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dimanche 27 mai 2018

Salle des pas perdus de Julia Billet





titre : Salle des pas perdus
auteur : Julia Billet
édition : L'Ecole des Loisirs
collection : Médium poche
nombre de pages : 115
parution : 14/05/2003
coût : 5,80€
lecture n°22







Synopsis : 

Ils ont souvent tout perdu, famille, travail, maison, raisons de vivre, ceux qui arpentent le hall de la gare de Lyon sans espérer partir nulle part. Ils ont tout perdu et ils n'attendent plus rien. Parmi eux, il y a la vieille, élégante dans sa misère, cheveux coiffés, habits bleus. Ses copains de galère, Max, Henri, Élie, Céline. Ses combines et ses confidences avec Yvonne, la dame pipi. Ses trouvailles quotidiennes dans les poubelles garnies par les gavs, les nantis, les inconscients. Sa boîte à sucre, boîte aux secrets, aux souvenirs de la vie d'avant. Une routine comme une autre. Jusqu'au jour où la vieille aperçoit une toute jeune fille sur un banc. Elle est différente. Fragile. Elle semble regarder quelque chose intensément, à l'intérieur d'elle-même. Puis elle se lève. Et la vieille reconnaît son pas. Un pas perdu.

Mon avis :  

Quand une vieille dame paumée dans sa tête rencontre une jeune fille paumée dans la vie, ça fait des étincelles. 


C’est l’histoire de la vieille, une vieille dame qui vit dans la gare de Lyon. Elle y a ses petites habitudes, sa routine, sa vie. Son jeu, c’est de regarder les gens. Elle aime inventer la vie des gens qui passent, et elle y arrive ! Elle sait tout des positions, elle sait reconnaître les pas. 

Et puis un jour, elle voit Salomé. Une jeune fille assise. Une jeune fille perdue. Parce que ça aussi la vieille sait le reconnaître quand les gens sont perdus. Comme elle. Comme cette jeune fille. Alors, pour une raison inconnue, elle va la prendre sous son ail, la protéger. 

Toutes deux s’apprivoisent, comme le renard et le Petit Prince. Elles partagent leur quotidien et petit à petit leur vie, leur secret. Cette relation inhabituelle est magnifique. La vieille enseigne à Salomé la survie, elle lui montre comment revenir à la vie et comment alors que tout semble perdu, on peut trouver des trésors. Salomé fait redécouvrir sa vie à la vieille, elle la force à se rappeler de sa vie d’avant. Ces deux protagonistes nous apprennent la beauté des choses, la beauté de la vie.

Quand à Julia Billet, elle joue avec la beauté des mots, leur sens, leur rythme, leur son. Les pensées de la vieille deviennent une véritable poésie. Elles se mélangent, se coupent, laissent place aux dialogue puis reviennent à la charge. Toujours plus belles. Toujours plus touchantes. On est perdu dans cet entrelacement de mots, comme les filles sont perdues dans la vie. On les comprend et en même temps parfois, on aurait envie de les secouer. « Tout n’est pas perdu ! On peut recommencer ! »

La fin, poignante, m’a fait pleurer. Je ne pensais pas, en si peu de pages, réussir à autant m’attacher aux personnages. Et pourtant, je ne voulais pas les quitter, je voulais rester avec elles. 


En bref, ce livre est bouleversant, magnifique. Une véritable redécouverte de la vie. 

dimanche 6 mai 2018

Shorba, l'Appel de la Révolte de Gaspard Flammant




titre : Shorba, l'Appel de la Révolte
auteur : Gaspard Flammant
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 216
parution : 7 mars 2018
coût : 15,50€
lecture n°







  • Synopsis

    Depuis qu'on a abandonne le lycée, il nous reste pas grand-chose, à part le pied des tours. Nous, c'est mes deux potes et moi, Shorba. Mais on a rencontré Léo... et tout a changé.

    A travers l'histoire d'un éveil civique et celui du jeune Shorba, qui découvre l'urgence de l'action citoyenne, de la solidarité envers les réfugiés. et plus largement, le sens profond du mot "révolte", ce roman résonne fortement avec les valeurs de respect des droits humains que défend Amnesty International.


    Mon avis : 
    C’est l’histoire de Shorba. Un adolescent de cité qui passe sa vie entre la base (le supermarché) et ses potes. Un jour, un drôle de type, Léo, vient l’accoster. Et à partir de ce jour-là, sa vie prendra un tournant différent.

    J’ai mis du temps à entrer dans l’histoire, je ne sais plus pourquoi. Mais une fois dedans, impossible de lâcher. C’est le genre de roman que l’on veut absolument terminer avant de dormir (et non, pour une fois, ce n’est pas ce que j’ai fait.)

    Dans ce livre, la narration était changeante. C’était en grande partie Shorba, puis quelques passages sur Léo et sa vie avant. Au début, ces flash-back étaient de simples pauses, puis elles ont pris de l’ampleur, jusqu’à devenir aussi importante que l’histoire au présent. Jusqu’à ajouter des tensions. 

    Ce livre m’a fait passer par plusieurs émotions. La colère. L’indignation. La tristesse. La joie. Cependant, la comparaison avec Dans le désordre de Marion Brunet m’a gênée. Pour moi elle n’avait pas lieu d’être, les écritures sont totalement différentes et les émotions sont amenées de manière totalement opposées. 

    Des points négatifs, je n’en retiens qu’un, et minime en plus ! Certains vont peut-être se moquer, d’autres me comprendre, je ne sais pas, mais le point noir trouvé à ce roman fut pour moi la présence de joint. Ce mot était peut-être écrit sur chaque page. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que cela apportait à l’histoire ? Que le protagoniste fume, en soit, cela n’est pas dérangeant. Beaucoup de jeunes fument mais à ce point ? C’était omniprésent, tellement que cela a fini par me gêner. J’ai fini par me poser la question de savoir si cela était une représentation réelle ou bien juste un accessoire pour donner de la consistance au personnage. 

    Je me rends compte que je lis beaucoup de romans sur les personnages. Les livres où une rencontre change une vie. Des livres où au final, le souvenir le plus marquant qu’il nous reste ce sont les gens. Les émotions. Est-ce réellement les livres qui sont comme ça ? Ou tout simplement moi qui change ma façon de lire ? 

    Dans tous les cas, je ne saurais faire un vrai résumé de Shorba, l’Appel de la révolte. Cette incapacité à résumer mes lectures, c’est ce qui m’a bloqué, complètement empêcher d’écrire. Mais au final est-ce réellement utile ? Je pense avoir enfin réussi à réécrire une chronique. Et c’est cela l’important non ? 


    Pour terminer, Shorba, l’Appel de la révolte est, comme dit sur la quatrième de couverture, « un éveil civique, une découverte de l’urgence de l’action citoyenne et de la solidarité envers les réfugiés ». On voit comment un jeune garçon, mineur, va tout faire pour aider des familles. Comment sa pensée va évoluer, comment il grandit et surtout murit. Et par répercussions, ce livre fait évoluer notre pensée, nous faire murir. 

vendredi 26 février 2016

No et moi de Delphine de Vigan



 titre : No et moi
 auteur : Delphine de Vigan
 édition : Le Livre de Poche
 parution : 11/03/2009
 nombre de pages : 256
 existe en poche
 coût : 6,30€
 prix : prix des libraires 2008
 adapté au cinéma en 2010
 lecture n° 12








     Synopsis :
 Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.
Mais nul n’est à l’abri...

Bande-annonce du film 
 


     Mon avis :

Ce livre, je voulais absolument le lire. J'avais adoré la plume de Delphine de Vigan dans D'après une histoire vraie et je n'avais qu'une envie : la retrouver. L'histoire de ce livre donne vraiment envie je trouve, et pour couronner le tout, il fait parti de ma liste de lecture de cours. Donc merci Pistache de me l'avoir prêté  

Ce livre j'aurais pu le lire en une soirée mais ma mère me l'a pris quand je suis partie me coucher pour être sûre que je ne le lise pas. Du coup je l'ai terminé samedi.

Bon sang, ses personnages à Delphine de Vigan sont torturés. Entre Delphine et L. dans D'après une histoire vraie et No, Lou et ses parents... C'est ce que j'aime dans ces personnages. Ils sont vivants, ils n'arrivent pas comme des fleurs, tout sourire. Ils ont vécu, vécu des choses dures. Ils sont travaillés, ils sont réels.

J'ai beaucoup aimé le personnage de Lou. A 13 ans elle réfléchit déjà comme une adulte et pourtant elle a cette naïveté qui caractérise les enfants, cette façon de croire que tout va s'arranger, que tout va bien se passer.
No, j'avais un peu de mal à la cerner, enfin surtout son âge. A quelques moments elle avait des comportements de "grands", d'adulte qui a vécu, et à d'autre j'avais l'impression qu'elle avait moins de 10 ans, qu'elle découvrait la vie.

Je n'ai pas aimé la fin de ce livre, j'ai trouvé qu'il y avait un chapitre de trop. J'ai pleuré quand No est parti sans Lou et j'aurais aimé que le livre se termine sur cette phrase :
"No m'avait laissée, No était partie sans moi.
Autour de moi rien ne s'était tu, autour de moi la rue continuait de vivre, bruyante et désordonnée. " p243
Mais je suis assez difficile sur les fins de livres ^^'

Je pense regarder le film, mais plus tard, quand je n'aurai plus le livre en tête.

Ma mère m'a passé Rien ne s'oppose à la nuit. L'histoire de ce livre à l'air dure, mais peu m'importe, je vais le lire juste pour retrouver cette écriture que j'adore.

Pour faire court, ce livre est super. Que se soit au niveau de l'écriture ou ou niveau de l'histoire. 

Extrait :

P 155 :
"Ceux qui croient que la grammaire n'est qu'un ensemble de règles et de contraintes se trompent. Si on si attache la grammaire révèle le sens caché de l'histoire, dissimule le désordre et l'abandon, relie les éléments, rapproche les contraires, la grammaire est un formidable moyen d'organise le monde comme on voudrait qu'il soit. "

P 191 :
" Je croyais que l'on pouvait enrayer le cours des choses, échapper au programme. Je croyais que la vie pouvait être autrement. Je croyais qu'aider quelqu'un ça voulait dire tout partager, même ce qu'on ne peut pas comprendre, même le plus sombre. La vérité c'est que je ne suis qu'un madame-je-sais-tout (c'est mon père qui le dit quand il est en colère), un ordinateur en plastique minable qu'on fabrique pour les enfants avec des jeux, des devinettes, des parcours fléchés et une voie débile qui donne la bonne réponse. La vérité c'est que je n'arrive pas à faire mes lacets et que je suis équipée de fonctionnalités merdiques qui ne servent à rien. La vérité c'est que les choses sont ce qu'elles sont. La réalité reprend toujours le dessus et l'illusion s'éloigne sans qu'on s'en rende compte. La réalité à toujours le dernier mot. C'est Monsieur Marin qui a raison, il ne faut pas rêver. Il ne faut pas espérer changer le monde car le monde est bien plus fort que nous. "