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mardi 10 octobre 2023

Un livre à travers des citations : L'enfant qui, de Jeanne Benameur


Titre : L'enfant qui
Autrice : Jeanne Benameur
Editions : Acte sud
Nombre de pages : 128
Parution : mai 2017
Coût : 13,80€ (existe en poche)






4e de couverture : 

Trois trajectoires, trois personnages mis en mouvement par la disparition d’une femme, à la fois énigme et clé.
L’enfant marche dans la forêt, adossé à l’absence de sa mère. Il apprend peu à peu à porter son héritage de mystère et de liberté. Avec un chien pour guide, il découvre des lieux inconnus. À chaque lieu, une expérience nouvelle. Jusqu’à la maison de l’à-pic.
Le père, menuisier du village, délaisse le chemin familier du Café à la maison vide. En quête d’une autre forme d’affranchissement, il cherche à délivrer son corps des rets du désir et de la mémoire.
Et puis il y a la grand-mère, qui fait la tournée des fermes voisines, dont le parcours encercle et embrasse le passé comme les possibles.
Porté par la puissance de l’imaginaire, L’Enfant qui raconte l’invention de soi, et se déploie, sensuel et concret, en osmose avec le paysage et les élans des corps, pour mieux tutoyer l’envol.

Mon avis :


 " Les paroles qui font juste ce qu'il faut de bruit pour se sentir vivants, ensemble." 
p33

L’écriture de Jeanne Benameur est bien particulière, une ponctuation qui sonne étrangement à nos oreilles, un vocabulaire simple, à hauteur de l’enfant que nous suivons, impossible de ne pas se laisser emporter par ses mots. 


Cet enfant, c’est « l’enfant », c’est « tu », nous n’en savons pas plus, et cela interroge. Qui est-il ?Pourquoi cette adresse ? Alors que les autres personnages sont décrits, détaillés, lui reste non identifié.  Sa solitude est alors renforcée car, bien qu’il partage les pages avec son père et sa grand-mère, seule l’absence de sa mère compte. Le narrateur s’appuie sur ce manque pour parler à l’enfant, le raconter.  


"Alors reviennent les mots tapis dans sa bouche. Ils vibrent entre tes côtes. Tu poses ta main sur ta poitrine d'enfant." 
p39

"La grammaire de cette langue ne s'apprend nulle part. Personne ne peut l'enseigner. C'est une langue sauvage. Qui va sa route de corps en corps, ne se donne que par le silence de la peau. Une langue aveugle comme peut l'être le petit au creux du corps de la mère, pas encore livré au monde. C'est ma langue des rêves assourdis et des mythes des hommes." 
p56


On découvre la mère à travers les pensées et les souvenirs des trois personnages. La mère devient la personnification du monde, en cherchant à la comprendre, ils cherchent en fait la signification de la vie elle-même. 


"Son nom lancé dans l'air du soir,  c'était un étrange plaisir, il se souvient. Il existait plus fort dans l'appel de sa mère. Dans cette voix qui le hélait au crépuscule. Bien plus fort que lorsqu'il était présent devant elle." 

p76

"Est-ce qu'un nom voyage bien après que toute voix s'est tue ? est que les branches basses des arbres le portent jusqu'à leur sommets et le nom, porté par le souffle du vent, doucement, comme un petit dans la mâchoire d'un mère, découvre l'étendue de la canopée de la forêt. Combien de temps faut-il pour qu'un nom redescende jusqu'à l'oreille de celui qui et nommé ? 

p106


Ce petit livre d’une centaine de pages ne retrace qu’une seule journée, où l’important n’est pas les actions mais les réflexions qui en découlent. Jeanne  Benameur nous fait entrer dans un univers onirique où la nature tient une grande place, en osmose avec le corps. L’enfant, accompagné d’un chien, se promène dans la forêt, se faufilant dans des recoins, sentant la terre sous ses pieds, l’humidité dans l’air. Là, il peut laisser parler le silence, crier, chanter, écouter.


"Tu t'arrêtes toi aussi, le silence du pelage sous la main." 
p37

" Ton chant t'allèges de tous les regards de tous les cris de tous les silences.
Ta vie peut se mêler à toute vie. Tu rejoins tout ce qui vit tout ce qui meurt. Tu fais partie. Il n'y a plus de temps." 
p25


Jeanne Benameur nous livre ici un conte initiatique où l’enfant doit apprendre à grandir, le père à vivre sans sa femme. Ces personnages cherchent à se reconstruire après la disparition de l’être aimé, la femme, la mère. Comment raconter ce déchirement entre une mère et son enfant ? Où chercher la force pour avancer ? A travers leur douleurs et leurs blessures qui réapparaissent les personnages se tournent vers le passé et leurs souvenirs afin de reprendre le contrôle sur leur vie.


"Adossé à son absence, tu entames le périlleux voyage.
Tu te ramasses dans sa bouche close. Tu roules avec les mots engloutis. Ils sont là. Durcis vibrants retenus. Comme avant les nuages gris fer juste avant qu'éclatent les pluies drues des printemps.

Ils t'attendent." 

p36


"Tu t'affoles. J'entends ta respiration. Elle bute sur quelque chose de dur dans ta poitrine. Tu cours tu lutte contre ce qui durcit, là, une pierre. Entre tes côtes, l'air siffle et se serre. Alors tu sens que tu es toujours vivant. Par la douleur. C'est une rude façon mais c'est la seule que tu possèdes." 

p13


L’enfant qui, ça pourrait être un partie de notre histoire, des bribes d’émotions que chacun peut ressentir. L’harmonie des mots nous portent, on est dans la forêt, on est le père, la grand-mère, mais surtout l’enfant avec ce tutoiement qui le rend universel. Une quête, non pas du bonheur mais de l’apaisement qui, j’espère, vous touchera autant que moi.

"Il partira comme elle. En voleur. Voleur de quoi ? de la peine qu'on fait ? Celui qui part, est-ce qu'il doit toujours sentir qu'il a volé quelque chose ? 
p108

lundi 26 septembre 2022

La saga Hadès & Perséphone, de Scarlett St Clair

            Hades et PersephoneHades et Persephone - Tome 01 A touch of DarknessHadès et Perséphone, tome 2 : A touch of ruin par St. Clair   Hadès et Perséphone, tome 3 : A touch of malice par St. Clair

Titre : Hadès & Perséphone
Tome1 : A Touch of darkness
Tome 2 : A Touch of Ruin
Tome 3 : A Touch of malice
Edition : Hugo Publishing 
Collection : New Romance
Nombre de pages du tome 1 : 429
Parution du tome 1 : 5 mai 2022
Coût : 18€


4ème de couverture du tome 1

Perséphone n'est la déesse du printemps qu'en titre. Depuis qu'elle est toute petite, les fleurs se ratatinent à son contact. Après s' être installée à New Athens, elle espérait mener une vie discrète, dans la peau d'une journaliste mortelle. Tout change lorsqu'elle s'assied dans une boîte de nuit clandestine pour jouer une partie de cartes avec un étranger hypnotique et mystérieux.

Hadès, le dieu des morts, a bâti un empire du jeu dans le monde des mortels et ses paris favoris sont réputés impossibles. Mais rien ne l'a jamais intrigué autant que la déesse qui lui offre une aubaine laquelle il ne peut résister. Après sa rencontre avec Hadès, Perséphone se retrouve liée par un contrat avec le Dieu des morts, et ses conditions sont impossibles : Perséphone doit créer la vie dans le monde souterrain ou perdre sa liberté à jamais. Le pari ne se limite cependant pas à exposer l'échec de Perséphone en tant que déesse. Alors qu'elle s'efforce de semer les graines de sa liberté, son amour pour le Dieu des ténèbres grandit - un amour à la fois envoutant et interdit.

Mon avis sur les 3 tomes

Attention, cette saga contient ENORMEMENT de scènes de sexe, qui par ailleurs ne sont pas du tout représentatives d'une sexualité épanouie.


Cette chronique se fera en deux temps : la première partie qui vous scandera mon amour pour la saga, et la deuxième, plus détaillée, pour ceux qui ont déjà lu Hadès et Perséphone. Pourquoi cette forme me demandez-vous ? Parce que j’ai lu les trois tomes en lectures communes avec des copines et qu’on les a enchainé, j’aurai donc du mal à me bien distinguer chaque tome pour une chronique. 


La première chose que je tiens à souligner est que Hadès et Perséphone est une romance extrêmement érotique ; ils « baisent » (pour utiliser les mots de l’autrice) quasiment à chaque chapitre. Les scènes sont explicites et il faut le savoir avant de commencer cette saga. 


Ensuite, que raconte Hadès et Perséphone ? Il s’agit d’une réécriture du mythe grec dans notre monde moderne. Perséphone est une déesse inconnue car sa mère, Déméter, a caché son existence aux dieux et aux humains. Quand le livre débute, cela fait trois ou quatre ans que Perséphone est enfin sortie de chez sa mère pour vivre une vie de mortelle, avec, bien sûr, quelques conditions qu’elle ne va pas respecter. 


L’évolution du personnage est assez incroyable. On passe petit à petit d’une fille timide à une jeune femme fière, puissante, menaçante, une véritable reine et déesse. J’ai aimé voir cette évolution, même si parfois je dois avouer qu’elle m’exaspérait, comme si elle prenait trop la confiance et se croyait au dessus des autres, comme les autres dieux qu’elle critique. 


Les personnages secondaires sont aussi très bien décrits, perdant parfois un peu de place à mon goût. Je suis une véritable fan de Lexa, j’aime aussi beaucoup Sybille, Thanatos, Yuri…Je me méfiais de Leucé, mais ça, seul le tome 2 vous le dira ;) J’ai aimé découvrir les autres dieux à travers les yeux de Perséphone, j’ai aimé qu’elle se trompe, qu’elle change d’avis vis à vis d’eux et j’ai hâte de rencontrer de nouveaux Olympiens dans le troisième tome. J’ai l’impression qu’à son contact, ils deviennent plus « humains »


Pour ce qui est d’Hadès, il est dépeint comme le dieu sexy par excellence, puissant, virile, mystérieux…Il est tout simplement parfait, un pur fantasme. Malgré tout, il y a quelques petites choses qui m’ont dérangée : la violence des rapports sexuels, la jouissance à chaque fois, rapide comme l’éclair, ses mensonges, son manque de communication et il avait comment dire…. Un côté oppressant. J’ai du mal à comprendre comment ce dieu si vieux et si puissant a pu s’éprendre d’une vierge toute innocente comme Perséphone.  Mais bon, la volonté des Moires…


Pour ce qui est du tome 3, ce fût une déception. J’ai trouvé qu’il ne servait pas à grand chose ; à la fin du tome 2, au moment où Perséphone accepte d’épouser Hadès (mais WTF ? Ca aussi on y reviendra mais ma cocotte, c’est ton premier copain, tu dois pas avoir plus de 25 ans et tu te maries ???) il se met à neiger, déclaration de guerre de la part de la déesse des moissons Déméter (j'ai aimé ce petit clin d'oeil à l'histoire mythologique et à l'enlèvement de Perséphone). Je m’attendais donc à ce que le tome 3 tourne autour de la guerre, mais non, on ne parle que très peu de Déméter, et à la place, un groupuscule attaque les dieux et leurs favoris. Je dois avouer que je n’ai pas très bien compris cette intrigue, nous sommes face à une nouvelle titanomachie. Mais comme d’habitude, ce n’est pas cela qui va empêcher Hades et Perséphone de coucher dans toutes les situations possibles. C’est marrant deux minutes, mais bon après ça devient lassant. 

Petit plus dans ce tome, on rencontre encore de nouveau dieux. Dès le début, Hermes était mon préféré, et il le reste encore dans ce tome, blagueur, attentionné, enfantin… Il a tout du meilleur ami parfait du héros. On découvre aussi les failles d’Aphrodite et d’Apollon, chose que j’ai beaucoup apprécié. Cela les rends plus humains, on comprend mieux leurs actions et on s'éloigne de l'idée que les divins nous sont supérieur. On voit que Scarlett St Clair a fait beaucoup de recherche pour étoffer ses personnages. Outre ses 4 dieux que nous connaissions déjà, Perséphone et le lecteur rencontrent tous les autres Olympiens, et je dois dire que ce sont des moments assez étonnants. J’avais l’impression d’être en face d’un comité de lycéens, et non des dieux les plus puissants qui ont existé. Et apparement, Perséphone a eu la même impression car elle ne s’est pas privée de les rembarrer. Je ne sais duquel entre Zeus et Poséidon était le plus lubrique. Et malheureusement, par rapport à Aphrodite et Apollon, je les ai trouvé très plats : deux vieux dieux qui n'ont que faire de la vie des mortels et qui ne pensent qu'à leur pomme. C'est pourquoi c'était si étonnant (et un peu amusant je dois avouer) de voir Perséphone leur tenir tête. Notre héroïne devient de plus en plus confiante et de plus en plus puissante, je me demande si ce n'est pas elle dont parle la prophétie de fin...

Bien que ce tome 3 m'ait déçue, j'ai quand même extrêmement hâte de lire la suite. Cette saga est additive au possible. Elle est bien écrite, reprend les mythes grecs et les place dans notre monde contemporain. On voit que Scarlett St Clair a fait énormément de recherches. Les personnages sont attachants, Lexa, Hermes, d'autres un peu plus têtes à claque, Hermès, Perséphone, mais en même temps, ça fait du bien de voir une héroïne se battre pour se qu'elle veut. Finalement, elle est comme nous, elle a des désirs, de la colère en elle, qu'elle ne sait pas canaliser. Elle apprend petit à petit, échoue parfois, mais progresse, quoiqu'il arrive. Et je veux retenir ça, quoiqu'il arrive, quelques soient nos échecs, ils nous font progresser. 

samedi 10 septembre 2022

J'ai égaré la Lune, de Erwan Ji


Titre : J'ai égaré la lune
tome 2
Auteur : Erwan Ji
Edition : Nathan
Nombre de pages : 464
Parution : 15/03/2018
Coût : 16,95€










4ème de couverture : 

Quand j'étais petite, j'imaginais ma vie à vingt ans. J'irais à la fac à New York, je partagerais une petite chambre avec une coloc râleuse, et mon copain m'appellerait "chérie". Je viens d'avoir vingt ans. Je vais à la fac à Tokyo, je partage une grande maison avec six colocs géniaux, et ma copine m'appelle "ma petite otarie". Alors oui, je suis peut-être pas très forte en imagination de vie. Mais tu sais quoi ? C'est pas grave. La vie, c'est comme une blague. C'est plus rigolo quand t'as pas deviné la fin.

Mon avis :

 Je me souviens avoir adoré J’ai avalé un arc-en-ciel que j’avais découvert par hasard dans mon CDI en seconde ou en première ; je l’avais même lu deux fois ! Quand J’ai égaré la Lune est sorti, j’ai hésité à le lire, j’avais peur d’être déçue. J’ai attendu longtemps et je n’ai pas pu m’empêcher de l’emprunter à la bibliothèque. Et qu’est-ce que j’ai aimé ! 

Puce et Aiden, toujours ensemble, entame leur deuxième année d’études post-bac et pour cela, elles s’envolent au Japon ! Malheureusement, Aiden a une proposition de stage à Los Angeles qu’elle ne peut refuser, et Puce se retrouve seule à Tokyo.

J’ai adoré découvrir ce pays à travers ses yeux. J’aime sa façon de penser en deux langues : français et anglais, de comparer les expressions et les habitudes des Tokyoïtes. J’étais complètement dépaysée, ce voyage me faisait un bien fou moi qui suis coincée dans ma clinique. 

Les lettres arc-en-ciel d’Aiden en français étaient magnifiques. C’était tellement beau de découvrir des bribes de leur histoire à travers ce français bancal mais aimant. 

J’aime toujours le style d’Erwan Ji, le blog de Puce, comme un journal intime, est entrainant, fluide. On a accès à ses pensées, aux évènements, parfois avec du recule, aux anecdotes…

Puce m’a encore une fois fait tombée sous son charme. Rigolote, spontanée, maladroite, elle se remet en question et veut le Vivre, le grand Vivre, elle ne veut plus attendre et veut tout découvrir. J’ai aimé ce côté de sa personnalité. 

Avec J’ai égaré la Lune, j’ai retrouver le goût de vivre, le Vivre que cherche Puce. J’ai tout ressenti avec elle, ses peurs, ses joies, ses doutes. Je vivais avec elle, dans sa colocation japonaise. Grande colocation d’ailleurs puisqu’ils étaient 6 et tous d’origines différentes. Ca apportait beaucoup de diversité culturelle au roman, et Erwan Ji n’a pas lésiné sur les informations japonaises sans pour autant nous écrouler dessous.

Cette lecture était parfaite. Je ne sais si c’est le contexte dans lequel je l’ai lue, mais je n’ai rien à redire dessus. Elle aborde de multiples thèmes : le voyages, la découverte, les relations à distance, la colocation, la maladie, « l’analphabétisme de luxe ». Mais surtout, et je ne le répèterai jamais assez, Puce, tu m’as donné envie de Vivre.

samedi 20 août 2022

C'est comme ça que je disparais, de Mirion Malle


Titre : C'est comme ça que je disparais
Autrice : Mirion Malle
Edition : Edition La Ville Brule
Nombre de pages : 208
Parution : 17/01/2020
Coût : 19€




 TW : dépression, santé mentale

4ème de couverture 
L’autrice et dessinatrice Mirion Malle a fait des études de bande dessinée l’ESA Saint-Luc (Bruxelles) et est également titulaire d’un master de sociologie, spécialité études féministes. Bien connue pour ses BD didactiques, elle a publié en 2016 Commando Culotte (aux éditions Ankama, Label 619), en 2017, elle illustre Les règles, quelle aventure ! (textes d’Elise Thiébaut, éditions la ville brûle), un livre sur les règles destiné aux pré-ados et aux ados. En janvier 2019, elle publie La Ligue des Super Féministes (éditions la ville brûle).

Très attendue, il s’agit de la première BD de fiction de Mirion Malle, bien connue pour ses BD didactiques aussi percutantes qu’hilarantes. Elle nous livre avec C’est ainsi que je disparais une tranche de vie douce-amère, très « nouvelle vague » dans la façon dont l’héroïne et les personnages qui gravitent autour d’elle donnent à voir leurs difficultés, leurs peines, leur relations amicales et amoureuses. Mirion Malle nous entraîne au plus près des personnages et de leurs émotions, et surtout au plus près du mal-être et de la dépression vécue par l’héroïne, Clara, dans laquelle nombre de jeunes adultes se reconnaîtront.

Cette BD aborde en effet le sujet de la santé mentale et de la dépression. Et Mirion Malle, avec le talent qui est le sien, le fait avec énormément de sensibilité et de pudeur, par petites touches impressionnistes et sensibles composant un tableau particulièrement touchant.

On retrouve par ailleurs dans cette première BD de fiction des thèmes qui traversent ses autres ouvrages (la sororité, le soutien, l’écoute, les chansons des années 2000, la communication et les réseaux sociaux) et on y découvre la vie à Montréal (et le parler québécois qui va avec !).

Mon avis 
J'utilise cette bande dessinée pour vous parler de moi, de mon année. Comme Clara, l'héroïne, j'ai eu le goût de mourir, comme elle j'ai souffert de dépression, et comme elle, mes proches avaient du mal à comprendre.
Clara a subit un traumatisme et ne s'en remet pas. Elle se sent vide, perdue, elle s'efface, s'isole... Elle essaie de lutter, mais entre crises d'angoisse et phases dépressives, difficile pour elle de remonter la pente malgré l'inquiétude de son entourage.

Je n'ai pas subit de traumatisme, j'avais tout pour être heureuse, comment, pourquoi suis-je tombée si bas ?
J'au lutté d'octobre à mai en janvier, mon amoureux, qui était devenu mon seul pilier, m'a quittée, et j'ai sombré ; je voyais une psychologue et un psychiatre régulièrement. Il y avait des moments où ça allait, je suis partie à Lyon, à Bruxelles, à Florence. Mais il y avait toujours ce nuage noir au dessus de ma tête. Même entourée je me sentais seule, je faisais semblant, je me calquais sur les autres, prenais leur comportement. Parfois je n'arrivais pas à me lever, je ne pouvais plus lire, je m'alimentais mal. 
Et puis en mai, j'ai appris le cancer de ma mamie, j'avais déjà perdu mes deux autres grands-parents ces quatre dernières années. Ca été trop, je n'ai pas pu, j'ai déconné, je crois que c'était une façon pour moi de gérer, et d'appeler à l'aide. 
J'ai été entendu. J'ai d'abord été hospitalisée à domicile. Je n'arrivais toujours pas à lire. Je ne me sentais pas mieux, je faisais semblant. Et puis ça n'a plus suffit ; j'ai été hospitalisée trois semaines à Charles Perrens puis un mois et demi à la clinique Béthanie. 
Mes idées noires se sont peu à peu dissipées, même si je sens encore la présence de se nuage noir qui peut m'engloutir n'importe quand, de ce crabe d'angoisse qui me grignote de l'intérieur, et même si ma dépression s'est calmée, elle a exacerbé mes troubles alimentaires. 
J'ai vécu dans une bulle pendant près de deux mois et c'est cette bulle qui m'a redonné envie de lire. Je ne savais pas si je voulais vivre, j'avais besoin de soutient, de voir d'autres vies que la mienne, des vies heureuses, des vies "normales"

"Entre la vie et la mort, il y a une bibliothèque, dit-elle. Une bibliothèque aux étagères sans fin. Où chaque livre offre une chance d'essayer une vie que tu aurais pu vivre. Une occasion de voir comment cela se serait passé si tu avais fait d'autres choix... Aurais-tu fait autre chose si tu avais eu la possibilité d'effacer tes regrets ?"
La Bibliothèque de minuit, de Matt Haig

Et ça a marché. J'ai retrouvé goût à la lecture, un petit peu à la vie. Je vais continuer de lutter, lutter contre mes troubles de la personnalité et lutter contre l'anorexie. Parce que je veux vivre, je veux travailler dans les métiers du livre, comme Clara (étrange coïncidence n'est-ce pas ?), valider ma L3 à Paris en 2024 et entrer en master édition et commercialisation du livre.

Je me suis retrouvée dans C'est comme ça que je disparais. Ce n'est pas toujours facile pour nos proches de vivre ça, ils peuvent être maladroits, ne pas comprendre bien qu'habités des meilleurs intentions, et je trouve que Mirion Malle a parfaitement bien retranscrit ça, avec des pistes pour nous soutenir ; je l'ai fait acheté à mes parents.

Si vous avez connu la dépression, ou connaissez quelqu'un qui en souffre, ou juste parce que la santé mentale est importante et qu'il faut lire des livres dessus, lisez cette bande dessinée. Et vivez, je vous en prie, vivez de tout votre coeur.

Enora

dimanche 8 août 2021

Peau d'homme, de Hubert et Zanzim


 titre : Peau d'homme 
 scénariste : Hubert
 coloriste et dessinateur : Zanzim
 éditions : Glénat
 collection : 1000 feuilles
 nombre de pages :  160
 parution : 3 juin 2020
 coût : 27€
 récompenses : Grand Prix RTL 2020, Prix Wolinski de la BD du Point 2020, Grand prix de la critique ACBD 2021, Prix Landerneau BD 2020 , Prix Ti-Zef 2020, Fauve des Lycéens 2021 au Festival d'Angouême, Prix des Libraires Canal BD 2021, Prix BDstagram 2020, Prix Imaginales de la bande dessinée des bibliothécaires 2021


4ème de couverture : 

Sans contrefaçon, je suis un garçon !

Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité.

La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l’objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l’instrument d’une domination à la fois sévère et inconsciente ?

À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité… mais pas que. En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l’humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d’homme nous invite tant à la libération des mœurs qu’à la quête folle et ardente de l’amour.


Avis : 

Bon allez, je me jette à l’eau, je rédige ma chronique de Peau d’Homme. Qu’est-ce que je peux dire à part que cette BD fut un coup de coeur ? Que j’aimerais que tout le monde la lise ? 


L’histoire se déroule dans la Renaissance italienne. Bianca, l’héroïne, va se marier avec Giovanni, un homme qu’elle connait à peine. Sa tante lui apprend alors un secret de famille : les femmes se transmettent depuis des générations une peau d’homme. Grâce à cette peau, Bianca peut rencontrer son fiancé, apprendre à le connaître sous les traits de « Lorenzo ». Elle va alors découvrir une liberté grisante qu’elle ne possède pas en tant que femme, mais aussi que Giovanni préfère les hommes aux femmes. Petit à petit, il tombe amoureux de Lorenzo, et Bianca mène une double vie : homme libre, heureux et amant comblé de Giovanni, et femme soumise, intriquée et délaissée par son mari. En parallèle de l’évolution de Bianca nous avons l’évolution de la société. Fra Angelo, empli d’un fanatisme religieux à faire peur, commence à resserrer son emprise sur les femmes, puis sur les hommes.


Bianca devient la figure de la liberté. Liberté sexuelle, liberté de pensée, liberté de vie. Autour d’elle gravitent différents personnages plus ou moins extravertis. J’ai aimé cette diversité de vies qui représente la société actuelle. 


Parce que, Peau d’homme, comme souvent avec le principe d’éloignement, est terriblement actuelle. Elle aborde divers thèmes : la religion, le sexisme, le travestissement, l’homosexualité, la liberté… Elle pourrait faire penser aux Fables de Lafontaine, entre humour et morale, prônant la tolérance.


J’ai apprécié qu’il s’agisse d’une bande dessinée et non d’un roman. Le graphisme apporte vraiment quelque chose ici, peut-être un côté plus abordable ? Les dessins de Zanzim sont tous simples, avec certains traits enfantins, flous et très colorés. Cela ajoute à la mise à distance je trouve.

J’ai aimé voir les corps, voir la peau de Lorenzo dans sa boîte, voir Bianca l’enfiler comme un vêtement, voir les corps des uns et des autres se toucher, se coller. 


Pour moi Peau d’homme nous livre une véritable réflexion sur la société moderne. Prise de conscience, à travers la satire, de la dualité inéluctable des extrêmes mais aussi de l’importance de la liberté et de la difficulté à se battre pour elle. 


Je me répète, mais j’aimerais que tout le monde lise cet ouvrage.

mercredi 4 août 2021

Et dans nos coeurs, un incendie, de Elodie Chan


Titre : et dans nos coeurs, un incendie 
Autrice : Elodie Chan
Edition : Sarbacane 
Collection : Exprim'
Parution : 1 septembre 2021
Nombre de pages : 244
Coût : 16€





Synopsis : 

L’histoire fiévreuse, acide et romantique de deux ados brûlés par la vie mais sauvés par leur rencontre… 

Isadora a dans la poitrine une poudrière. Elle passe son temps à faire la gueule et voudrait cramer la terre entière. Tristan, lui, a mis son cœur à l’abri dans une cage en acier, si bien qu’à force de ne rien ressentir, il pourrait en crever.
Le jour de leur rentrée au lycée, ils tombent l’un sur l’autre dans les toilettes. Elle a foutu le feu à une poubelle, lui tente de se pendre au-dessus de la cuvette,
        et au moment où les yeux d’Isadora 

                    percutent ceux deTristan 
                                   où leurs fringues se frôlent
                                                où sa chair glacée à lui 
                                                             effleure sa peau brûlante à elle,
                                                                            tout change.

Avis : 

 Je suis sans voix. Dans mon corps, ça vibre, ça bouge, comme de regarder le paysage défiler du train. Dans mon coeur, un incendie, c’est sûr.

Un immense merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi.


Tout mon corps entier vibre d’émotions. Un incendie ? Il y en a un dans mon coeur, et un gros. Elodie Chan m’a fait ressentir tout ce que ressentaient Tristan et Isadora. J’ai pleuré, ris, désiré, ragé avec eux.


Ce livre, c’est une tempête. Une tempête d’émotions et de poésie. Et qu’est-ce que j’ai aimé me plonger dans cette tempête. J’ai eu un électrochoc, envie soudaine de ressentir, ressentir la vie aussi fort que dans le roman.


La plume d’Elodie Chan est électrisante, addictive. J’aime ce genre de plume, poétique, cynique, moderne et ancienne à la fois. Unique. J’ai aussi aimé retrouver Baudelaire. Alors que ce n’est pas mon poète préféré, c’est la deuxième fois qu’il est plus que présent dans une de mes lectures, et cela me donne envie de redécouvrir ses vers. 


Ce livre, c’est un mélange entre Joanne Richoux, dans Les Collisions, PLS ou encore Virgile & Bloom par les personnages, les émotions, le ton, et Clémentine Beauvais dans Décomposée par la poésie, les vers libres. 


La couverture est sublime, simple, mate, elle ressemble à l’histoire.


Je voudrais tellement rendre justice à ce livre, mais je n’y arrive pas. Cela fait exactement deux semaines que je l’ai terminé, et mis à part ces quelques lignes écrites juste après ma lecture, plus aucun mot ne me vient. Quand je pense à et dans nos coeurs, un incendie, je me souviens du choc que j’ai ressenti. Pendant des semaines, j’avais du mal à lire. Virgile & Bloom, de Joanne Richoux, m’a emportée, c’était génial mais après, impossible de lire quoique ce soit. Et dans nos coeurs, un incendie m’a transportée aussi fort, d’une écriture différente, et je n’ai pas pu m’arrêter de lire ensuite. Avant toute chose, je retiens ça : et dans nos coeurs, un incendie m’a redonner l’envie de lire. 


Ce livre, c’est un ovni, je le trouve unique. Comme dans chaque Exprim’, nous avons la bande-son au début, je trouve cela génial, mais ici, les chapitres portent en plus des noms de musique, de quoi étoffer ma playlist ! La mise en page aussi est particulière, envoutante. Des post-it, des SMS, des notes et des dessins côtoient une écriture typographique, elle-même très libre avec des blancs, de l’italique, différentes polices et des mots qui flottent sur la page.


Et dans nos coeurs, un incendie, pour moi, c’est un voyage poétique au coeur même de l’adolescence avec ses peurs, ses doutes, ses colères, ses désirs, ses hésitations… Toutes ces émotions que l’on ressent si fort mais aussi cette absence d’émotion parfois. Je me suis retrouvé dans quelques pages, j’ai vécut et revécut certaines pages. Je vivais à la fois ma vie, et celle de Tristan et Isadora. 


Je crois que je commence à me répéter. Cette chronique n’a plus aucun sens. Mais en même temps, comment en donner un quand on parle du corps ? C’est ça, c’est exactement ça. Pendant deux semaines, j’ai essayer d’écrire avec mon cerveau, d’analyser, mais en fait, et dans nos coeurs, un incendie a parlé à mon corps, et c’est donc mon corps qui parle maintenant, mes mains qui tapent frénétiquement sur mon clavier, mes pensées qui sont à des milles de mon bureau : dans les toilettes d’un lycée, au cimetière du Père Lachaise avec Tristan et Isadora. Et quand je laisse mon corps se nourrir du souvenir de ma lecture, je me rends compte que j’ai envie que tout le monde vive cette expérience, sortir de son corps et revenir dedans avec tant de force. Exactement comme avec Young Royals, la première série à m’avoir fait ressentir cela. 


Donc, parce qu’il faut bien terminer cet article, ceci est une chronique comme un brouillon, mais je n’ai pas trouvé d’autre moyen de vous partager mon ressenti sur et dans nos coeurs, un incendie. C’est une lecture coup de coeur, à n’en pas douter, une lecture coup de poing qui m’a fait me sentir vivante et heureuse. 

 

Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
tentative de suicide - pensées suicidaires

 

dimanche 25 juillet 2021

SERIE — Young Royals, de Lisa Ambjörn


titre : Young Royals 
saison : 1 
réalisatrice : Lisa Ambjörn
origine : Suède
production : Netflix
nombre d'épisodes : 6 
durée d'un épisode : 45min 
parution : 1 juillet 2021
acteurs principaux : Edvin Ryding, Omar Rueberg, Malte Gardinger, Frida Argento et Nikita Uggla


Synospis : 

Quand le prince Wilhelm arrive dans le prestigieux internat d'Hillerska, il y voit enfin l'occasion de découvrir qui il est vraiment et le genre de vie qu'il souhaite mener. Wilhelm se prend a rêver d'un futur où il jouirait d'une pleine liberté et d'un amour inconditionnel, dégagé de toute obligation royale. Mais quand il se retrouve soudainement premier dans l'ordre de succession au trône, le dilemme prend une toute autre ampleur et il lui faut choisir entre son amour et son devoir.


Avis : 

 Je ne sais plus comment j’en suis venue à regarder Young Royals. Je ne savais pas de quoi ça parlait (à part une histoire avec une élite et c’est tout.). Mais j’ai regardé le premier épisode, que j’ai dû arrêter à la moitié pour aller travailler. L’histoire m’est restée en tête, et le lendemain, j’ai repris. Et là, la claque. Je n’ai pu détacher mes yeux de l’ordinateur de toute la journée, j’ai enchaîné les épisodes les uns après les autres, sans pause. J’ai été complètement, et irrésistiblement accro à cette série. 

Mais la question, c’est : est-ce que j’ai « simplement » bingwatché, sans ressentir, comme cela m’arrive souvent avec les série ? Pas. Du. Tout. Cette série m’a transportée comme aucune série n’avait su le faire avant elle. J’ai ressenti si fort les émotions des personnages, d’une façon que l’on pourrait rapprocher d’un livre. J’ai désiré, j’ai pleuré, j’étais en tension, j’ai ri, j’étais amoureuse… (oui, on peut dire que je suis une totale éponge sentimentale en ce moment).


J’ai trouvé Young Royals si bien faite. Les personnages n’avait pas le physique parfait, celui qui fait rêver tout en sachant que ce n’est pas réaliste. Ils avaient des rondeurs, de l’acné, des cernes, ils étaient humains, comme nous, ce qui m’a d’autant plus prise au jeu.


Et le jeu, les acteurs jouaient merveilleusement bien. L’alchimie qu’il y avait entre Edvin Ryding et Omar Rudberg était si forte, si belle. J’ai ressenti leur histoire dans tout mon corps. J’ai rêvé de vivre ça, d’être au centre de ce genre de regard, de cette danse entre les corps.


La bande originale m’a beaucoup plu, elle accompagnait très bien l’histoire. Cela ne ressemblait pas à une simple musique de fond ou au contraire, une musique prenant le pas sur le visuel. Certains passages me faisaient vraiment penser à une ballet : des images floues, rapides ou lente avec une musique partie intégrante du show, vous voyez ce que je veux dire ? 


La musicalité de la langue a aussi joué sur mon ressenti. C’est la première série suédoise que je regarde et j’ai beaucoup aimé cette langue. Mélange de suédois, d’anglais et d’espagnole, c’était chantant, entraînant. 


Peut-être que la longueur de la saison, seulement 6 épisodes, a su installer une véritable addiction. En effet, bien que j’aurais adoré voir plus, connaître plus, vivre plus de Young Royals, je n’ai pas eu le temps de me lasser. Le dernier épisode m’a tellement choquée. Pas tant par ce qui se passait, mais par l’abrupt de la fin. Je suis restée plusieurs minutes sans voix, sans saisir que oui, je devais sortir de ce monde, revenir dans le mien. Mais je ne le voulais pas, je voulais continuer d’être avec Wilhelm et Simon, je voulais que cela se termine comme je le voulais, j’en aurais crié de frustration. Cette frustration, je n’en avais jamais ressenti de si poignante pour une série. Je meurs d’impatience de voir la suite, j’espère tant que Netflix la renouvellera pour une saison 2.


De base, on pourrait penser que Young Royals est une série comme on en a vu 100 : romance sur fond de différence de classes et de discrimination. Mais tout ce que j’ai dit précédemment l’a rendue unique, réaliste. Cette série fut un véritable coup de coeur, la preuve, une fois que j’ai fini les 6 épisodes, je les ai re-regardés le lendemain. Young Royals m’a vraiment marquée. Je ne sais pas si je le rend bien, mais j’ai toujours les images en têtes, les émotions dans le corps, et écrire cette chronique me donne envie de m’y replonger, pour la troisième fois en une semaine.

samedi 8 mai 2021

Lettre à toi qui m'aimes, de Julia Thévenot


titre : Lettre à toi qui m'aimes
autrice : Julia Thévenot
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 120
parution : 7 avril 2021
prix : 12,5€





4ème de couverture 

Yliès et Pénélope, ça sonne comme un couple fait pour s’aimer, un duo romantique de lettrés ; c’est musical, gourmand, sucré-calé. Alors pourquoi Pénélope ne l’aime-t-elle pas, Yliès, hein ? Elle joue avec lui, en plus, sérieux : du jour où elle l’a rencontré, elle a su qu’elle lui plaisait. Elle l’a senti, compris. Alors pourquoi, pourquoi, l’a-t-elle laissé s’approcher, s’amouracher, se glisser dans son quotidien et ses amitiés, aller aussi loin, aussi près ? Pourquoi ne veut-elle pas l’aimer?

Mon avis 


Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture

 Lettre à toi qui m’aimes fut un coup de coeur. C’est un roman très court, mais qui m’a fait ressentir tellement de choses. 

Lettre à toi qui m’aimes est une magnifique histoire d’amour, pas une de roman, pas de film à l’eau de rose, une véritable histoire d’amour entre deux individus comme vous et moi. Un garçon, qui aime une fille, qui ne l’aime pas en retour. La vision de l’aimant, on la connait, celle de l’aimée, beaucoup moins. Que faire quand on se rend compte que l’on ne partage pas les mêmes sentiments ? que cela va lui faire du mal ? que cela peut même gâcher quelque chose ? Yliès n’y est pour rien, pas plus que Pénélope. 


J'oscillais entre le YES et le PRESQUE -

quand tu as dit quelque chose


(...)


    J'ai su, avec une douce certitude, et souri différemment à partir de là :


tu me plaisais presque,

mais pas.


Dans ce court roman, nous sommes donc dans la tête de Pénélope. Elle sait ce qu’Yliès ressent pour elle, elle le sait, mais elle ne veut pas lui faire du mal, elle ne sait pas quoi lui dire, ne voulant ni le quitter ni le lui dire. Alors elle fuit. La vérité, c’est qu’elle l’aime, mais pas comme il le voudrait.


Est-ce que j'aurais dû te jeter aux cocos ? Te le dire 


e n  t o u t e s  l e t t r e s ?


    Je trouve que ce n'était pas à moi de mettre ton coeur en boîte. Cet organe-là t'appartient, et le mal que tu lui fait est tien - absurde et précieux, cruel sans doute, mais tien.


Julia Thévenot a une écriture si intense, entre rock et poésie. J’ai trouvé que les vers libres ajoutaient à la bulle. J’étais complètement plongé dans ce roman, je l’ai lu d’une traite.  D’une certaine manière, l’écriture m’a fait penser à celle de Joanne Richoux dans Les Collisions.

J'ai dit : 
- Je comprends, Yliès, et je sais - j'ai déjà vécu ça, de ne désirer rien d'autre que d'être prise, serrée, écrasée dans les bras de celui qui habite tes nuits et tes journées ; je sais ce que c'est. C'est dingue, dur, et ça te tord les boyaux et ça te flingue la tête, c'est douloureux.Je vois très bien, mais 
je ne ressens pas ça pour toi
Tu es un super
pote, 
mais je ne te vois pas comme ça.


Ecrire cette chronique fut un peu laborieux. De suite après ma lecture, j’avais écrit ce que je ressentais, mais il m’a fallut un peu de temps avant de pouvoir rédiger. Et maintenant, j’ai envie de me replonger dans Lettre à toi qui m’aimes, dans la tête de Pénélope.


J’ai aimé le sujet.

J’ai aimé la puissance de ce que j’ai ressenti.

J’ai aimé le groupe de rock/jazz et les chansons qu’il m’a fait découvrir.

J’ai aimé les personnages.

J’ai aimé Lettre à toi qui m’aimes ;)