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lundi 2 octobre 2023

Tous nos rêves ordinaires, de Elodie Chan


Titre : Tous nos rêves ordinaires
Autrice : Elodie Chan
Edition : Sarbacane
Collection : Exprim'
Nombre de pages : 256
Parution : 6 septembre
Coût : 16,50€
Autres livres de l'autrice : et dans nos coeurs un incendie





4ème de couverture : 

Entre Normal People et Songe à la douceur, le temps d’un été, le portrait brûlant d’une jeunesse française qui s’aime. 

Dans une banlieue pavillonnaire, un lotissement. L’été, et la chaleur. Une bande d’ados.
Il y a Chloé, elle vit à travers les livres et aime en secret. Gabriel et sa belle gueule, mec attrape-cœurs. Lola et Romane, nombril à l’air et minishorts, qui capturent les regards. Lola veut devenir une star. Romane s’échapper ailleurs. C’est que chez elle, il y a l’Ogre et ses poings. Cyrus, la tête dans les étoiles, est fou de Romane. De l’autre côté de la rue, derrière sa fenêtre, il espère. Dingue, le désir et les rêves, comment ça t’obsède.


Mon avis : 

Collaboration non rémunérée

 Narration aux pensées décousues, on entre dans la tête de cinq adolescents ; ils ont 16 ans et sont coincés dans le tourbillon d’émotions que l’on peut ressentir à cet âge. Le temps d’un été à la chaleur languissante, Romane, Lola, Cy, Chloé et Gabriel se cherchent, tissent des liens, jouent. Ils ne se comprennent pas forcément, se loupent parfois, se blessent aussi. Elodie Chan a très bien su rendre compte de cet état de pensée que l’on peut avoir lorsqu'une question s'impose à nous : comment grandir en se confronter à l’amour, au désir naissant mais aussi au regard des autres et à la pression de bien faire ? 


« - Ferme les paupières… C’est le prune qui fait ressortir le vert, elle explique. Ca marche par couleur complémentaire.

Le contact du pinceau, comme une caresse. Un sourire. Romane pense, En vrai, c’est toi, Lola, ma couleur complémentaire. »


Malgré tout, je n’ai pas tant accroché que cela à l’histoire, aux personnages. Leurs pensées étaient trop fouillis pour moi, je n’arrivais pas à suivre. De plus, Cy me semblait problématique ; cette obsession pour Romane me mettait mal à l’aise. 


« Vas-y, la pluie, emporte le chagrin et la colère, fous tout dans le caniveau. »


Pour ce qui est de l’écriture, elle m’a séduite. Vers libres à la ponctuation désordonnée, je me suis laissée emportée par cette écriture en dents de scie si particulière. Elle peut rebuter, elle peut envoûter, mais impossible de rester indifférent à la poésie des mots d’Elodie Chan.


« Gabriel, muet. Il pense vague, à des années-lumière. Tout là-haut, la nuit l’estompe, et lui se fragmente entre le vide et les étoiles. »


Ce roman plein de sensualité nous fait vivre, comme à travers une série de photos, la vie de cinq adolescents finalement ordinaires.

samedi 9 septembre 2023

Tout Ella de Sarah Emilie Simone


Titre : Tout Ella
Autrice : Sarah Emilie Simone
Edition : Sarbacane
Collection : Exprim'
Nombre de pages : 224
Parution : 3 mai 2023
Coût : 16€





4ème de couverture : 

Une comédie de passage à l’âge adulte à se mordre les joues de bonheur. 

Le jeudi, je passe mon permis.
Le vendredi, j’ai les résultats du bac et ma mère italienne tombe dans les pommes pour un demi-point au rattrapage.
Le samedi, je pars en Bretagne avec mes meilleurs amis dans une voiture volée empruntée pour aller chercher Zaza, ma grand-mère, qui a soudain disparu.
Le dimanche je me réveille la tête dans le sable, je me suis embrouillée avec tout le monde et j’ai 45 appels en absence de ma mère italienne.

Ouhlà, Ella, qu’est-ce que t’as encore fait comme dinguerie ?


Mon avis : 

Je suis un peu mitigée en refermant Tout Ella. Le roman est très drôle, et il y avait certains passages qui me faisaient bien rire, mais je n’ai pas, mais alors pas du tout, accroché avec l’héroïne.


Je ne pouvais pas voir Ella en peinture, elle voulait à tellement retrouver Zaza, sa grand-mère qu’elle en devenait égoïste. Ses amis vont jusqu’en Bretagne (de Paris !) pour elle, et elle n’a aucune reconnaissance envers eux, elle est même prête à saborder l’audition de sa meilleure amie. Au premier abord, je trouvais ses motivations justes : elle avait peur qu’il soit arrivé quelque chose à sa grand-mère, mais plus les pages défilaient, plus Ella était en colère contre Zaza pour l’avoir abandonnée.


Mise à par Ella, qui a quand même bien entaché ma lecture, c’est un livre à l’aventure rocambolesque. Sarah Emilie Simone ne nous décrit que quatre jours ! Ce court laps de temps donne au roman une certaine urgence sans toutefois nous tourner la tête. La rencontre avec l’agent de sécurité, sortant de nul part, marche à merveille, en plus d’ajouter un burlesque très agréable, elle apporte une certaine touche d’humanité au roman, un espoir d’empathie et de gentillesse désintéressées. Durant ces quatre jours, nos héros ne sont pas toujours en symbiose, une énorme dispute éclate mais ils finissent par se retrouver, ce qui définit parfaitement l’amitié : des embrouilles et des réconciliations. 

Ce court road-trip plein de fraicheur permet tout de même une évolution des personnages, ils sortent grandis de leur expérience qui semble pour le moins inconsciente, on peut se le dire. Sarah Emilie Simone nous montre une vie entière condensée en quelques jours à peine.


Alors que le personnage d’Ella m’est antipathique, les personnages secondaires sont eux, très touchants. Entre Maya, la jeune fille réfléchie, aux talents artistiques qui a toujours su ce qu’elle voulait faire de sa vie, et Ben qui est en proie à des combats internes et familiaux, on peut facilement se reconnaitre dans certains de leurs traits de caractère. Tous deux nous montrent cet âge charnière de la fin du lycée où l’on se cherche encore et où l’on est un peu perdu au milieu de tout cet enchaînement de changements. 

La mère d’Ella est par ailleurs très comique : archétype de la mamma italienne, elle est maladroite, et parfois, comme tous les parents, un brin trop protecteur. Après la mort de son mari, elle s’est renfermée pour se protéger sans savoir que cela allait impacter sa fille. Malgré tout, on ressent l’amour qu’elle porte à Ella et son souhait d’une vie meilleure pour elle. 

Quant à Zaza… C’est un personnage, dans tous les sens du terme ! Complètement atypique, elle est la personne la plus importante pour Ella, elle s’est occupée d’elle comme de sa propre fille. La décision qu’elle a prise de partir n’était motivée que par la volonté de faire grandir sa petite-fille, même si je trouve cela un peu ahurissant d’opérer un changement si brutal.


On éprouve un certain attachement au trio constitué par Ella, Maya et Ben, rendant cette lecture plus sympathique. A travers ce road-trip rempli d’imprévus et d’émotions, Tout Ella aborde avec justesse le difficile passage de l'adolescence à l'âge adulte.

mardi 24 janvier 2023

C'est quand la vraie vie, de Claire Renaud


Titre : C'est quand la vraie vie ?
Autrice : Claire Renaud
Edition : Sarbacane
Collection : Exprim'
Nombre de pages : 224
Parution : 4 janvier 2023
Coût : 17€





4ème de couverture : 
Un « récit de vie » à l’échelle d’une année, qui fait grandir trois copines de 13 ans, avec drôlerie et délicatesse ! La vraie vie adolescente, pleine de ses gênes et drames savoureux. 

Antigone, Camille et Nina ont 13 ans, et beaucoup de questions, à commencer par : la vie, la vraie, ça commence quand ? Elles aimeraient vivre leurs aventures à elles, ne plus rester sur le bas-côté. Devenir des femmes fières et indépendantes – mais aussi, euh… belles, sûres d’elles, aimées, amoureuses ? Pour ça, Antigone compte bien prendre son destin en main, et elle a un plan. Non, deux. Trois plans. D’abord, elles vont devenir féministes. Et puis, se faire inviter aux soirées. Et puis, se trouver un amoureux. Et aussi, se relooker. Non, attendez, est-ce que c’est pas antinomique avec le fait d’être féministe ? Mince, et puis voilà soudain un drame familial à régler.
Alors ?? La vie, la vraie, ça commence quand ?


Mon avis : 

Merci aux éditions Sarbacane pour l'envoi

Antigone a 13 ans, deux copines : Camille et Nina, un crush et une conscience féministe. On fait la rencontre des trois amies le soir, dans la rue : elles collent. Pourquoi ? Parce que l’éveil féministe commence tôt, parce qu’elles veulent impressionner des filles de lycée, parce qu’elles veulent VIVRE. La jeune Enora de 13 ans est impressionnée, elle aussi aurait voulu s’insurger contre le système, faire partie de cette révolution politique.

Les lendemains, au collège, Antigone croise le regard de Basile, coup de foudre unilatéral, Antigone est prise dans ses filets. Telle la consonance tragique de son prénom, le garçon devient sa muse, son obsession, il faut qu’il l’aime, sans lui, sa vie n’a plus de goût. J’ai aimé la façon qu’a l’autrice de décrire le premier amour, il prend toute la place, nous déconcentre et nous laisse pantois, sans autre but que de se rapprocher du sujet de notre tentation. Néanmoins, avec l’emphase de ses phrases, j’ai trouvé qu’elle allait trop loin, certes, le premier amour est important, mais la plume de l’autrice lui a conféré un aspect un peu ridicule.


A partir de là, Antigone, Camille et Nina échafaudent un plan pour que notre héroïne séduise Basile : teinture, relooking, cuisine, et soirée, elles sont prêtes à tout. Mais ne sont-elles pas trop jeunes ? Se maquiller, se boucler les cheveux, les teindre en blonds… tout ça se passent au collège ? Ce n’était en tout cas pas mon collège à moi. Et c’est là que l’importance du public entre en jeu ; C’est quand la vraie vie ? est un romain Young adult alors que moi, du haut de mes 21 printemps, je lis plutôt du New adult. Le collège est loin pour moi, les codes ont changé et je n’arrive pas à m’identifier. 


Ce roman aborde donc les sujets qui peuvent définir la vie d’une ado, amours, collège, apparence, politique… et famille ! Parce qu’à la maison aussi, la vie bouge. Entre le père de Camille qui réapparait après une dizaine d’années d’absence et la mère d’Antigone qui ne rentre plus le soir, les drames familiaux occupent bien nos héroïnes. D’ailleurs, parlons en de ces parents : la mère est si blessée qu’elle rejette ses enfants et le père est si à l’ouest, que ce sont les grands qui deviennent les adultes. J’ai trouvé cela assez fort, Claire Renaud montre ainsi, peut-être de façon exagérée, que les parents sont avant tout des individus avec leurs propres failles et sentiments. 

On entre dans le roman avec une écriture bien particulière. La plume, poétique, est pleine d’emphases, elle est rythmée par une alternance entre phrases courtes et phrases nominatives, ce qui lui confère une impression toute théâtrale. L’autrice commence fort : C’est quand la vraie vie ? ne ressemble à rien de ce que j’ai lu, ce qui m’a au début bien décontenancée. Je trouvais que c’était trop, j’accrochais difficilement. Elle explique cela par le fait que notre héroïne, Antigone, s’inspire de son homonyme, la protagoniste tragique d’Euripide. Sauf que pour moi, Antigone c’est Anouilh, un de mes livres préféré et qui ne coïncide absolument pas avec l’écriture tragique de Claire Renaud. Au fil des pages, pourtant, elle se simplifie, se rapproche plus de notre façon de parler. Alors d’un côté, j’ai été soulagée, ma lecture était bien plus fluide, et de l’autre je me suis interrogée sur la raison qu’avait eu l’autrice d’écrire de cette façon au début du roman. 

En bref, je pense que je suis passée à côté de ce roman. La différence d’âge de public m’a empêchée d’entrer dans l’histoire comme il se doit. Néanmoins, l’histoire est sympa, l’écriture intéressante, les sujets nombreux et importants : ce roman plaira aux ados. 

mardi 15 novembre 2022

Heartstopper tome 1 à 4, de Alice Oseman

   


 Titre : Hearstopper
Tomes 1 à 4 : Une rencontre, Un secret, Voyage à Paris, Choses sérieuses
Autrice : Alice Oseman
Editions : Hachette
Nombre de pages du tome 1 : 272
Parution du tome 1 : 09/10/2019
Coût : 15€





4ème de couverture du tome 1 

Ceci est l’histoire de deux lycéens. 
Nick, le rugbyman au sourire solaire. 
Charlie, le musicien au cœur solitaire. 

Parce qu’ils évoluent dans des cercles différents, 
parce qu’ils n’ont pas le même caractère, 
leur amitié n’était pas gagnée. 


Pourtant, petit à petit, de façon irrésistible, Charlie tombe amoureux. 
Même s’il sait que Nick aime les filles. Même s’il sait qu’il n’a aucune chance. 
Alors, pour ne pas mettre en péril cette amitié naissante 
qui compte pour lui plus que tout, Charlie préfère garder le silence…

Mon avis : 

J’ai enfin terminé la lecture des quatre Heartstopper. Il faut savoir que je les ai depuis déjà quelques mois dans ma bibliothèque et hier, je me suis demandée pourquoi je ne les avais toujours pas lu (j’ai eu la réponse avec le tome 3).


Heartstopper, c’est une saga de roman graphique LGBTQIA+ qui a fait sensation quand elle est sortie, tout le monde en parlait, tout le monde adorait et il y a quelque temps, elle a même eu droit à une adaptation Netflix.


J’avais déjà lu les deux premiers tomes, mais pour l’occasion (et puis, est-ce qu’il faut vraiment une raison pour relire des livres ? Je ne crois pas) j’ai enchaîné tome 1 à 4. Après être partie à la recherche du carnet dans lequel j’avais écrit mon avis sur le tome 1, me revoici avec…seulement 2 lignes de plus. C’était une recherche fructifiante dites-moi (pourquoi est-ce que j’écris comme je parle ? Je crois que ça fait trop longtemps que je n’ai pas chroniqué, ça me manque et du coup, je suis toute contente de revenir).


Oh j’ai oublié de prévenir, cette chronique parlera des quatre tomes, donc si vous ne les avez pas lu, gare aux spoils.


Lors de ma première lecture du tome 1, j’avais été un peu déçue. J’en avais entendu tant et tant de bien, que Une rencontre n’avait pas pu toucher le coup de coeur. Attention hein, je ne dis pas que je n’avais pas aimé, c’était mignon, mais sans plus. J’avais trouvé les dessins un peu trop simplistes, ils m’empêcher de discerner les émotions des personnages sur leur visage. 

J’avais préféré le tome 2, plus…immersif ? On voit vraiment Nick se débattre avec ses différents sentiments, , on le voit se chercher, évoluer…On découvre aussi ses peurs, ses doutes, ses réflexions, il est désemparé. Charlie et lui se sont avoués leurs sentiments mais ils cachent leur relation. Je n’ai pas trouvé ça honteux, juste mignon, comme vouloir garder un amour pour soi. Dans ce tome, les dessins m’ont montré ce premier amour avec les joues qui rosissent (je précise qu’on est on en noir et blanc, alors comment j’ai pu avoir cette réflexion ?) et les yeux qui pétillent. J’ai même versé ma larme lors de la scène entre Nick et sa mère, tant de bienveillance et  d’amour s’en dégagent. 


Donc si je résume mon avis d’antan, c’était une bonne lecture mais pas un coup de coeur, avec une très belle progression entre le tome 1 et le tome 2. 

Sauf que quand j’ai repris ma lecture hier, toute attentes et ressentiments avaient disparu. J’ai juste pris l’histoire de Nick et Charlie comme elle venait, et ça change tout ; j’ai bien plus apprécié cette seconde lecture. Certes, les dessins restent enfantins, mais là où j’y avais vu un point noir, j’y vois maintenant un atout. Que je m’explique. J’ai comparé l’évolution des dessins avec le fait de faire connaissance avec quelqu’un : plus on s’approche, plus certaines choses nous sautent aux yeux.


Eeeeet en fait je bloque à partir du tome 3. Je lis, toute contente les préparations au voyage à Paris. Je suis heureuse de retrouver Tara et Darcy ainsi que les amis de Charlie. Dans ce tome beaucoup plus gros que les précédents, les personnages secondaires sont bien plus développés, autant dans le dessin que dans leur histoire. Et là, un regard de Nick suffit à me rappeler pourquoi je ne l’avais pas lu. C’est fou, comme d’un coup, un trait de crayon peut glacer le sang : Nick regarde l’assiette pleine de Charlie. Je comprends de suite où Alice Oseman veut nous amener. C’est un peu survolé, mais dans le tome 4, ça prend quasiment toute la place : Charlie souffre de troubles alimentaires et est hospitalisé. J’ai voulu terminé ma lecture, mais je devais faire des pause à chaque page pour ne pas pleurer dans le train, et en écrivant ça, je pleure devant mon ordinateur. Stop. Je peux plus donner mon avis.


Est-ce que je publie quand même cet avis qui n’est absolument pas construit et approfondi ? Est-ce que je m’ouvre sur internet ? Oui, parce que l’idée d’écrire sur Nick et Charlie m’obsédait toute la journée et me remplissait de joie. Oui parce que c’est un sujet important, mais surtout, que c’est une très bonne lecture. Je remercie l’autrice et l’édition d’avoir mis un trigger warning sur ce tome 4, il n’en tenait qu’à moi de le prendre en compte, chose que je n’ai pas fait, car si je n’y fais pas attention, c’est que ça ne me touche pas n’est-ce pas ? Question rhétorique stupide, ça ne marche pas comme ça, ne faite pas comme moi, protégez-vous.


On respire, et on termine cette chronique. J’ai apprécié ma lecture des deux premiers tomes, cela a été plus compliqué pour les deux suivants dû à mon histoire. Mais j’ai trouvé ces tomes très bien fait, donnant les informations nécessaires sans que cela soit lourd, apportant une note positive sans que cela soit irréaliste et niais. Ce que je veux retenir, c’est que j’ai hâte de lire le tome 5 qui sort en février !

vendredi 16 septembre 2022

Tout Ira bien, de Stéphanie Richard


Titre : Tout Ira bien
Autrice : Stéphanie Richard
Edition : Sarbacane
Collection : Exprim'
Nombre de pages : 128
Parution : 7 septembre 2022
Coût : 12,90€








4ème de couverture :

Ira, ce qu'elle préfère, c'est détruire : elle va tout casser, y compris elle-même et rien ne pourra l'en empêcher : ni ces poèmes qui sortent d'elle comme des bombes ni sa passion pour Louise Michel. À moins que... ? Il y a dans sa classe une fille, une nouvelle. Tess. " Sainte Tess ", elle l'appelle. Ira la trouve insupportable, mais Tess remue en elle un truc bien enfoui... une pulsion de vie comme une loupiotte dans la nuit planquée derrière la pierre de ses poings.

Mon avis : 

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture

Un livre coup de poing. Je dois dire que j’étais un peu sceptique au départ, Jeux Jaloux n’avait pas été un coup de coeur, ce livre m’avait perturbée. Mais Tout ira bien est totalement différent, coup, percutant, poétique. Le genre de livre que tu lis en moins d’une heure, impossible à lâcher. 

Ira est au collège, vie difficile, adolescence difficile, elle se bat comme elle peut, en étant difficile. Et au milieu de sa vie de chaos, elle nous livre des poèmes d’une beauté à couper le souffle, ses pensées sous formes de vers libres. 


Tout ira bien, beau jeu de mot n’est-ce pas ? Et quelle question. Comment tout peut aller bien quand on est née au mauvais endroit ? Quand on n’a pas de chance ? Quand on a décidé d’abandonner ? Je me pose moi-même la question. Et pourtant, malgré sa carapace, Ira va grandir, elle va évoluer, grâce à Tess. Tess, la fille modèle, parfaite, la fille que Ira déteste. Mais c’est cette fille justement qui va aider Ira. 


Ce livre m’a donné un coup de poing. Il m’a tenue en haleine pendant toute ma lecture. Je voulais que Ira s’en sorte, je voulais qu’elle retrouve l’envie de vivre. La voir se démener avec sa vie, la voir s’enfoncer me faisait mal, et en même temps je la comprenais, elle n’a plus d’espoir, elle ne veut plus d’illusion, de désillusion. 


Mais elle va trouver. Grâce à Tess, une relation que j’aurais d’ailleurs aimé plus détaillée, Ira trouvera un moyen de canaliser sa colère, un moyen sain, un moyen d’être heureuse. 

mercredi 8 septembre 2021

Il est grand temps de rallumer les étoiles, de Virginie Grimaldi


Titre : Il est grand temps de rallumer les étoiles
Autrice : Virginie Grimaldi
Edition : Fayard
Parution : 02/05/2018
Nombre de pages : 396
Coût : 18,50 €






4ème de couverture : 

Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers.
Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée.
À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour.
Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.

Avis : 

 J’ai lu peu de livres de Virginie Grimaldi, mais je ne sais pas pourquoi, ma tête les associe aux vacances. Un entrelacs de vies, une place importante pour la famille, une fin agréable, bref, une explosion de vie.

J’ai passé un très bon moment avec Il est grand temps de rallumer les étoiles. Anna, mère de Chloé 17 ans et Lily 12 ans, se retrouve dépassée. Au chômage alors qu’elle n’a pas de compétence particulière, croulant sous les dettes, elle se rend compte que ses filles vont mal. Alors ni une ni deux, elle les embarque dans un road trip vers la Scandinavie.


" Les parents sont des funambules. On marche sur un fil tendu entre le trop et le pas assez, un colis fragile entre les mains.
Il faut être attentif, mais ne pas laisser croire à notre enfant qu'il est le centre du monde; il faut lui faire plaisir sans qu'il devienne blasé; il faut équilibrer son alimentation sans le priver; il faut lui donner confiance, mais qu'il reste humble; il faut lui apprendre à être gentil, mais à ne pas se laisser faire; il faut lui expliquer les choses, mais pas se justifier; il faut qu'il se dépense et qu'il se repose; il faut qu'il apprenne à aimer les animaux, mais à s'en méfier; il faut jouer avec lui et le laisser s'ennuyer; il faut lui apprendre l'autonomie tout en étant présent; il faut être tolérant mais pas laxiste; il faut être ferme mais pas rude; il faut lui demander son avis, mais pas le laisser décider de tout; il faut lui dire la vérité sans atteindre son innocence; il faut l'aimer sans l'étouffer; il faut le protéger, mais pas l'enfermer; il faut lui tenir la main tout en le laissant s'éloigner." 

En ce moment, nombres de mes lectures utilisent l’alternance de point de vue. Ici, nous avons Anna qui narre, Chloé qui raconte sa vie sur son blog Les Chroniques de Chloé et Lily qui raconte la sienne dans son journal Marcel. Trois voix, trois façons de raconter. 


J’ai adoré lire Lily, ses expressions rigolotes m’ont bien amusée, ses PS à la fin de chaque page, le « Cher Marcel »… Elle avait un mélange de maturité et d’innocence impressionnant. Elle me faisait rire, j’avais envie de la protéger. J'ai aussi beaucoup aimé sa relation avec Noé, une véritable leçon sur l'amitié et la tolérance.


Je me suis beaucoup identifiée à Anna. Anna et ses attaques de panique qu’elle narrait avec une justesse incroyable. La peur de la peur, c’est exactement ça, les deux cerveaux qui se battent, le sentiment merveilleux d’avoir surmonté cela. 


« En réalité, je n’ai pas peur de tomber en panne ou d’être cambriolée. Je crains de faire une attaque de panique et de ne pas réussir à la gérer. Je redoute de perdre connaissance et que mes filles se retrouvent seules. Je suis terrorisée à l’idée de ressentir ces symptômes terribles, les symptômes de la peur. En fait, j’ai pas peur d’avoir peur. J’ai peur de moi. »


Lire ces mots m’a fait à la fois replonger dans mes crises et m’en a sortie. Je me suis sentie faible puis plus forte, grandie. J’ai lu le mal que ressentait Anna, comment elle vivait avec ça et comment ses filles vivaient en spectatrices de ces attaques. J’ai aimé que cela soit abordé par petites touches, avec humour et justesse. 


Je me suis aussi identifiée à Chloé. Hypersensible, en décalage avec le monde et pourtant vivant le monde si intensément. Contrairement à plusieurs héroïnes décalées, Chloé ne cherche pas à renforcer ce fossé avec de la provocation, elle cherche à s’adapter. Et elle souffre de cette différence. Elle a un côté naïf, son désir d’être aimée est si beau, si enfantin, si douloureux aussi d’une certaine façon car trop peu de personnes peuvent combler un besoin d’amour si grand. 


« On venait de se faire mettre KO par la beauté du monde. »


Assise dans le train, j’ai voyagé avec Il est grand temps de rallumer les étoiles. J’ai découvert des paysages magnifiques, des personnages chaleureux. J'ai beaucoup apprécié les autres camping-caristes, petites touches de vies, d'humour, de troubles, de remises en question. Mention spéciale aux deux petits papis. Bref, je faisais partie du road trip, et j’aime entrer dans ma lecture de cette façon. Je me suis sentie proche de la nature, comme si Virginie Grimaldi m’ouvrait les yeux à travers ceux de Chloé, Anna et Lily. Les descriptions des paysages et l’émerveillement des filles étaient beau à lire. Ca et voir cette famille se ressouder doucement. 


Virginie Grimaldi offre une très belle leçon de vie à ces personnages, et à nous aussi par la même occasion, ajoutant humour et émotions. Je suis étonnée d’avoir autant apprécié ma lecture. En y repensant, un sentiment d’apaisement me vient, je revois les magnifiques paysages que les filles ont traversé. Une petite déception peut-être concernant Julien, mais c’est vraiment pour chercher la petite bête. 


Un roman feel good plein d'amour et de beauté qui donne envie de croquer la vie à pleines dents avec les gens qu'on aime. Une lecture fraiche, vivante qui fait du bien. 


« J’ai l’impression que nous sommes tous à bord d’un bus qui avance inexorablement vers une destination commune. On s’y croise, on s’y perd, on s’y accompagne parfois. Certains en descendent avant le terminus. On ne peut pas le freiner, on ne peut pas l’arrêter quelques instants, on peut juste faire en sorte de s’y sentir le mieux possible.

(…)

Mais je devine déjà l’intersection. Elle approche de plus en plus vite. Chloé va changer de siège. Lily aussi un jour. »



Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)

violences conjugales -  attaques de panique

mercredi 1 septembre 2021

Annie au milieu, de Emilie Chazerand


Titre : Annie au milieu
Autrice : Emilie Chazerand
Edition : Sarbacane
Collection : Exprim'
Parution : 25 août 2021
Nombre de pages : 312
Coût : 17€






4ème de couverture : 

Velma et Harold sont le frère et la sœur d’Annie.
Annie est « différente ». C’est comme ça que les gens polis disent. Elle a un chromosome en plus. Et de la gentillesse, de la fantaisie, de l’amour en plus, aussi. Elle a un travail, des amis et une passion : les majorettes.
Et Annie est très heureuse parce que, pour la première fois, sa troupe aura l’honneur de défiler lors de la fête du printemps de la ville.
Mais voilà, l’entraîneuse ne veut pas d’elle pour cet événement : elle n’est pas au niveau, elle est dodue… Bref : elle est « différente ».
C’est bête et méchant. Ça mord Annie et les siens, presque plus. Alors, qu’à cela ne tienne : Annie défilera, avec son équipe brinquebalante, un peu nulle mais flamboyante.
Ses majorettes un peu barjo. Ses barjorettes, quoi.



Avis : 

Merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi 

Qu’est-ce qui m’a marquée dans Annie au milieu de Emilie Chazerand ? La polyphonie du texte : Velma, Annie, Harold, Velma, Annie, Harold, et ainsi de suite. Chacun sa voix, sa façon de parler, sa vie, ses yeux. Cela m’a vraiment donné l’impression d’un roman familial. J’ai aimé ces trois regards, je pense que j’ai préféré celui de Velma, poétique comme je les aime en ce moment. Des phrases courtes qui reviennent à la ligne, un cynisme d’ado désabusée, un coeur gros comme la Terre. Distincte de la voix d’Annie, enfantine, avec des fautes, mignonne bien que parfois dérangeante. Et puis distincte aussi de celle d’Harold, l’aîné, qui avait un langage plus habituel si je puis dire. Cette alternance de points de vue a vraiment rendu le roman dynamique.

Ca, et la plume fluide d’Emilie Chazerand. J’ai lu la moitié du roman d’une traite, je ne pouvais plus m’arrêter. Je le lisais en lecture commune avec les partenaires de Sarbacane. J’ai peu lu au début, je n’ai pas pris le temps, et puis en une après-midi, ce fut presque bouclé. On peut dire que je n’ai pas du tout respecté le planning de lecture commune. Néanmoins, m’imaginer en communion avec les autres m’a aidé. J’avais commencé à le lire plus tôt, mais les trois premiers chapitres se passant pendant un enterrement m’avaient essoufflée. Trop d’émotions, trop de douleurs, trop de mauvais souvenirs.


L’histoire m’a semblé réaliste, même si, ne connaissant pas cette situation, je ne peux pas juger. Je peux imaginer que Velma et Harold se soient effacés pour Annie. Mais j’ai trouvé cela si dur à lire, les voir passer au second plan, spectateurs de leur propre vie. J’avais envie de leurs crier « Vivez ! Vous avez le droit d’être heureux, d’être égoïste parfois, vivez ! ». Parce qu’ils ont beau aimer Annie d’un amour inconditionnel, cette petite soeur au chromosome en plus prend de la place. J’ai eu l’impression que l’autrice dépeignait avec justesse la vie d’une famille avec un enfant trisomique, comment cela les impacte tous, comment Annie peut créer des tensions, des conflits et les résoudre en un sourire, comment ils peuvent lui en vouloir et l’aimer en même temps.


Et l’amour, c’est la principale composante de ce roman. Il ressort à travers les pages et dans la fin choisie. Bien que j’ai aimé ce happy end, je me demande si ce n’est pas un peu simple, un peu rapide. Mais ça m’a fait du bien, ce bonheur rayonnant, un peu comme un deus ex machina après la tempête.


Annie au milieu a été une très bonne lecture, mais ce n’est pas un coup de coeur, frôlé peut-être, mais pas un coup de coeur et pour plusieurs raisons.


Comme dit plus haut, j’ai vraiment vécu l’enterrement, c’était si fort de revivre cet évènement douloureux. Après ce souffle d’émotions, j’aurais pensé vivre le reste de l’histoire avec autant de force, et ce ne fut pas le cas. De plus, je ne me suis pas attachée aux personnages de Velma et Harold. Je voulais tellement les secouer que cela m’agaçait. Quant à Annie, impossible de ne pas la trouver attachante.


Quoiqu’il en soit, je trouve cela extrêmement important d’avoir un livre ado abordant le thème du handicap, de la trisomie 21, de ses impacts sur l’entourage. Emilie Chazerand a réussi à le faire sans tomber dans le pathos, le documentaire ou le cliché. Annie au milieu est un roman pétillant, dynamique, vibrant d’humour et d’amour.

 

Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
décès d'un proche - enterrement

 

vendredi 6 août 2021

American Royals, de Katharine Mcgee


Titre : American Royals 
Tome 1 de American Royals 
Autrice : Katharine Mcgee
Traductrice : Laureline Chaplain
Editions : Lumen
Parution : Septembre 2019
Nombre de pages : 562
Coût : 16€



4e de couverture : 

Et si une famille royale régnait sur les Etats-Unis ?
Quand les États-Unis ont arraché leur indépendance aux Britanniques, George Washington, général en chef des armées américaines, s'est vu proposer la couronne. Et, au lieu d'insister pour que son pays devienne une république... il a accepté ! Deux cent cinquante ans plus tard, c'est donc la maison Washington qui est à la tête de la première puissance mondiale. Comme la plupart des familles régnantes, elle compte une héritière et un fusible, une éventuelle remplaçante. L'une sera la future reine, l'autre est là pour servir son pays, mais seulement au cas où. Béatrice et Samantha savent depuis l'enfance ce que l'on attend d'elles. Mais elles ne sont pas n'importe quelles princesses. Elles sont américaines, et leur pays est né d'une rébellion... 

À seulement vingt-et-un an, Béatrice, élevée pour régner, a la chance de devenir la première reine du pays, où jusque-là seuls des hommes pouvaient exercer le pouvoir... une réforme du droit de succession a bouleversé son existence, mais son avenir tout tracé devient soudain trop pesant pour elle. Quant à Samantha, elle se soucie peu de briser les règles d'une cour qui se soucie peu de ses incartades – jusqu'au jour où sa sœur est soudain sommée d'épouser l'homme dont elle est tombée amoureuse... Sans oublier Jefferson, le frère jumeau de Samantha, relégué au troisième rang dans l'ordre de succession alors qu'il aurait dû régner, et pris dans une redoutable rivalité amoureuse. 

Déchirés entre leur devoir et des penchants bien humains, les membres de la famille royale américaine se débattent sous les feux des projecteurs et des réseaux sociaux. Personnages irrésistibles, luttes d'influence et secrets d'alcôve... Une duologie sensible et cruelle qui rappelle la série phénomène The Crown, la modernité en plus. Découvrez, sous la plume de Katharine McGee, les mystères de la famille la plus célèbre de l'Histoire, dont les peines et les drames se jouent sur la plus vaste scène qui soit : le monde.

Avis : 

Un jour, je tombe sur ce livre à la bibliothèque, je retiens sans trop savoir pourquoi. Après avoir vu Young Royals (la chronique de ce coup de coeur est disponible sur le blog) je n’avais qu’une envie : retrouver une ambiance identique, une tête couronnée mais humaine, authentique, jonglant entre ses désirs et ses devoirs. American Royals m’est plus ou moins revenu en tête, plus ou moins car j’ai cherché pendant des jours à retrouver le titre avec juste « une histoire de royauté dans les nouveautés ». Une fois le titre retrouvé, je l’ai emprunté à la bibliothèque, ainsi que le 2. 


Malheureusement, ce fut une énorme déception. J’ai trouvé les personnages assez stéréotypés, sans réelle évolution en 500 pages. Ici, la polyphonie ne m’a pas fait le même effet que dans Annie au milieu de Emilie Chazerand (dont la chronique viendra plus tard). Ici, les façons de parler, le vocabulaire, la mise en page, tout était identique. 


Les romances était aussi trop « basique » pour moi. En même temps, j’en ai lu tellement qu’il me faut maintenant un petit truc en plus. Il y en avait quatre, pour les quatre filles bien sûr, on tombe tous amoureux en même temps : l’héritière de son garde du corps, la princesse du fiancée de sa soeur, la roturière du prince, jumeau de sa meilleure amie, et l’arriviste du roturier, meilleur ami de son ex le prince. Bref, un bon imbroglio avec secrets, confusions, erreurs et pas d’alchimie. Sans parler de l'idée de mariage et d'amour éternelle que je ne trouve plus adapté à notre époque.


« Et si une famille royale régnait sur les Etats-Unis ? » forcément, cela aurait changé des choses, et j’aurais aimé avoir plus d’aperçu de la politique, de la vie sous cette royauté. Les quelques petites phrases par-ci par-là ne m’ont pas suffit. De plus, je m’attendais à une famille moderne, du style de Gossip Girl, avec jeans, blazer, marques connues, voitures et autres dépenses exubérantes des milliardaire. Au lieu de cela, j’avais plutôt l’impression d’assister à un reboot de La Sélection de Kiera Cass (j'ose vous renvoyer à un article de 2015 ? Allons-y, n'ayons pas honte). 


Et comme beaucoup de reboot, je ne l’ai pas trouvé à la hauteur. Sur les romances, l’histoires, les personnages et l’écriture. En effet, je l’ai trouvé trop simple, sans style particulier. Original ou traduction ? Je ne sais pas. Mais il faut avouer qu’après Jane Austen (j’ai adoré !) et Emilie Chazerand dans Annie au milieu, avec son écriture si particulière, difficile de suivre. 


Un point positif tout de même ? Les mères de Nina, Julie et Isabelle. J’ai aimé que Katharine Mcgee insère cette relation lesbienne, permettant une identification et une visibilité des relations homosexuelles qui ne s’arrêtent pas au coming out. 


Bien que j’ai lu American Royals en une nuit, je ne pense pas lire le tome 2. Ce n’est plus le genre de romance que j’aime. En ce moment, je recherche quelque chose de plus prenant, corporellement parlant, de plus nouveau et inclusif aussi. 

mercredi 4 août 2021

Et dans nos coeurs, un incendie, de Elodie Chan


Titre : et dans nos coeurs, un incendie 
Autrice : Elodie Chan
Edition : Sarbacane 
Collection : Exprim'
Parution : 1 septembre 2021
Nombre de pages : 244
Coût : 16€





Synopsis : 

L’histoire fiévreuse, acide et romantique de deux ados brûlés par la vie mais sauvés par leur rencontre… 

Isadora a dans la poitrine une poudrière. Elle passe son temps à faire la gueule et voudrait cramer la terre entière. Tristan, lui, a mis son cœur à l’abri dans une cage en acier, si bien qu’à force de ne rien ressentir, il pourrait en crever.
Le jour de leur rentrée au lycée, ils tombent l’un sur l’autre dans les toilettes. Elle a foutu le feu à une poubelle, lui tente de se pendre au-dessus de la cuvette,
        et au moment où les yeux d’Isadora 

                    percutent ceux deTristan 
                                   où leurs fringues se frôlent
                                                où sa chair glacée à lui 
                                                             effleure sa peau brûlante à elle,
                                                                            tout change.

Avis : 

 Je suis sans voix. Dans mon corps, ça vibre, ça bouge, comme de regarder le paysage défiler du train. Dans mon coeur, un incendie, c’est sûr.

Un immense merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi.


Tout mon corps entier vibre d’émotions. Un incendie ? Il y en a un dans mon coeur, et un gros. Elodie Chan m’a fait ressentir tout ce que ressentaient Tristan et Isadora. J’ai pleuré, ris, désiré, ragé avec eux.


Ce livre, c’est une tempête. Une tempête d’émotions et de poésie. Et qu’est-ce que j’ai aimé me plonger dans cette tempête. J’ai eu un électrochoc, envie soudaine de ressentir, ressentir la vie aussi fort que dans le roman.


La plume d’Elodie Chan est électrisante, addictive. J’aime ce genre de plume, poétique, cynique, moderne et ancienne à la fois. Unique. J’ai aussi aimé retrouver Baudelaire. Alors que ce n’est pas mon poète préféré, c’est la deuxième fois qu’il est plus que présent dans une de mes lectures, et cela me donne envie de redécouvrir ses vers. 


Ce livre, c’est un mélange entre Joanne Richoux, dans Les Collisions, PLS ou encore Virgile & Bloom par les personnages, les émotions, le ton, et Clémentine Beauvais dans Décomposée par la poésie, les vers libres. 


La couverture est sublime, simple, mate, elle ressemble à l’histoire.


Je voudrais tellement rendre justice à ce livre, mais je n’y arrive pas. Cela fait exactement deux semaines que je l’ai terminé, et mis à part ces quelques lignes écrites juste après ma lecture, plus aucun mot ne me vient. Quand je pense à et dans nos coeurs, un incendie, je me souviens du choc que j’ai ressenti. Pendant des semaines, j’avais du mal à lire. Virgile & Bloom, de Joanne Richoux, m’a emportée, c’était génial mais après, impossible de lire quoique ce soit. Et dans nos coeurs, un incendie m’a transportée aussi fort, d’une écriture différente, et je n’ai pas pu m’arrêter de lire ensuite. Avant toute chose, je retiens ça : et dans nos coeurs, un incendie m’a redonner l’envie de lire. 


Ce livre, c’est un ovni, je le trouve unique. Comme dans chaque Exprim’, nous avons la bande-son au début, je trouve cela génial, mais ici, les chapitres portent en plus des noms de musique, de quoi étoffer ma playlist ! La mise en page aussi est particulière, envoutante. Des post-it, des SMS, des notes et des dessins côtoient une écriture typographique, elle-même très libre avec des blancs, de l’italique, différentes polices et des mots qui flottent sur la page.


Et dans nos coeurs, un incendie, pour moi, c’est un voyage poétique au coeur même de l’adolescence avec ses peurs, ses doutes, ses colères, ses désirs, ses hésitations… Toutes ces émotions que l’on ressent si fort mais aussi cette absence d’émotion parfois. Je me suis retrouvé dans quelques pages, j’ai vécut et revécut certaines pages. Je vivais à la fois ma vie, et celle de Tristan et Isadora. 


Je crois que je commence à me répéter. Cette chronique n’a plus aucun sens. Mais en même temps, comment en donner un quand on parle du corps ? C’est ça, c’est exactement ça. Pendant deux semaines, j’ai essayer d’écrire avec mon cerveau, d’analyser, mais en fait, et dans nos coeurs, un incendie a parlé à mon corps, et c’est donc mon corps qui parle maintenant, mes mains qui tapent frénétiquement sur mon clavier, mes pensées qui sont à des milles de mon bureau : dans les toilettes d’un lycée, au cimetière du Père Lachaise avec Tristan et Isadora. Et quand je laisse mon corps se nourrir du souvenir de ma lecture, je me rends compte que j’ai envie que tout le monde vive cette expérience, sortir de son corps et revenir dedans avec tant de force. Exactement comme avec Young Royals, la première série à m’avoir fait ressentir cela. 


Donc, parce qu’il faut bien terminer cet article, ceci est une chronique comme un brouillon, mais je n’ai pas trouvé d’autre moyen de vous partager mon ressenti sur et dans nos coeurs, un incendie. C’est une lecture coup de coeur, à n’en pas douter, une lecture coup de poing qui m’a fait me sentir vivante et heureuse. 

 

Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
tentative de suicide - pensées suicidaires