Menu Horizontal


Affichage des articles dont le libellé est désillusion. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est désillusion. Afficher tous les articles

mardi 16 février 2021

Soleil jusqu'à la fin, de Mélanie Georgelin


titre : Soleil jusqu'à la fin

autrice : Mélanie Georgelin

édition : Sarbacane

collection : Exprim'

parution : 3 février 2021

coût : 16€








4ème de couverture : 


"Un soir d'hiver, avec tante Teresa, 
on a quitté le bitume de mon enfance. 
C'est arrivé parce que Maman a claqué 
comme une ampoule. Clac, fini la vie, 
fini, d'un coup d'un seul elle a claqué. 
Noir complet." 

Amaya a douze ans quand elle voit sa mère mourir de chagrin, après le départ brutal de son père avec une Arlésienne. Aussi sauvage que sa tignasse indomptable, adulte avant l’âge, habituée à s’occuper de ses parents, elle atterrit dans un orphelinat, y enchaîne les joies et les chagrins, découvre une ribambelle de mômes brisés et d’adultes bancals qu’elle tente de réanimer comme elle peut, à coups d’histoires saugrenues et de mensonges poétiques.
Mais ce mode de survie n’a qu’un temps : Amaya est vite rattrapée par la vie telle qu’elle est, celle qui frappe sans crier gare et qui ne fait pas de quartiers. Jusqu’à ce qu’elle débarque chez Pierrot et Madeleine, un couple de vieux fous amoureux, étranges et facétieux, avec qui elle va découvrir de nouveaux horizons…



Avis : 



Merci aux Editions Sarbacane pour cet envoi, et à Laure pour le choix, ce fut un coup de cœur !


«  - Pour l'instant, tout est difficile... Un enfant n'a pas voix au chapitre. Et puis un jour, tu verras, on est adulte, et on commence à avoir le choix. Le choix de tout, certainement pas, et d'ailleurs, ça dépend des vies, faut pas se raconter des idioties. Mais comme j'ai réfléchi à ces questions depuis longtemps, je pense qu'on a toujours au moins un choix : celui de qui on veut être, au sens où on peut choisir, même dans les situations les plus moches, de rester humain. Je crois que c'est notre seule liberté. »



Amaya est une petite fille de 12 ans, c’est jeune 12 ans pour supporter toutes les merdes qui lui arrivent. Alors, pour ne pas s’effondrer, Amaya s’est construit une carapace. Un carapace pleine de  cynisme avec un caractère bien trempé.

« « La vie c'est une tartine de merde, et on en mange un peu tous les jours », disait ma mère, je m'en souviens. »


Et cette carapace cache en fait une petite chose sensible et douce. Mais, c’est dur de se montrer vulnérable n’est-ce-pas ? Pour moi, Soleil jusqu’à la fin, c’est ça : apprendre, non plus à survivre, mais à vivre. A vivre avec toute la difficulté de la vie, en l’acceptant, en la comprenant, en l’aimant même peut-être ? 

« Si tu estimes que ce que je dis est débile, dis-toi que j'essaie seulement de compenser l'absurdité de ce monde. »



Mais qu’est-ce que ce livre m’a donné une claque! Et même plusieurs. Parfois, je me dis que c’est pas humain d’avoir ces vies-là, les « foutus » de la vie, que c’est pas humain de faire souffrir comme ça, de ne pas se rendre compte de la douleur que l’on engendre, de la douleur qui existe autour de nous. Ça oppresse, coupe le souffle.

« En vérité, je suis cernée, Albert. A droite et à gauche. A tel point que la misère me sort par les trous de nez. Excusez-moi, je voudrais sortir, sortir de la vie, cette vie pourrie ! Putain mais laissez-moi passer, je cherche la sortie de secours ! Je n'arrive plus à chantonner gaiement dans la nuit noire. J'ai peur. Et dans mon corps, ça brûle. J'en peux plus, je voudrais hurler. Allô, allô, il y a quelqu'un ? Mais rien, ici tu peux t'évertuer à crier "allô, allô", ma parole Albert, y'a d'la merde dans le tuyau. »



Ce deuxième choc qu’Amaya a vécu, c’est le pire. C’était horrible, cruel. Je l’ai senti en moi, qui me coupa le souffle, choc boum. Je savais plus quoi penser, quoi faire. J’étais comme morte moi aussi.



Elle en bave Amaya, et la narration le retranscrit parfaitement. Suivant qu’il s’agisse de ses pensées ou de dialogues, le langage n’a pas la même violence, pas la même construction. Mots d’adultes et tournures d’enfants. Mais les mots d’Amaya restent durs, elle te les jette à la gueule, les crache. Pourtant, derrière, on peut apercevoir un certain aspect enfantin, naïf. Elle garde un espoir, parfois qui blesse, elle se raconte des histoires. 

« Parfois, c'est vrai, la vérité je m'en fous, je raconte n'importe quoi, pourvu que ça mousse. Parce qu'on a beau dire et faire les braves, on a tous un jour ou l'autre besoin de se colmater.

Pourquoi tu crois, Albert, que nos bennes sont toujours pleines à craquer ? On consomme pour oublier la vie, la vie telle qu'elle est. »


Parce que, même après tout ce qu’elle a vécu, Amaya, c’est une enfant, et rien ne peut lui enlever toute son enfance dans son entièreté. Elle en a de l’imagination, elle s’y est réfugiée avec Soledad, sa poupée, et nous on la suit, nous, « Albert », interlocuteur imaginaire d’Amaya.

« Me vient qu'il y a nos mères et les mères de nos mères et nous formons des ribambelles de femmes, comme des poupées russes. Des ventres et des sourires s'alignent puis sombrent dans la nuit de l'Histoire, et on a beau courir après, ces sourires tombent et ne reviennent jamais. Nos mères, elles sont englouties, Albert. »



Dans ces deux cents pages, Amaya évolue, réapprend à vivre, à croire en l’espoir de vivre. Et c’est beau d’une certaine façon. On apprend avec elle, on la voit grandir, traverser les étapes de sa vie, plus ou moins belles, plus ou moins dures. L’espoir à la fin, c’est aussi ça que je retiens, malgré toute la dureté de la vie, il y a de l’espoir, il faut apprendre à le voir.

« C'est ça, je crois, le pire de tout ce à quoi je peux penser face à la mort de ma mère ; qu'on peut en sortir, la psy. On peut ! Et elle, elle le saura jamais. »


Ce livre fut un coup de cœur, un coup de poing, une claque monumentale qui m’a coupé le souffle, fait pleurer (ou du moins, donné fortement l’envie), qui m’a submergée de tous ces malheurs, et puis à la fin, qui m’a fait relever la tête, sortir de l’eau, comme Amaya, et j’ai souri, et espéré.


Mini spoiler dans ces citations : 

« Je souris, je crois pour la première fois, à mon origine, celle qu'on déteste longtemps, qu'on cherche à semer, quitte à se perdre et qu'on se surprend un jour à aimer. Je suis de ces êtres ordinaires, un peu cassés, un peu ratés, mais qui poursuivent leur chemin, de mieux qu'ils le peuvent. Et je comprends que je veux rester parmi ceux-là, les petits, les foutus, les vaincus. Je pense à Ruby, à Tom, à Jeannot, à Pépito, à Danaé, à mes amis d'avant, et d'une certaine façon, même si je m'en sors, même si je pars vivre avec ma tante Teresa, je reste avec eux. Je ne les quitte pas. Parce que je ne suis sauvée de rien, et je ne veux même pas l'être : être sauvée suppose toujours qu'on laisse des gens derrière soi. »


« Moi, je voudrais seulement retomber comme un petit soufflet au fromage, et ne plus croire qu'il existe mieux après, plus loin, plus tard. Que l'herbe est plus verte ou plus tendre ailleurs. Je m'en fous. J'ai que cette vie-là, la mienne, et je m'apprête à la retrouver, à regagner ma cité, sans fleurs, sans couronnes, ma cité de béton qui m'a craqué mon père, ma cité de charbon où j'ai perdu ma mère. Je suis prête à aimer ce que j’ai. » 


C'est vrai que cette chronique est construite bizarrement. Durant ma lecture, certaines phrases m'ont comme sauté à la figure, je voulais m'en souvenir, je voulais les partager. J'ai aussi, cette fois-ci, écrit ma chronique tout au long de ma lecture. En la reprenant, et en l'organisant, je me suis rendue compte que j'avais une citation par point. Est-ce de relever les citations qui m'a impulsé un avis ? Je pense, et puis, la plume de Mélanie Georgelin est si percutante, je me devais de vous la partager.


Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
viol - maltraitance sur enfant -

mercredi 18 novembre 2020

Premières lignes : Broadway, de Fabrice Caro

Premières lignes est un rendez-vous créé par Aurélia du blog Ma Lecturothèque. Il s'agit de vous faire découvrir un livre en vous mettant ses premières lignes. Simple non ?
J'ai trouvé le principe plutôt sympa, donc quand l'envie m'en prendra, pourquoi ne pas le faire?

Ce genre d'article est pour moi l'occasion de vous partager certaines de mes lectures sur lesquelles j'aurais du mal à disserter longtemps ou des écritures qui m'ont particulièrement touchée, reconnaissables des les premières lignes.


                       Broadway, de Fabrice Caro
Editions Gallimard, collection Sygne, 2020, 
194 pages, 18€



Le 20 juillet 1988, quand était arrivée la lettre de Sandrine Cazes alors en vacances à Juan-les-Pins et que j’avais rencontrée une semaine auparavant dans un bal de village, je l’avais saisie d’une main trem- blante (en réalité, elle était d’abord passée par les mains de ma mère, c’est elle qui allait au courrier,C’est pour toi, avait-elle déclaré d’un ton solennel, suscitant chez moi un sentiment mêlé de honte et d’excitation), je m’étais réfugié dans ma chambre pour l’ouvrir en toute tranquillité et j’avais découvert une carte postale d’une vue de Juan-les-Pins accom- pagnée d’une longue lettre d’une écriture tout en rondeur, à l’encre bleue sur du papier parfumé. Sandrine Cazes évoquait notre rencontre, parlait de ses vacances, de son petit frère insupportable, puis soudainement, au milieu d’une phrase sur la tempé- rature de l’eau, entre parenthèses, surgissait un (pile là à la radio, « ... fermer les volets et ne plus changer l’eau des fleurs...», qui me fait douloureusement pen- ser à toi). Au bas de la lettre, une trace de baiser au rouge à lèvres barrait en diagonale les trois dernières lignes, et cette bouche m’avait littéralement fait fondre. Ce devait être la toute première lettre m’étant adressée personnellement et j’avais cru alors que le courrier serait toujours synonyme de cœur qui bat, de ventre qui vibre, de fragments d’extases et de ciels sans fin.
    Trente ans plus tard, ellipse, je tiens dans ma main une enveloppe plastifiée bleue au bas de laquelle est inscrit : Programme national de dépistage du cancer colorectal.

----------------------------------

Certes, ce sont des premières lignes un peu longues. Mais je voulais vous montrer cette plume si particulière. Ce que j'ai aimé dans Broadway, c'est l'écriture bourrée d'humour de l'auteur. Un humour d'autodérision, décalé, jubilatoire. Fabrice Caro jubile en écrivant Broadway, il ne peut en être autrement. 

Axel, 46 ans, reçoit une enveloppe "bleu Juan-les-Pins" pour un test de dépistage colorectal. Et cette enveloppe, comme l'idée du discours dans Le Discours, est un motif récurrent. Elle chamboule tout, elle est prétexte à tout, elle crée le fantasme d'une vie à Buenos Aires, elle est tout. Et c'est tordant de le voir se casser la tête sur cette enveloppe ridicule, en faire une montagne pas possible, on ne comprend pas. Je suis à des kilomètres de ses préoccupations, et je me suis pliée de rire. On passe du coq à l'âne, aucune explication, on est entièrement dans sa tête, sans aucun filtre, ponctuation virevoltante. Parfois, ça surprend, parfois, on accroche moins, et revenir dedans, reprendre le livre est plus long. Mais c'est tellement drôle, unique. C'est absurde, "doux-amer" écrit Le Monde, une dose de bonne humeur détonnante qui fait un bien fou aux zygomatiques.

samedi 24 octobre 2020

Un livre à travers des citations : Les Caprices de Marianne, de Alfred de Musset

H E L L O  ! 

Il y a quelques jours, j'ai lu Les Caprices de Marianne de Alfred de Musset, une pièce de théâtre très courtes, deux actes, que j'ai beaucoup aimé ! 
Cependant, j'ai du mal à partager un avis constructif dessus, mais voulant tout de même vous faire découvrir cette lecture qui me fut plaisante, j'ai décidé d'un nouveau format : diverses citations expliquant pourquoi j'ai aimé ce livre.


Les Caprices de Marianne
Alfred de Musset
1833



Le personnage d'Octave, ami de Coelio qui est amoureux de Marianne, est mon personnage préféré. C'est un mélange entre moqueries, ironies et une triste et belle lucidité. J'ai beaucoup aimé ses répliques et c'est ce que j'aimerais vous partager : 


OCTAVE 
J'aimerais mieux mourir que d'attenter à mes jours 
acte I, scène 5

------------

OCTAVE 
C'est un livre que tu as là ?
COELIO 
Oui, et que tu n'as probablement pas lu.
OCTAVE 
Très probablement. Quand on en lit un, il n'y a pas de raison de lire tous les autres.
acte II, scène 1

----------

OCTAVE 
J'entends que vous être un magistrats qui a de belles formes.
CLAUDIO
De langage ou de complexion ?
OCTAVE 
De langage, de langage. Votre perruque est pleine d'éloquence, et vos jambes sont deux charmantes parenthèses. 
acte II, scène 1

----------

MARIANNE 
Comment s'appelle ce lait merveilleux ?
OCTAVE 
L'indifférence. Vous ne pouvez ni aimer, ni haïr, et vous êtes comme les roses du Bengale, sans épines et sans parfum
acte II, scène 1

---------

OCTAVE : 
Je suis capable d'ensevelir ma tristesse dans ce vin, ou du moins, ce vin dans ma tristesse.
acte II, scène 1
--------

OCTAVE 
la justice céleste tient une balance dans ses mains. La balance est parfaitement juste mais tous les poids sont creux. Dans l'un, il y a une pistole, dans l'autre un soupir amoureux, dans celui-là une migraine, dans celui-ci, il y a le temps qu'il fait, et toutes les actions humaines s'en vont de haut en bas, selon ces poids capricieux.
acte II, scène 5

---------

OCTAVE 
C'est un homme d'un autre temps ; il connaissait les plaisirs, et leurs préférait la solitude ; il savait combien les illusions sont trompeuses, et il préférait ses illusions à la réalité.
acte II, scène 6

dimanche 9 février 2020

PLS de Joanne Richoux

Résultat de recherche d'images pour "joanne richoux pls"
titre : PLS

auteure : Joanne Richoux
édition : Acte Sud
nombre de pages : 93
parution : 5 février
coût : 13 €

Synopsis : 


"– T’es en train de mater mes boobs ?

Je pourrais mentir.
– De ouf.
Je mens jamais.
Elle s’approche, prend ma clope et la balance sur les dalles. Nos doigts se sont effleurés, ça vaut bien le sacrifice d’une cigarette."

Soirée déguisée. 
Sacha navigue chez lui entre sa sœur jumelle, la fille dont il est amoureux et ses amis. De pièce en pièce, il traîne sa mélancolie et noie ses démons dans les volutes de fumée et les vapeurs d’alcool. Jeux de regards, frottements des corps, plaisirs furtifs, assauts repoussés… Le temps s’égrène, se dilue. Lui avec. Bad trip ? Et si une lumière brillait quand même au bout de la nuit ?
Un roman noir, au verbe vif et cru, qui sonde les solitudes adolescentes, les fêlures de chacun, mais fait aussi entendre l’urgence d’aimer et d’être aimé.



En bref : 


Un court roman saisissant. Des émotions qui pulsent dans le corps et bloquent la respiration. Des personnages brisés. Une écriture poétique, violente et crue à la foi.

Le détail : 

Alors, je devais choisir. Choisir entre une belle chronique bien ordonnée ou tout simplement vous parler de mes émotions là-tout-de-suite-maintenant. J'ai essayé la chronique lambda : ça raconte ça, j'ai aimé ça, pas aimé ça... Mais j'ai pas réussi.

Comment puis-je vous parler clairement, simplement et de façon ordonnée d'un livre qui m'a totalement retournée ? Chamboulée, je suis chamboulée. Je lis très peu en ce moment, je veux dire peu de roman (je suis plus dans l'univers des critiques et analyses littéraires). J'ai peu de temps à consacrer à la lecture plaisir, quelques minutes certains soirs tout au plus. PLS, je l'ai commencé chapitre par chapitre en début de semaine, j'ai lu la moitié cet après-midi.

Et waouh. Ca fait un coup. Ca bloque la respiration. Je l'ai retrouvé ce sentiment de revivre après une lecture. Pas revivre en mode waouh je redécouvre la vie belle avec le soleil qui brille. Non. Revivre comme un retour en soi. Comme si pendant ces quelques pages, moi, Enora, avais arrêté de respirer. Je n'étais plus moi mais j'étais Sacha.

J'avais ses sentiments durs qui m'étouffaient, ses envies qui montaient, ses sensations, tout. Je vivais dans PLS, j'étais en pls. Et tout ça par les mots.

C'est magique non ? Ce pouvoir qu'ont les mots de nous faire être quelqu'un d'autre, pendant quelques pages.  Et les mots de Joanne Richoux dans PLS giflent. Ils crachent leur écoeurement du monde, de la vie. Ils coupent, font mal. Pourtant ils sont beaux aussi, en décalage.

Sacha est en décalage à cette soirée. Entre Angie, sa soeur jumelle, son "rein", Elle, la fille qui l'obsède, qu'il aime, mais aussi les autres filles, les garçons, l'alcool, la cigarette, le Xanax, la musique, le bruit,... Il est en perpétuel décalage, garçon cynique. Il passe d'un lieu à un autre, d'une fille à une autre et on est emporté dans sa tête et ses émotions.

Au fur et à mesure, ce tourbillon monte en puissance. On sent qu'il va se passer quelque chose, je ne me doutais de rien, et quand ça arrive, c'est la claque. Freinage brusque. J'en ai pleuré.

J'avais été un peu déçue par Désaccordée, je n'avais pas retrouvé cette écriture que j'avais tant aimé dans ses autres romans (Marquise, Les Collisions, Toffee darling), ce mélange entre douceur et violence. Cette sorte de fraicheur crue.
Malgré toute la douleur, tous les ressentiments noirs de Sacha, il y a de l'espoir, Elle incarne l'espoir, la lumière dans l'obscurité. Dans ce combat entre vivre et survivre, la vie l'emporte finalement.

Comme le dit Marinette, Impossible d'oublier Sacha, en fermant le livre.


Un grand merci pour cet envoi surprise à Joanne Richoux et aux éditions Actes sud !

lundi 3 juin 2019

Toffee Darling de Joanne Richoux

Résultat de recherche d'images pour "toffee darling richoux"titre : Toffee Darling
auteure : Joanne Richoux
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 249
parution : 3 avril 2019
coût : 16€







Synopsis : 
6 juin 1964, Paris.
Vivianne, 19 ans, ne supporte plus Jérôme. Ni cette confiserie qu’ils tiennent ensemble. 
Alors cette nuit, elle part. 
Où ? Aucune idée. 
C’est comme ça qu’elle rencontre Kathleen, une magnétique pin-up aux boucles bicolores. Elle se perd dans son sillage et décide de la suivre en Amérique. Reste à convaincre Jérôme ; après tout, elle l’aime. Elle a besoin de lui à ses côtés.
À travers les États-Unis des sixties, le trio va écumer les villes, les angoisses, la nature sauvage, les joies, les routes et les chagrins. 
Un seul moteur : la liberté.

Mon avis : 

Hellooooo
Vous connaissez tous mon avis sur Marquise et Les Collisions de Joanne Richoux. Ce sont de véritables coup de coeur ! Et bien cette auteure continue de me surprendre avec Toffee Darling. Une histoire encore différente mais néanmoins super.

Vivianne et Jérome sont mariés depuis deux ans je crois, sauf que alors que Jérome l'aime à en mourrir, Vivianne, elle, se lasse. Elle l'aime toujours of course, mais moins qu'avant, les défauts prennent le dessus, et une nuit elle fugue.

"Des fois ça me travaille, l'idée qu'elle est mienne quand elle va mal.
Quand elle a besoin de moi.
Je préfèrerais qu'elle ait envie d'être à moi."

Oui elle fugue comme ça, sans aucune affaires, pieds nus dans la rue. Fugue pour coeurs désaccordés qu'elle dit. Et c'est en pleine nuit, dans une rue, que Vivianne va rencontrer Kathleen. Une rencontre qui va changer sa vie car elle et Jérome vont suivre Kathleen aux Etats-Unis.

Là-bas, c'est une farandole de personnages atypiques qu'ils vont rencontrés. Certains inventés, d'autres mythiques ! Le petit plus ? Joanne Richoux nous ajoute une ou deux anecdotes sur les personnages et les lieux croisés.

La narration change entre Vivianne, Jérome et Kathleen. Grâce à ça, on comprend mieux certaines de leurs réactions. Ce trio nous émeut, tout cassé qu'il est. Chacun avec ses blessures, ses failles tente de le cacher, de se reconstruire.

" Tout le monde souffre. c'est pour ça qu'il faut apprendre à les regarder les gens. Et puis essayer de les aimer, si on peut."

Mais on le sait, dans la vraie vie, les gens ne sont pas que pitié, et eux aussi. Qu'est-ce qu'ils étaient énervants, qu'est-ce que j'ai eu envie de les secouer là, comme des cerisiers, de leur dire "et ho ! regardez autour de vous, la vie est belle non ? alors pourquoi vous êtes comme ça ?"

Encore une fois la plume de Joanne Richoux est époustouflante. Les mots s'enchainent, beaux, justes. Je me suis pris des coups de poings par moments, tellement ils résonnaient en moi.

"l'impression d'étouffer.
D'avoir refermé un piège autour de moi - un piège en forme de liberté."


 J'ai pleuré de choc, d'énervement, de tristesse aussi, beaucoup de tristesse (oui je pleure souvent). Mais comme l'a si bien dit Léna de Un univers de livres dans sa chronique, Toffee Darling nous fait aimer la vie, et nous ordonne d'en profiter. 

"L'un ne vit que pour l'aimer, l'autre à peur de vivre."

Oh et puis il ne faut pas oublier la bande son du roman. Géniale, comme à chaque fois, et pleine de rock, que j'adore, dooooonc :

Ce livre fut, non sans surprise, un coup de coeur. 
Merci aux éditions Sarbacane de me l'avoir fait découvrir.



mardi 19 février 2019

Le mur des apparences de Gwladys Constant





titre : Le mur des apparences
auteure : Gwladys Constant
éditions : Rouergue
collection : doado
nombre de pages : 154
parution : 5 septembre 2018
coût : 12,50€









Synopsis : 

Pourquoi Margot s’est-elle suicidée ? Une fille parfaite, belle, friquée, populaire... Justine, qui la connaît depuis la primaire et qui, elle, estime n’avoir eu que de méchantes fées au-dessus de son berceau, tient peut-être là sa revanche. En volant les carnets intimes de Margot, elle va posséder les clefs qui lui permettront de renverser le rapport de forces au sein du lycée. Un thriller psychologique, où les secrets flirtent avec le danger…

Mon avis : 

Vous imaginez vous, vivre votre vie dans l’ombre de quelqu’un, quelqu’un de parfait et que du jour au lendemain, cette personne disparaisse ? Vous comprendriez vous, que cette personne parfaite est choisi de disparaitre ? Vous chercheriez à comprendre n’est-ce pas ?

Je n’ai pas bien compris au début la raison qui pousse Justine à fouiller la vie de Margot, vengeance, plaisir malsain ? Quoiqu’il en soit, Justine découvrira que le lycée n’est qu’un lieu d’apparence et que derrière se cachent bien des secrets.

Au premier abord, j’ai trouvé la plume de Gwladys Constant étonnante, trop « littéraire » peut-être, pas assez réaliste. Mais elle m’a vite happée et sauf à de rares exceptions, je n’y faisais plus attention. 

L’enquête que mène Justine est intéressante, elle la conduit à réfléchir sur le monde qui l’entoure. De plus, ce qu’elle apprend la fera aussi changer, dans le bon sens ou pas. 
Avec l’aide de Margot, ou plutôt de ses souvenirs, Justine prendra de l’assurance et j’ai senti cette évolution dans sa façon de penser, d’agir.

Je suis cependant restée sur ma faim. J’ai trouvé que cela retombé trop vite, que j’étais resté en haleine et que l’on ne me faisait pas reprendre mon souffle petit à petit. Cette fin, cette terrible vérité, je ne l’ai pas appréciée, peut-être l’ai-je trouvé trop grosse ou pas assez. 

Quoiqu’il en soit, je n’ai pas pu lâcher ce livre et cela fait un bien fou de retrouver ce sentiment, d’être de nouveau à la merci d’une auteure. 


dimanche 6 mai 2018

Shorba, l'Appel de la Révolte de Gaspard Flammant




titre : Shorba, l'Appel de la Révolte
auteur : Gaspard Flammant
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 216
parution : 7 mars 2018
coût : 15,50€
lecture n°







  • Synopsis

    Depuis qu'on a abandonne le lycée, il nous reste pas grand-chose, à part le pied des tours. Nous, c'est mes deux potes et moi, Shorba. Mais on a rencontré Léo... et tout a changé.

    A travers l'histoire d'un éveil civique et celui du jeune Shorba, qui découvre l'urgence de l'action citoyenne, de la solidarité envers les réfugiés. et plus largement, le sens profond du mot "révolte", ce roman résonne fortement avec les valeurs de respect des droits humains que défend Amnesty International.


    Mon avis : 
    C’est l’histoire de Shorba. Un adolescent de cité qui passe sa vie entre la base (le supermarché) et ses potes. Un jour, un drôle de type, Léo, vient l’accoster. Et à partir de ce jour-là, sa vie prendra un tournant différent.

    J’ai mis du temps à entrer dans l’histoire, je ne sais plus pourquoi. Mais une fois dedans, impossible de lâcher. C’est le genre de roman que l’on veut absolument terminer avant de dormir (et non, pour une fois, ce n’est pas ce que j’ai fait.)

    Dans ce livre, la narration était changeante. C’était en grande partie Shorba, puis quelques passages sur Léo et sa vie avant. Au début, ces flash-back étaient de simples pauses, puis elles ont pris de l’ampleur, jusqu’à devenir aussi importante que l’histoire au présent. Jusqu’à ajouter des tensions. 

    Ce livre m’a fait passer par plusieurs émotions. La colère. L’indignation. La tristesse. La joie. Cependant, la comparaison avec Dans le désordre de Marion Brunet m’a gênée. Pour moi elle n’avait pas lieu d’être, les écritures sont totalement différentes et les émotions sont amenées de manière totalement opposées. 

    Des points négatifs, je n’en retiens qu’un, et minime en plus ! Certains vont peut-être se moquer, d’autres me comprendre, je ne sais pas, mais le point noir trouvé à ce roman fut pour moi la présence de joint. Ce mot était peut-être écrit sur chaque page. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que cela apportait à l’histoire ? Que le protagoniste fume, en soit, cela n’est pas dérangeant. Beaucoup de jeunes fument mais à ce point ? C’était omniprésent, tellement que cela a fini par me gêner. J’ai fini par me poser la question de savoir si cela était une représentation réelle ou bien juste un accessoire pour donner de la consistance au personnage. 

    Je me rends compte que je lis beaucoup de romans sur les personnages. Les livres où une rencontre change une vie. Des livres où au final, le souvenir le plus marquant qu’il nous reste ce sont les gens. Les émotions. Est-ce réellement les livres qui sont comme ça ? Ou tout simplement moi qui change ma façon de lire ? 

    Dans tous les cas, je ne saurais faire un vrai résumé de Shorba, l’Appel de la révolte. Cette incapacité à résumer mes lectures, c’est ce qui m’a bloqué, complètement empêcher d’écrire. Mais au final est-ce réellement utile ? Je pense avoir enfin réussi à réécrire une chronique. Et c’est cela l’important non ? 


    Pour terminer, Shorba, l’Appel de la révolte est, comme dit sur la quatrième de couverture, « un éveil civique, une découverte de l’urgence de l’action citoyenne et de la solidarité envers les réfugiés ». On voit comment un jeune garçon, mineur, va tout faire pour aider des familles. Comment sa pensée va évoluer, comment il grandit et surtout murit. Et par répercussions, ce livre fait évoluer notre pensée, nous faire murir. 

lundi 30 octobre 2017

Mini chroniques : En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut & Skoda de Olivier Sillig



Ces deux romans sont des romans dont j'ai étudié l'incipit en cours. Je les ai tout bonnement adoré. Il sont sublimes, puissant, magnifiques. 





titre : En attendant Bojangles
auteur : Olivier Bourdeaut
éditeur : Folio
nombre de pages : 160
parution : 07/01/2016
coût : 6,60€
  • Prix France Télévisions
  • Grand prix RTL-Lire
  • Prix du roman des étudiants France Culture-Télérama
  • Prix de l'Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire
lecture n°80






Synopsis : 

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui mène le bal, c'est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n'a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l'inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. 


Mini avis : 

Je pleurs des larmes sèches. Oxymore. Comme ce livre est triste et gai, beau à couper le souffle. 
Ce livre n’a ni queue ni tête, « mais a-t-on déjà vu un livre avec une tête ? »
Ce livre, c’est pétillant comme le champagne, fruité comme la sangria et amer comme le spritz. 
Ce livre, c’est une danse perpétuelle. Flamenco, rock, tango, valse… 
Ce livre, c’est tout à la fois. 

PS: j'ai eu la chance de rencontrer l'auteur à Lire en Poche cette année ! 


-----------------------------------------




titre : Skoda
auteur : Olivier Sillig
éditeur : Buchet-Chastel
nombre de pages : 110
parution : 18/08/2011
coût : 11,15€
lecture n°81







Synopsis : 

Un homme reprend conscience. Autour de lui, ses camarades d’infortune gisent. Tous sont morts. L’histoire se passe aujourd’hui dans un pays qui n’est pas nommé. L’homme s’éloigne. A quelques mètres, une voiture, une Skoda, est à l’arrêt. Elle aussi était dans la cible du raid aérien. Un homme et une femme sont affalés à l’intérieur. Morts. Seul un tout petit bébé respire encore. Après quelques hésitations, l’homme prend l’enfant avec lui et part sur la route. Une fable sur la guerre dans notre monde. En Europe ou ailleurs. L’absurdité et l’horreur du quotidien. Contrebalancées par la beauté du lien qui se crée entre l’homme et l’enfant. La vie contre la mort.

Mini avis : 

Ce livre est une bombe. Un obus.
Ce livre, c’est la vie, la mort, la renaissance.
La plume de Sillig est sublime. Froide, distante, poétique. Elle et ses mots crus, brutaux, nous poignarde le coeur. 
Quant à l’histoire, belle est triste à la fois, elle est à couper le souffle.

Cruel et dire, ce livre est une ode à la réalité, à la vie.