle vit. Or, j’ai eu l’impression de retomber dans une histoire niaise, exactement comme ce que j’avais ressenti à la lecture de VOX, de Christina Dalcher.


Comme pour le roman de Christina Dalcher, le sujet est important : sexisme, machiste, domination masculine et peur de la femme. Et comme pour ce roman, L’Année de grâce a, pour moi, échoué à le traiter sur la longueur de l’intrigue. 


Parlons en de cette intrigue. L’environnement moyenâgeux et magique me paraissait un très bon moyen de détourner tout en parlant d’aujourd’hui (le principe de mise à distance spatiale et temporelle qu’utilisent Saint-Simon dans ses Mémoires, Du Bellay dans Les Regrets, et bien d’autres, permet ainsi de mieux se rendre compte de notre réalité sans entrer en confrontation directe avec elle). Malheureusement, j’ai trouvé le cadre mal posé, il me manquait des détails, des explications : comment en était-on arrivé là ? pourquoi les filles étaient-elles dotées de « magie » ? Et j’ai trouvé de nombreuses facilités scénaristiques (la fin, notamment)


Enfin, et après promis j’arrête ma diatribe contre L’année de grâce, j’ai été gênée par l’écriture. Je ne sais pas si c’est la traduction ou l’originale, mais pour moi, cela sonnait faux. Le vocabulaire utilisé ne convenait pas, j’avais l’impression qu’elle (autrice ou traduction) voulait montrer ses connaissances, ses mots savants. Mais cela n’apportait rien à l’intrigue, au contraire. Certains auteurs ont une langue en excès, des personnages de l’excès, mais c’est fait exprès, comme le Capitan Matamore de qui Scarron se moque et sur qui il cherche à surenchérir (ou comme moi qui tente de réutiliser mes cours dans mes chroniques).


Contrairement à beaucoup d’avis, sur internet, en librairie, je n’ai pas accroché avec L’année de grâce. Mais si ce livre permet à ses lectrices et lecteurs de réfléchir aux problématiques abordées, alors je pense que Kim Liggett aura rempli le contrat médiatique du « livre féministe » et c'est ce qui m'importe, qu'un livre véhicule un message.


Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
violence physique - sang - mort  -

vendredi 27 mars 2020

Vox de Christina Dalcher

Vox - broché - Christina Dalcher - Achat Livre ou ebook | fnac


titre : Vox
auteure : Christina Dalcher
édition : Nil éditions (et Pocket)
nombre de pages : 432
parution : mars 2019
coût : 7,95








Synopsis : 

Cent mots par jour. Depuis l'avènement au pouvoir d'un Parti fondamentaliste, les femmes sont soumises à ce quota absurde. Un mot de plus, un seul, et le bracelet-compteur qu'elles portent au poignet envoie une décharge électrique. Aussi, lorsque Jean McClellan se voit proposer de venir en aide au frère du Président, victime d'une aphasie, l'ex-docteur en neurosciences n'hésite-t-elle pas longtemps. La récompense ? La possibilité de s'affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu'elle va découvrir, alors qu'elle recouvre la parole, pourrait bien la laisser définitivement sans voix...

En bref : 

Livre coup de poing
Petite déception sur la fin (moitié du livre)
Sujet enrageant, important pour une prise (ou rappel) de conscience 

Le détail : 

J'avais plusieurs fois remarqué ce livre à la librairie, mais je ne l'avais pas acheté (temps, argent, .... on sait ce que sait). Et puis ma maman l'a eu pour son anniversaire, l'aubaine ! J'allais pouvoir le lire ! Durant sa première journée de lecture (car oui confinement rime avec lecture pour beaucoup) elle était irritable, le sujet l'enrageait. J'avais hâte.

Parce que oui, c'est un sujet très ... compliqué dirons-nous. Une société où les femmes n'ont plus droit à la parole ? Où nous sommes retournés aux valeurs du Moyen-Age ? Ca enrage, j'avais envie de frapper partout ! Et puis ça fait peur aussi, on se dit Tiens, c'est vrai que parfois on est pas loin, l'homme est radical, peut-être ne fais-je pas assez de chose pour cette cause... Je veux dire la cause de la femme est parfois si polémique, et dans Vox, le machisme avec ses "les féministes deviennent toutes lesbiennes, elles veulent contrôler le monde blablabla" a gagné alors que personne ne le pensait Comment pourrait-il faire taire la moitié de la population ? Amputer l'économie de la moitié de ses revenus ? Jamais ils ne feront ça. Si ils l'ont fait.

Breeeef je disais donc un sujet douloureux, paradoxalement très bien écrit. Je dis paradoxalement parce qu'en réalité, l'écriture n'a rien de transcendantale, elle est même plutôt moyenne : des mots simples qui s'enchaînent, comme si une personne nous parlait. Sauf qu'en fait, cette impression qu'une personne nous parle accentue fortement l'effet de réel, l'effet que peut-être, probablement, espérons que non, une telle situation est possible. De plus, avec ce vocabulaire si usuel, les pages se tournent toute seule, et on dévore la première moitié du livre sans s'en rendre compte. 

Pourquoi la première me direz-vous ? Parce que c'est là que ça se gâte. Elle me plaisait, vraiment beaucoup, elle m'enrageait surtout. J'étais en haleine, toute pleine de cette colère sourde qui ne peut sortir. Maintenant que j'y pense, c'est sûr qu'on ne pouvait rester comme ça pendant tout le livre, on aurait explosé ! Sauf que voilà, au lieu de redescendre petit à petit pour pouvoir remonter ensuite, la seconde partie est, pour moi, partie en cacahuète. J'ai peu compris ce qu'il se passait, pourquoi l'intrigue a-t-elle pris ce tournant ? Cela ressemblait à une dystopie un peu clichée. Comment expliquer cela.... Il y a trois ans je suis allée voir le Labyrinthe 3 au cinéma, je n'avais pas vu le 2, et aucun souvenir du 1. C'était à Moscou, donc film en anglais sous-titré russe. Je ne suis pas du tout bilingue, et je n'ai pas compris la moitié du film. Avec la seconde partie de Vox, j'avais l'impression de regardé à nouveau un film que je trouve déjà bof dans une langue que je comprends mal. 

Alors que ce livre était parti pour être un coup de poing total et un coup de coeur, j'ai été déçue. Suis-je la seule à avoir ressenti cela ?

Cependant, je pense que le début vaut vraiment la peine. Ca a été un coup de poing, et rien que pour cette prise de conscience même si c'est à l'extrême (quoique), il vaut le coup ; c'est même un devoir civique (mon frère en fait les frais, il doit lire les premiers chapitres pour ne pas devenir comme le fils ainé de Jean)

En conclusion (oui je parle comme dans une dissert, et alors ?) : un livre coup de poing qui partait vraiment bien, mais dont la fin m'a terriblement déçue. Des sentiments et des envies de claques qui font du bien. Prise de conscience ou simple rappel, on devrait lire plus de livres sur cette thématique.

En fait, je crois que j'ai été très contradictoire dans cet article hahaha, vous vous en êtes sortis ?

Pour se rendre compte que parler, c'est important.

Bon courage pour ce confinement, ce n'est marrant pour personne, plus compliqué pour certains que pour d'autres, alors soyez forts. Et faites attention.

dimanche 6 mai 2018

Shorba, l'Appel de la Révolte de Gaspard Flammant




titre : Shorba, l'Appel de la Révolte
auteur : Gaspard Flammant
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 216
parution : 7 mars 2018
coût : 15,50€
lecture n°







  • Synopsis

    Depuis qu'on a abandonne le lycée, il nous reste pas grand-chose, à part le pied des tours. Nous, c'est mes deux potes et moi, Shorba. Mais on a rencontré Léo... et tout a changé.

    A travers l'histoire d'un éveil civique et celui du jeune Shorba, qui découvre l'urgence de l'action citoyenne, de la solidarité envers les réfugiés. et plus largement, le sens profond du mot "révolte", ce roman résonne fortement avec les valeurs de respect des droits humains que défend Amnesty International.


    Mon avis : 
    C’est l’histoire de Shorba. Un adolescent de cité qui passe sa vie entre la base (le supermarché) et ses potes. Un jour, un drôle de type, Léo, vient l’accoster. Et à partir de ce jour-là, sa vie prendra un tournant différent.

    J’ai mis du temps à entrer dans l’histoire, je ne sais plus pourquoi. Mais une fois dedans, impossible de lâcher. C’est le genre de roman que l’on veut absolument terminer avant de dormir (et non, pour une fois, ce n’est pas ce que j’ai fait.)

    Dans ce livre, la narration était changeante. C’était en grande partie Shorba, puis quelques passages sur Léo et sa vie avant. Au début, ces flash-back étaient de simples pauses, puis elles ont pris de l’ampleur, jusqu’à devenir aussi importante que l’histoire au présent. Jusqu’à ajouter des tensions. 

    Ce livre m’a fait passer par plusieurs émotions. La colère. L’indignation. La tristesse. La joie. Cependant, la comparaison avec Dans le désordre de Marion Brunet m’a gênée. Pour moi elle n’avait pas lieu d’être, les écritures sont totalement différentes et les émotions sont amenées de manière totalement opposées. 

    Des points négatifs, je n’en retiens qu’un, et minime en plus ! Certains vont peut-être se moquer, d’autres me comprendre, je ne sais pas, mais le point noir trouvé à ce roman fut pour moi la présence de joint. Ce mot était peut-être écrit sur chaque page. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que cela apportait à l’histoire ? Que le protagoniste fume, en soit, cela n’est pas dérangeant. Beaucoup de jeunes fument mais à ce point ? C’était omniprésent, tellement que cela a fini par me gêner. J’ai fini par me poser la question de savoir si cela était une représentation réelle ou bien juste un accessoire pour donner de la consistance au personnage. 

    Je me rends compte que je lis beaucoup de romans sur les personnages. Les livres où une rencontre change une vie. Des livres où au final, le souvenir le plus marquant qu’il nous reste ce sont les gens. Les émotions. Est-ce réellement les livres qui sont comme ça ? Ou tout simplement moi qui change ma façon de lire ? 

    Dans tous les cas, je ne saurais faire un vrai résumé de Shorba, l’Appel de la révolte. Cette incapacité à résumer mes lectures, c’est ce qui m’a bloqué, complètement empêcher d’écrire. Mais au final est-ce réellement utile ? Je pense avoir enfin réussi à réécrire une chronique. Et c’est cela l’important non ? 


    Pour terminer, Shorba, l’Appel de la révolte est, comme dit sur la quatrième de couverture, « un éveil civique, une découverte de l’urgence de l’action citoyenne et de la solidarité envers les réfugiés ». On voit comment un jeune garçon, mineur, va tout faire pour aider des familles. Comment sa pensée va évoluer, comment il grandit et surtout murit. Et par répercussions, ce livre fait évoluer notre pensée, nous faire murir. 

dimanche 13 août 2017

Lotto girl de Georgia Blain

titre : Lotto girl
auteure : Georgia Blain
traducteur : Alice Delarbre
édition : Casterman
nombre de pages :
parution : 13 septembre 2017
coût : 16€
lecture n°59

Synopsis : 

Ils se servent de nous. Parfois pour combler une lacune, parfois pour tester un nouveau profil. Ils se servent de nous pour les réglages, pour affiner un modèle. Nous ne sommes que des prototypes de travail. Ils encouragent nos parents, ou les soudoient. Le miens se sont entendus dire que je serais belle s’ils choisissaient l’option préconisée par BioPerfect.
Je l’ai dévisagée. Je n’avais jamais pensé qu’on puisse être autre chose qu’une Lotto girl. C’est-à-dire une fille particulièrement douée, au patrimoine génétique exceptionnel. Une fille unique en son genre… 




Mon avis : 


Merci aux éditions Casterman pour cette lecture


Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de dystopie.
Dans Lotto girl, le monde est gouverné par les Parents suite à l’Effondrement. La modification génétique prime sur tout et les gens dépensent des milles et cents pour avoir des enfants parfaits. Cependant, tous les sept ans, une loterie est organisée pour permettre aux personnes plus pauvres de bénéficier de cette modification. 
Fern est une de ces enfants. Elle a passé toute son enfance dans un paradis mais à l’âge de 17 ans, une question vient forcer son esprit : cela est-il bien ou mal ? 

Pour dire vrai, je n’ai pas trouvé de réponse dans ce livre. Les Opposants et les Parents échangent tour à tour le rôle de « gentils ». Finalement, c’est au lecteur de choisir qui, pour lui, devrait être blâmé. 

Concernant les personnages, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à eux. Fern est égocentrique, et je n’ai pas eu l’impression que son séjour dans un camps avait changé quoi que ce soit. Malgré tout ce qu’elle a vécut, rien à faire, je n’arrivais pas à la prendre en pitié. 
Pour ce qui est des autres personnages, je ne sais quoi en penser. Leurs comportements étaient en perpétuel changement. Fern se méfiait d’eux et moi aussi du coup. A qui fallait-il faire confiance ? Ils étaient comme instables, un caractère pas très bien définis et une évolution sans queue ni tête. 

Je n’ai rien à dire sur la plume de Georgia Blain. Elle n’a rien d’exceptionnelle mais de toute façon, je trouve que dans un roman dystopique comme ça, il est difficile d’apprécier l’écriture à sa juste valeur. 

Passons à la fin du roman maintenant. La fin est, disons le, particulière. Elle apporte une petite touche d’humanité à Fern. C’est au lecteur de choisir ce qu’il a envie d’avoir lu. Mais, je trouve qu’une fin pareille est un peu facile. L’auteure ne se mouille pas et j’aurais préféré une fin bien posée, carrée, oserais-je dire plus complexe


En bref, Lotto girl est une dystopie comme on en voit beaucoup avez la seule différence, le fait que l’on ne sait si le système mis en place est bien ou mal. Pour moi, l’idée aurait pu être mieux exploitée, les personnages auraient pu être plus complexe. C’est un roman qui passe le temps. 

lundi 27 février 2017

Marquise de Joanne Richoux




titre : Marquise
auteure : Joanne Richoux
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 228
parution : 1 mars 2017
coût : 15,50€
lecture n°14
Synopsis :

Pour certains, c'est un rêve...
Pour Billy et Charlotte, c'est un moyen de fuir leur vie pourrie.
Un casting ; cent candidats, huit élus ; au bout, une place au sein des "Voluptueuses", une société secrète de jeunes talentueux et déjantés vivants comme à la cour du Roi-Soleil, sous la direction du mystérieux "Marquis"
Evidemment, tout va partir en live, Charlotte l'avait senti... mais à ce point !?





Mon avis :

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture

Ma musique préférée de la bande-son

Waw ! C’est la première chose à laquelle je pense quand je referme ce roman. Il est rebelle, révoltant et beau.

Charlotte, 19 ans, décide de suivre Billy dans une aventure rocambolesque. Paumée sur une île, une centaine de personnes vivent sous la coupe du « Marquis », dans un mélange de moderne et de XVIIIème siècle.

 « Bon en fait, je ne voulais qu’une jolie gomme. C’est neutre, les gommes. Rassurant. Et puis, ça efface tout. »
p15

L’intrigue est tellement bien menée, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Et quelle fin ! OMG la fin, si je m’y attendais, elle est si étonnante et si géniale ! Je n’en reviens pas. J’aimerais pouvoir déblatérer des heures dessus, mais anti-spoil oblige, je ne peux pas. Par contre, j’adorerais en discuter en priver avec vous.
Un truc en plus : la musique. Comme dans tous les Exprim', une bande-son est ajoutée au début du roman, idée que, soit dit en passant, je trouve géniale! J'aime écouté ces chansons en lisant, et celles-ci sont justes super, c'est tout à fait le mélange de style que j'aime écouté.

J’ai adoré le personnage de Charlotte, elle est tellement « humaine ». Sa façon de penser, ses défauts, ses qualités… Parfois je la comprenais, parfois je voulais la gifler, exactement comme avec une « vraie » personne !
 « Après Alice au pays des merveilles, je plongeais direct dans Charlotte au pays des emmerdes. Pourquoi ça tombait sur moi ? Pourquoi fallait-il qu’un Duc aquatique me dise de tuer quelqu’un, à moi ? »
p147

L’écriture est incroyable, Joanne Richoux a réussi à mêler vocabulaire familier et poésie. Des mots comme chieuse ou enfoiré ne faisaient pas tâches, pas vulgaires. Ce mélange seyait parfaitement bien à Charlotte, jeune femme cynique et terre à terre coincée dans un nouveau XVIIIème siècle.
 « Les histoires d’amour des files de mon âge me paraissaient toutes identiques et foireuses : se heurter pour se toucher, souffrir pour s’aimer, se perdre pour se garder… »
p16

Je le dis rarement car je n’aime pas faire de classement entre mes lectures, mais ce livre est époustouflant, et c’est un coup de cœur, le premier de 2017.

« Comment on est censés faire pour s’aimer à l’âge adulte ? On s’aime mal, j’suis sûre. […] J’ai pas peur de l’avenir, j’ai peur de nous. »

p31

mercredi 18 mai 2016

Jungle Park de Philippe Arnaud





 titre : Jungle Park
 auteur : Philippe Arnaud
 édition : Sarbacane
 collection : Exprim
 parution : 4 mai 2016
 nombre de pages : 277
 coût : 15,50€
 lecture n° 26








     Synopsis :
En 2050, Tony, ancien directeur d'un parc d'attractions à succès, a été accusé à tort de terrorisme, et comme les autres condamnés à mort, est parachuté en Afrique. Sur le continent, contaminé par les déchets industriels occidentaux, ne survivent plus que des mutants évoluant sous la surveillance de drones. De son côté, sa fille tente de l'innocenter en identifiant les auteurs du complot. 

     Mon avis :  

J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire. Je venais de finir un policier et passer à un roman futuriste me faisait bizarre. 
Donc oui, au début, j'ai eu du mal, je ne voulais pas avancer, l'histoire me plaisait sans plus, je trouvais les changements de narrateurs trop rapide et sans assez d'action.
Ce n'est qu'au livre 3 (le roman est découpé en trois parties appelées "livre"), que j'ai vraiment fini par accrocher. 

Malgré tout j'ai trouvé certaines incohérences, par exemple, à certains moments je ne comprenais pas pourquoi il ou elle faisait ça, comment il ou elle avait compris ça (comment Séréna à compris le plan d'Ethan), ça manquait d'explications. Quand je l'ai lu, 13 jours pour faire Afrique-Mississipi cela me paraissait relativement court, puis j'ai fait des recherches et j'ai compris, c'est grâce aux Alyzées !



En y repensant, l'intrigue ne m'a pas vraiment plu, je n'ai pas réussi à accrocher, mais ce que j'ai vraiment aimé c'est le décor, le thème. Le fait que tout un continent serve de poubelle, cela me parait malheureusement tout à fait possible, et je me demande si cela n'a pas déjà commencé avec les favelas au Brésil. 
Ce roman est-il futuriste ou décrit-il juste avec plus d'ampleur ce qui existe déjà?

C'est une bonne lecture, plus pour le thème que pour l'intrigue mais cela reste une lecture intéressante.

samedi 26 décembre 2015

Dans le désordre de Marion Brunet




titre : Dans le désordre
auteure : Marion Brunet
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
parution : 06/01/2016
nombre de pages : 251
à partir de 13 ans
prix : 15,50€










Synopsis :
Ils sont sept.
Sept qui se rencontrent en manif, dans la révolte, dans le désordre, refusant la vie qu'on leur impose. Ils décident de vivre ensemble, en squatt et en meute.

Et au coeur de la meute, il y a Jeanne et Basile, qui découvrent l'amour, celui qui brûle et transporte.


Mon avis :

Je remercie beaucoup les éditions Sarbacane pour ce partenariat. Je les ai rencontrés au salon du livre et ils sont vraiment super gentils. J'ai même pu faire dédicacer ce livre par l'auteur ce qui ajoute une cerise sur le gâteau. 

Les premiers chapitres de ce livre ne m'ont pas emballés. Le fait de changer de narrateur me déconcertait un peu. Mais j'ai rapidement été happée par l'histoire. Je me trompais toujours un peu de narrateur, mais cela ne me gênait plus.

Jeanne. C'est la première personne à parler et c'est je pense la protagoniste la plus présente. C'est sa première manif aussi brutale et cela la choque. 

Je n'arrive pas à parler de ce livre, j'essaie, mais je n'y arrive pas. Je peux juste dire ce que j'en ai pensé. 

Il est incroyable, dur comme tout les Exprim', mais incroyable et beau. Une fois happée, je n'ai pas pu le lâcher, je ne voulais pas le lâcher. Il m'a conquise. Ces sept personnes, en apparence totalement différentes, mais qui se rejoignent, qui ont la même idée, celle de la révolte. Ils co-habitent ensemble, et à la fin ne font plus qu'un, qu'un avec des idées et des avis différents, mais c'est ce qui est le plus beau. Ils ont réussi à dépendre les uns des autres, tout en restant indépendants. Je ne sais pas si je suis très claire et si je me fais bien comprendre mais c'est le sentiment que j'ai retenu de ces personnes. Sept personnes, d'âges et de milieux différents, qui se retrouvent, qui s'assemblent, qui changent, évoluent tout en restant eux-même.

Les idées de révolte changeaient aussi tout au long du livre, ce qui fait que je n'ai pas tout compris, et en plus, niveau capitaliste et etc, et ben, ... je suis juste totalement larguée :) Mais j'ai compris une chose c'est qu'il faut se battre pour ses idées. Il y a des dizaines de façons, et chacun trouve celle qui lui correspond. 

La fin. Elle m'a bouleversée. Je n'imaginais pas du tout une fin pareille et je ne sais pas si elle m'a plue ou pas. Elle est... renversante. Je n'arrivais pas à en croire mes yeux, non ça ne pouvait pas se terminer comme ça! Peut-être y a-t- il un message caché dans cette fin, une sorte de morale, je ne sais pas, si c'est le cas, c'était trop subtile pour que je le trouve. Ou peut-être pas, car la SPOIL mort SPOIL frappe sans raison. 

Je ressors de cette lecture complètement bouleversée, et je n'ai qu'une envie, c'est qu'elle ne se soit pas finie. Je veux savoir comment ils s'en sortent, comment ils vont remonter la pente. Je veux en savoir plus. Mais comme c'est impossible, je lirai tout simplement d'autres livres de Marion Brunet, car son style est dur, bouleversant, incroyable. 

Extraits :

p 42
   - Tu sais ce que cette connasse de droit constitutionnel nous a balancé aujourd'hui?
Elle n'attend pas de réponse et mime, visage pointu et méprisant :
   - " Vous aviez des hobbies ? Vous aviez des amis ? Des amours ? Des avis ? Oubliez tout. Vous n'êtes pas là pour réfléchir mais pour apprendre ! "


p 192-193
Jeanne le voit clairement,  à présent : chacun d'entre eux est devenu les autres. Ils faisaient groupe déjà, nombre aussi ; ils sont devenus unité. Non que leur personnalités aient changées, ou qu'ils aient perdu de vu qui ils étaient séparément ; mais ils se sont déversés en chacun, à tour de rôle et tous ensemble, pour former ce bloc, cette entité dure et pourtant si fragile du Nous.

Le groupe 
La bande 
La famille 
Le noeud
La meute
Ils sont là.