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mardi 15 novembre 2022

Heartstopper tome 1 à 4, de Alice Oseman

   


 Titre : Hearstopper
Tomes 1 à 4 : Une rencontre, Un secret, Voyage à Paris, Choses sérieuses
Autrice : Alice Oseman
Editions : Hachette
Nombre de pages du tome 1 : 272
Parution du tome 1 : 09/10/2019
Coût : 15€





4ème de couverture du tome 1 

Ceci est l’histoire de deux lycéens. 
Nick, le rugbyman au sourire solaire. 
Charlie, le musicien au cœur solitaire. 

Parce qu’ils évoluent dans des cercles différents, 
parce qu’ils n’ont pas le même caractère, 
leur amitié n’était pas gagnée. 


Pourtant, petit à petit, de façon irrésistible, Charlie tombe amoureux. 
Même s’il sait que Nick aime les filles. Même s’il sait qu’il n’a aucune chance. 
Alors, pour ne pas mettre en péril cette amitié naissante 
qui compte pour lui plus que tout, Charlie préfère garder le silence…

Mon avis : 

J’ai enfin terminé la lecture des quatre Heartstopper. Il faut savoir que je les ai depuis déjà quelques mois dans ma bibliothèque et hier, je me suis demandée pourquoi je ne les avais toujours pas lu (j’ai eu la réponse avec le tome 3).


Heartstopper, c’est une saga de roman graphique LGBTQIA+ qui a fait sensation quand elle est sortie, tout le monde en parlait, tout le monde adorait et il y a quelque temps, elle a même eu droit à une adaptation Netflix.


J’avais déjà lu les deux premiers tomes, mais pour l’occasion (et puis, est-ce qu’il faut vraiment une raison pour relire des livres ? Je ne crois pas) j’ai enchaîné tome 1 à 4. Après être partie à la recherche du carnet dans lequel j’avais écrit mon avis sur le tome 1, me revoici avec…seulement 2 lignes de plus. C’était une recherche fructifiante dites-moi (pourquoi est-ce que j’écris comme je parle ? Je crois que ça fait trop longtemps que je n’ai pas chroniqué, ça me manque et du coup, je suis toute contente de revenir).


Oh j’ai oublié de prévenir, cette chronique parlera des quatre tomes, donc si vous ne les avez pas lu, gare aux spoils.


Lors de ma première lecture du tome 1, j’avais été un peu déçue. J’en avais entendu tant et tant de bien, que Une rencontre n’avait pas pu toucher le coup de coeur. Attention hein, je ne dis pas que je n’avais pas aimé, c’était mignon, mais sans plus. J’avais trouvé les dessins un peu trop simplistes, ils m’empêcher de discerner les émotions des personnages sur leur visage. 

J’avais préféré le tome 2, plus…immersif ? On voit vraiment Nick se débattre avec ses différents sentiments, , on le voit se chercher, évoluer…On découvre aussi ses peurs, ses doutes, ses réflexions, il est désemparé. Charlie et lui se sont avoués leurs sentiments mais ils cachent leur relation. Je n’ai pas trouvé ça honteux, juste mignon, comme vouloir garder un amour pour soi. Dans ce tome, les dessins m’ont montré ce premier amour avec les joues qui rosissent (je précise qu’on est on en noir et blanc, alors comment j’ai pu avoir cette réflexion ?) et les yeux qui pétillent. J’ai même versé ma larme lors de la scène entre Nick et sa mère, tant de bienveillance et  d’amour s’en dégagent. 


Donc si je résume mon avis d’antan, c’était une bonne lecture mais pas un coup de coeur, avec une très belle progression entre le tome 1 et le tome 2. 

Sauf que quand j’ai repris ma lecture hier, toute attentes et ressentiments avaient disparu. J’ai juste pris l’histoire de Nick et Charlie comme elle venait, et ça change tout ; j’ai bien plus apprécié cette seconde lecture. Certes, les dessins restent enfantins, mais là où j’y avais vu un point noir, j’y vois maintenant un atout. Que je m’explique. J’ai comparé l’évolution des dessins avec le fait de faire connaissance avec quelqu’un : plus on s’approche, plus certaines choses nous sautent aux yeux.


Eeeeet en fait je bloque à partir du tome 3. Je lis, toute contente les préparations au voyage à Paris. Je suis heureuse de retrouver Tara et Darcy ainsi que les amis de Charlie. Dans ce tome beaucoup plus gros que les précédents, les personnages secondaires sont bien plus développés, autant dans le dessin que dans leur histoire. Et là, un regard de Nick suffit à me rappeler pourquoi je ne l’avais pas lu. C’est fou, comme d’un coup, un trait de crayon peut glacer le sang : Nick regarde l’assiette pleine de Charlie. Je comprends de suite où Alice Oseman veut nous amener. C’est un peu survolé, mais dans le tome 4, ça prend quasiment toute la place : Charlie souffre de troubles alimentaires et est hospitalisé. J’ai voulu terminé ma lecture, mais je devais faire des pause à chaque page pour ne pas pleurer dans le train, et en écrivant ça, je pleure devant mon ordinateur. Stop. Je peux plus donner mon avis.


Est-ce que je publie quand même cet avis qui n’est absolument pas construit et approfondi ? Est-ce que je m’ouvre sur internet ? Oui, parce que l’idée d’écrire sur Nick et Charlie m’obsédait toute la journée et me remplissait de joie. Oui parce que c’est un sujet important, mais surtout, que c’est une très bonne lecture. Je remercie l’autrice et l’édition d’avoir mis un trigger warning sur ce tome 4, il n’en tenait qu’à moi de le prendre en compte, chose que je n’ai pas fait, car si je n’y fais pas attention, c’est que ça ne me touche pas n’est-ce pas ? Question rhétorique stupide, ça ne marche pas comme ça, ne faite pas comme moi, protégez-vous.


On respire, et on termine cette chronique. J’ai apprécié ma lecture des deux premiers tomes, cela a été plus compliqué pour les deux suivants dû à mon histoire. Mais j’ai trouvé ces tomes très bien fait, donnant les informations nécessaires sans que cela soit lourd, apportant une note positive sans que cela soit irréaliste et niais. Ce que je veux retenir, c’est que j’ai hâte de lire le tome 5 qui sort en février !

dimanche 8 août 2021

Peau d'homme, de Hubert et Zanzim


 titre : Peau d'homme 
 scénariste : Hubert
 coloriste et dessinateur : Zanzim
 éditions : Glénat
 collection : 1000 feuilles
 nombre de pages :  160
 parution : 3 juin 2020
 coût : 27€
 récompenses : Grand Prix RTL 2020, Prix Wolinski de la BD du Point 2020, Grand prix de la critique ACBD 2021, Prix Landerneau BD 2020 , Prix Ti-Zef 2020, Fauve des Lycéens 2021 au Festival d'Angouême, Prix des Libraires Canal BD 2021, Prix BDstagram 2020, Prix Imaginales de la bande dessinée des bibliothécaires 2021


4ème de couverture : 

Sans contrefaçon, je suis un garçon !

Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité.

La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l’objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l’instrument d’une domination à la fois sévère et inconsciente ?

À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité… mais pas que. En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l’humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d’homme nous invite tant à la libération des mœurs qu’à la quête folle et ardente de l’amour.


Avis : 

Bon allez, je me jette à l’eau, je rédige ma chronique de Peau d’Homme. Qu’est-ce que je peux dire à part que cette BD fut un coup de coeur ? Que j’aimerais que tout le monde la lise ? 


L’histoire se déroule dans la Renaissance italienne. Bianca, l’héroïne, va se marier avec Giovanni, un homme qu’elle connait à peine. Sa tante lui apprend alors un secret de famille : les femmes se transmettent depuis des générations une peau d’homme. Grâce à cette peau, Bianca peut rencontrer son fiancé, apprendre à le connaître sous les traits de « Lorenzo ». Elle va alors découvrir une liberté grisante qu’elle ne possède pas en tant que femme, mais aussi que Giovanni préfère les hommes aux femmes. Petit à petit, il tombe amoureux de Lorenzo, et Bianca mène une double vie : homme libre, heureux et amant comblé de Giovanni, et femme soumise, intriquée et délaissée par son mari. En parallèle de l’évolution de Bianca nous avons l’évolution de la société. Fra Angelo, empli d’un fanatisme religieux à faire peur, commence à resserrer son emprise sur les femmes, puis sur les hommes.


Bianca devient la figure de la liberté. Liberté sexuelle, liberté de pensée, liberté de vie. Autour d’elle gravitent différents personnages plus ou moins extravertis. J’ai aimé cette diversité de vies qui représente la société actuelle. 


Parce que, Peau d’homme, comme souvent avec le principe d’éloignement, est terriblement actuelle. Elle aborde divers thèmes : la religion, le sexisme, le travestissement, l’homosexualité, la liberté… Elle pourrait faire penser aux Fables de Lafontaine, entre humour et morale, prônant la tolérance.


J’ai apprécié qu’il s’agisse d’une bande dessinée et non d’un roman. Le graphisme apporte vraiment quelque chose ici, peut-être un côté plus abordable ? Les dessins de Zanzim sont tous simples, avec certains traits enfantins, flous et très colorés. Cela ajoute à la mise à distance je trouve.

J’ai aimé voir les corps, voir la peau de Lorenzo dans sa boîte, voir Bianca l’enfiler comme un vêtement, voir les corps des uns et des autres se toucher, se coller. 


Pour moi Peau d’homme nous livre une véritable réflexion sur la société moderne. Prise de conscience, à travers la satire, de la dualité inéluctable des extrêmes mais aussi de l’importance de la liberté et de la difficulté à se battre pour elle. 


Je me répète, mais j’aimerais que tout le monde lise cet ouvrage.

jeudi 22 juillet 2021

Le Manifeste des 343, L'Histoire d'un combat, de Hélène Strag, Adeline Laffitte et Hervé Duphot


Titre : Le Manifeste des 343, L'Histoire d'un combat
Scénaristes : Hélène Strag et Adeline Laffitte
Illustrateur : Hervé Duphot 
Edition : Marabulles
Nombre de pages : 144
Parution : 7 octobre 2020
Coût : 17,95€



4ème de couverture : 

Fin 1970, Nicole, jeune documentaliste au Nouvel Observateur s’indigne du sort des femmes obligées d’avorter clandestinement. Elle décide de mettre en place une action d’envergure avec le Mouvement de Libération des Femmes et de monter un « scoop » destiné à changer la société et les mentalités… 
Ce sera le Manifeste des 343, rédigé par Simone de Beauvoir, signé par 343 Françaises connues ou inconnues et publié par le Nouvel Observateur le 5 avril 1971, alors que l’avortement était illégal en France. Cette audace a marqué l’histoire du féminisme français et ouvert la voie à la loi Veil dépénalisant l’avortement, adoptée en 1975. 

Du manifeste des 343, l’Histoire a surtout retenu la couverture satirique de Cabu 
dans Charlie Hebdo. 50 ans après, les auteurs ont voulu revenir sur les événements qui ont conduit à sa parution dans Le Nouvel Observateur et redonner à chacun·e son rôle légitime.


Avis : 

Une fois n'est pas coutume, je vous parle d'une bande dessinée, et je voulais tellement la lire celle-ci aussi. C’est maintenant (depuis juin mais bon) chose faite grâce à mon stage dans un CDI (bah quoi, en faisant l’inventaire, je l’ai emprunté ;)


L’avortement est pour moi un sujet extrêmement important. Je le considère comme un droit, un droit qu’à chaque femme de pouvoir choisir sa grossesse, son corps, sa vie. Mais c’est un droit pour lequel il faut se battre, encore aujourd’hui, et je dois avouer que je ne connaissais pas vraiment son histoire. 


Le Manifeste des 343, l’Histoire d’un combat fut donc une lecture à la fois dure et nécessaire. Dure, car le sujet, certaines images, certains histoires m’ont mis un coup, nécessaire car je pense qu’il faudrait connaître l’histoire de chaque combat. On connaît la création de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyens, mais on ne connaît pas, ou peu l’histoire du droit à l’IVG, du droit de vote des femmes et de tant d’autres droits. 


J’ai beaucoup appris dans cette bande dessinée romancée. Elle a fait le lien avec la bande dessinée Simone Veil : L’Immortelle illustrée aussi par Hervé Duphot. 

J’ai appris comment l’idée d’une pétition signée par des femmes ayant avorté est née dans l’esprit d’une journaliste. J’ai appris la difficulté que cela a été de mettre en place ce manifeste. J’ai appris le travail de groupe entre le journal, la journaliste et le MLF. J’ai revu des choses que je trouve aberrantes : les décès suites aux avortements clandestins, le danger pour les médecins pratiquant cela de façon saine. J’ai eu froid dans le dos.


Encore une fois, je trouve que le format est parfait. Nous avons les pages aux différents tons chauds qui nous permettent de nous retrouver (le ton changera si l’on ne suit plus le même personnage) et qui sont entrecoupées de pages noires : les infos télévisées. J’ai trouvé cela très intéressant, petite parenthèse nous plongeant encore plus dans le passé. 


Cette bande dessinée, c’est un devoir de mémoire pour moi, une lecture indispensable pour se souvenirs des horreurs du passée afin de ne pas les reproduire, de continuer de se battre.


Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)

avortement  - saignements - 


Un peu de dates : 


1967 : légalisation de la contraception, malheureusement, encore trop peu démocratisée et uniquement pour les femmes majeures de plus de 21 ans.

1970 : création du MLF, Mouvement de Libération des Femmes, mouvement féministe, autonome et non-mixte

28 août 1970 : le MLF dépose, sous l’Arc de Triomphe, une gerbe de fleurs pour la « femme du soldat inconnu »

5 avril 1971 : Manifeste des 343 dans le Nouvel Observateur, 343 femmes signent une pétition disant avoir avorté et souhaitant la dépénalisation de l’avortement 

juillet 1971création de l'association Choisir par Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi, mouvement de lutte pour la dépénalisation de l'avortement 

octobre et novembre 1972 : procès de Bobigny. Procès d'une jeune mineure ayant avorté après un viol et de 4 femmes majeurs, complices ou pratiquante, défendues par Gisèle Halimi.

3 février 1973 : Manifeste des 331 dans le Nouvel Observateur, 331 médecins signent une pétition disant qu’ils pratiquent l’avortement 

avril 1973 : création du MLAC, Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception avec pour objectif la diffusion d'une information sexuelle, la liberté de la contraception et l'avortement
décembre 1974 : Loi sur la contraception libre et gratuite, par Simone Veil qui autorise les centres de planning familial à délivrer aux mineures à titre gratuit et anonyme des contraceptifs sur prescription médicale, sans limite d'âge
12 janvier 1975 : Loi Veil, dépénalisation de l'avortement