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mardi 21 juin 2022

Un livre à travers des citations : "De la Vieillesse", de Cicéron


Titre : De la Vieillesse
Auteur : Cicéron
Traducteur : Mathieu Cochereau (latin)
Edition : Gallimard
Collection : Allia
Nombre de pages : 160
Parution : 22 août 2019
Coût : 7€




4ème de couverture 

Dans ce dialogue empli de sagesse, Caton est désigné comme l'avocat de la vieillesse contre quatre chefs d'accusation : elle empêcherait de briller dans la vie publique, affaiblirait le corps, interdirait les plaisirs et ferait sentir l'approche de la mort.
Pour Caton au contraire, la vieillesse est l'âge le plus propice aux oeuvres accomplies de l'esprit, le corps étant délivré de la servitude des sens. Elle prépare l'âme à la libération totale procurée par la mort. Caton suggère une attitude exemplaire et loue l'expérience.
Celui qui n'attend que de lui-même n'a rien à craindre des lois de la nature : «La faiblesse convient à l'enfance ; la fierté à la jeunesse ; la gravité à l'âge mûr ; la maturité à la vieillesse : ce sont autant de fruits naturels qu'il faut cueillir avec le temps.»

Mon avis

J'ai trouvé ce petit livre dans la bibliothèque de l'hôpital et je l'ai pris, pourquoi ? je ne sais pas. J'ai appris il y a peu que ma grand-mère était malade, cancer. Cette nouvelle m'a assommée, c'est mon dernier grand-parent, et elle est si jeune, 70 ans. J'ai peur pour elle. La vieillesse et la mort sont deux choses extrêmement douloureuses pour moi. Deux choses que mon cerveau refuse d'accepter. Ce petit livre m'a fait du bien, j'ai été étonnamment apaisée après ma lecture. 

Il s'agit principalement d'un monologue de Canton l'ancien à deux interlocuteurs : Lélius et Scipion. Canton décrit la vieillesse et réfute les idées reçues. Découpés en 4 thèses :
- que la vieillesse éloignerait des affaires
- que la vieillesse affaiblirait le corps
- que la vieillesse serait dépourvue de plaisir
- que la vieillesse nous rapprocherait de la mort, 
c'est un livre très court et pourtant extrêmement intéressant.

Je pense que des citations parlerons mieux que mes mots.


"Quo uobis mentus, rectae quae stare solebant
Antehac, dementis sesi flexere uiai" 
= Dans quels méandres vos esprits, habitués jusqu'ici à se conduire droitement, se sont-ils donc mis à errer? 

"Sorit arbores, quae alteri saeclo peosint" 
= Il plante des arbres pour la postérité 

" J'estime que ce qui est le plus triste dans la vieillesse, 
c'est de sentir qu'à cet âge, on est un poids pour les autres" 

" ainsi, vous constatez que la vieillesse n'est ni inerte ni languissante, bien au contraire elle est placée sous le signe du travail." 

"Il faut se contenter de ce que l'on a et dans toutes ces actions agir en fonction de notre vigueur," 

" Toutefois cet abandon lui-même a plus souvent pour cause les vices de la jeunesse que la vieillesse en tant que telle : c'est en effet une jeunesse dépravée et intempérente qui laisse à la vieillesse un corps exsangue. "

" Le cours de la vie est fixée d'avance, la nature ne suis qu'une route, toute tracée, et chaque âge de la vie reçoit en partage un tempérament qui lui est propre, "

" Je veux bien concéder que la vieillesse est austère, mais modérément, comme toute chose, cependant on y trouve nulle aigreur. "

" Si la mort ne nous condamne pas au malheur, et si elle nous conduit même au bonheur pourquoi la craindrions-nous ? "

" comme je l'ai souvent dit le fruit de la vieillesse réside dans le souvenir et l'abandon des biens obtenus au cours de la vie, "

" Lorsque la mort touche les jeunes gens la nature s'y oppose et y répugne, pour moi la mort des jeunes gens ressemble à une ardente flamme qu'emportent des trombes d'eau, tandis que la mort des vieillards est comme un feu qui s'éteint en se consumant de lui-même sans que rien ne lui fasse violence. Et, de même que les fruits, (...) c'est par la force qu'on enlève la vie aux jeunes gens alors que c'est la maturité qui emporte les vieillards. "

"Mais on ne saurait déterminer avec exactitude le moment où la vieillesse prendra fin, et on la vit convenablement tant qu'il nous est possible d'accomplir et de poursuivre les charges que notre devoir nous impose et de tenir la mort en respect. De ce fait la vieillesse surpasse la jeunesse à la fois en hardiesse et en encourage."

" la meilleure fin que l'on puisse souhaiter c'est lorsque, alors que l'on a encore toute sa tête et ses sens intactes, la nature dissous elle-même l'oeuvre qu'elle avait édifié."

" Selon (Ennius) nul n'est besoin de porter le deuil d'un défunt dont l'immortalité suivra la mort. "

" Et, puisque il est dans la nature de l'âme d'être simple et de ne contenir en elle rien qui lui soit différent et dissemblables, elle ne peut être divisée, et comme elle ne le peut pas, elle ne saurait mourir. "

" la nature nous a donné un refuge où faire halte et non une résidence permanente. "

" C'est la nature qui décide de fixer une limite à la vie comme à toute chose. La vieillesse est semblable à l'ultime scène du drame de la vie dont il faut se garder d'être las, d'autant plus lorsque l'on en est repu. "

samedi 24 octobre 2020

Un livre à travers des citations : Les Caprices de Marianne, de Alfred de Musset

H E L L O  ! 

Il y a quelques jours, j'ai lu Les Caprices de Marianne de Alfred de Musset, une pièce de théâtre très courtes, deux actes, que j'ai beaucoup aimé ! 
Cependant, j'ai du mal à partager un avis constructif dessus, mais voulant tout de même vous faire découvrir cette lecture qui me fut plaisante, j'ai décidé d'un nouveau format : diverses citations expliquant pourquoi j'ai aimé ce livre.


Les Caprices de Marianne
Alfred de Musset
1833



Le personnage d'Octave, ami de Coelio qui est amoureux de Marianne, est mon personnage préféré. C'est un mélange entre moqueries, ironies et une triste et belle lucidité. J'ai beaucoup aimé ses répliques et c'est ce que j'aimerais vous partager : 


OCTAVE 
J'aimerais mieux mourir que d'attenter à mes jours 
acte I, scène 5

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OCTAVE 
C'est un livre que tu as là ?
COELIO 
Oui, et que tu n'as probablement pas lu.
OCTAVE 
Très probablement. Quand on en lit un, il n'y a pas de raison de lire tous les autres.
acte II, scène 1

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OCTAVE 
J'entends que vous être un magistrats qui a de belles formes.
CLAUDIO
De langage ou de complexion ?
OCTAVE 
De langage, de langage. Votre perruque est pleine d'éloquence, et vos jambes sont deux charmantes parenthèses. 
acte II, scène 1

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MARIANNE 
Comment s'appelle ce lait merveilleux ?
OCTAVE 
L'indifférence. Vous ne pouvez ni aimer, ni haïr, et vous êtes comme les roses du Bengale, sans épines et sans parfum
acte II, scène 1

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OCTAVE : 
Je suis capable d'ensevelir ma tristesse dans ce vin, ou du moins, ce vin dans ma tristesse.
acte II, scène 1
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OCTAVE 
la justice céleste tient une balance dans ses mains. La balance est parfaitement juste mais tous les poids sont creux. Dans l'un, il y a une pistole, dans l'autre un soupir amoureux, dans celui-là une migraine, dans celui-ci, il y a le temps qu'il fait, et toutes les actions humaines s'en vont de haut en bas, selon ces poids capricieux.
acte II, scène 5

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OCTAVE 
C'est un homme d'un autre temps ; il connaissait les plaisirs, et leurs préférait la solitude ; il savait combien les illusions sont trompeuses, et il préférait ses illusions à la réalité.
acte II, scène 6

mardi 24 octobre 2017

L'étranger de Camus



titre : L'étranger
auteur : Albert Camus
édition : Folio
nombre de pages : 191
parution : 1942
coût : 5,90€
lecture n°73












« Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

Mon avis : 

L’étranger de Camus est comme un lac. On est allongé dans l’eau, le ciel en face de nous, et on flotte. On ne ressent que le besoin de se laisser aller, rien que le besoin de fermer les yeux et de sentir l’eau nous glisser sur la peau. 

J’ai lu ce livre sans m’en rendre compte. Je ne pensais à rien et même deux mois après, quand j’essaie de me souvenir, je pense toujours à rien. Ce livre m’a, pour un moment seulement, anesthésiée de la vie. Il m’a donné envie d’abandonner, il m’a donner envie de vivre juste pour vivre, sans joie ni peine. 

Sauf que ce sentiment, je ne l’aime pas. Il est étrange, froid contre mon coeur. Et c’est ce qu’est ce livre pour moi. Etrange. Froid. Distant. Vrai et faux à la fois. Vrai car il n’y a pas de fioriture, il n’y a pas d’ornement, juste la pensé d’un homme. Faux car je me demande comment l’on peut vivre comme lui. Est-ce que cela fait mal ? Ou est-ce que l’on ne ressent vraiment rien du tout. 

La plume de Camus est comme neutre. Elle est froide, blanche, méthodique. Quant à Meursault, c’est lui l’étranger. Il est étranger de monde dans lequel il vit, étranger de sa propre vie, étranger de lui-même. C’était comme s’il ne ressentait rien, aucun sentiment. Tout est pour lui action machinale, habituelle, aucune ne surpasse une autre. Quand Marie demande à Meursault s'il veut se marier avec elle, il répond que ça n'a pas d'importance, mais qu'il le veut bien. Quand il tua l’Arabe, il prétendit que c’était à cause de la lumière, de la chaleur et de le sueur. Il n’a aucune raison valable, comme si tuer était un acte comme un autre. 


Ce livre créer un décalage entre l’individu et le monde. Ce livre fait peur et en même temps transporte comme un message de paix à la fin. Quand Meursault va mourir, je me rends compte que, délivré de toute illusion on peut enfin chercher le bonheur dans l’instant présent. 

PS : J'ai écrit cette chronique en deux temps. Tout d'abord cet été quand je l'ai lu puis à la rentrée en septembre quand j'ai su qu'il fallait le lire pour le bac. Il y a donc un mélange très hétérogène entre mon ressenti et un tout tout tout début d'analyse. 

lundi 24 juillet 2017

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

titre : Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
auteur : Stefan Zweig
traducteur : Olivier Bournac et Alzir Hella
édition : Le Livre de Poche
nombre de pages :
parution : 1927
coût : 2,90€
lecture n°54

Synopsis :

Au début du XXe siècle, une petite pension sur la Riviera. Grand émoi chez les clients de l'établissement : l'épouse d'un des pensionnaires, Mme Henriette, est partie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée. Seul le narrateur prend la défense de cette créature sans moralité. Et il ne trouvera comme alliée qu'une vieille dame anglaise sèche et distinguée. C'est elle qui, au cours d'une longue conversation, lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle.





Mon avis : 

J’avais lu il y a peu de temps Le voyage dans le passé de Stefan Zweig et j’avais beaucoup aimé cette nouvelle. 
Vingt-quatre heures de la vie d’une femme raconte l’histoire insensée qu’une vieille femme vécut il y'a des années de cela. 

La narration est particulière. Un homme parle de la vie de l’hôtel quand un événement improbable survint. Cet évènement est le déclencheur de la véritable histoire du livre. Cela ajoute un charme particulier au roman. 

Ce qu’a vécut cette vieille dame anglaise en 24 heures est juste impressionnant. Après l’avoir découvert, je me suis rendue compte à quel point la vie peut être changeante et comme, un regard, un sourire, une heure, peut vous détourner de vos projets. Je me suis rendue compte que, comme avec L’Alchimiste, il fallait vivre sa vie au présent, qu’il fallait laisser parler nos émotions. Mais je me suis aussi rendue compte que parfois, vivre sans penser aux conséquences peut en avoir des années plus tard. 

Alors comment faut-il vivre ? Faut-il vivre le moment présent sans penser à l’avenir ou vivre le moment présent en tachant de ne pas gâcher l’avenir. Un mélange des deux surement, car quoi que l’on fasse, cela nous fera grandir comme cette vieille dame anglaise qui en a retiré un enseignement. 

Je ne sais vraiment pas quoi dire de plus concernant ce livre à part qu’il s’agit d’une très belle lecture, une de ces lectures où l’on se rend compte que nous l’avons lu qu’après l’avoir terminée.

samedi 22 juillet 2017

Horace de Pierre Corneille




titre : Horace
auteur : Pierre Corneille
édition : Hatier
collection : Nouveaux classiques
nombre de pages : 5 actes
parution : 1640
coût : 3,40€
lecture n°53










Synopsis

La pièce, dont l'action se situe à l'origine de Rome, débute dans une ambiance tragique : la famille romaine des Horace est unie à la famille albaine des Curiace. Le jeune Horace est marié à Sabine, jeune fille albaine dont le frère Curiace est fiancé à Camille, sœur d'Horace. La guerre fratricide qui éclate entre les deux villes rompt cette harmonie. Pour en finir, chaque ville désigne trois champions qui se battront en combat singulier pour décider qui devra l'emporter. Contre toute attente, le sort désigne les trois frères Horace pour Rome et les trois frères Curiace pour Albe. Horace, étonné, ne s'attendait pas à un si grand honneur. Les amis se retrouvent ainsi face à face, avec des cas de conscience résolus différemment : alors qu'Horace est emporté par son devoir patriotique, Curiace se lamente sur son destin si cruel.

Mon avis : 

Lors de mon devoir commun j’avais aussi dû étudié la scène V de l’acte IV d’Horace de Corneil.

J’ai trouvé la plume de Corneille, bien qu’un peu similaire à celle de Racine, plus pompeuse et grandiloquente.

L’amour est encore une fois au centre de l’intrigue mais à ce sentiment s’ajoute aussi le sens de l’honneur. Cependant à l'inverse des Fourberies de Scapin, des Femmes savantes ou encore d’Andromaque, les couples sont définis et restent les même tout au long de la pièce. Les questions qui sont posées sont : vers qui de l’amour ou de la famille va la loyauté, vers qui doit aller les pleurs ?


"Tu n'as frappé mes yeux d'un moment de clarté, 
Que pour les abîmer dans plus d'obscurité"
III, 2

Tout au long du roman, Camille et Sabine, deux demi-soeurs ayant épousé le frère de l’autre, hésitent. C’est la guerre entre Rome et Albe, et chacune, a un amour dans l’un et des frères dans l’autre. Devant cette situation similaire, leurs comportements diffèrent. Camille pleur alors que Sabine demande à ce que l’on lui donne la mort. 

En plus de cette intrigue là qui se trouve durer pendant les trois premiers actes, se trouve le dilemme d’Horace. Camille pleurant la mort de son amant et ne fêtant pas la victoire de Rome est tuée par son frère Horace. Pour cet acte, mérite-t-il la mort ?
La toute dernière scène sert de procès à Horace. Il est dirigé par le roi Tulle. 

J’ai aussi beaucoup aimé cette pièce. Les batailles sont bien décrites et les récits intéressants. Encore une fois, la psychologie des personnages est passionnante, il faudrait des semaines pour faire des recherches, analyser et comprendre leurs fonctionnement. 

J’ai détesté Horace pour ce qu’il avait fait et en même temps j’avais pitié de lui car il a aussi perdu toute sa famille et ses amis. Camille est morte pour avoir pleurer son amant. C’est un crime bien minime n’est-ce pas ? Mais au moins, elle ne souffre plus. Quant à Sabine, elle est obligée de rester avec son mari Horace et son coeur est tiraillé par le même dilemme qu’au début. 

"Sire, délivrez-moi, par un heureux trépas, 
Des crimes de l'aimer et de ne l'aimer pas."
V, 3

Une fois Horace refermé, j’ai repris mon souffle et me suis rendue compte qu’il était comme bloqué durant toute ma lecture. Cette guerre fratricide, ces destins maudits m’écrasaient la poitrine. Je ne savais que penser des comportements des personnages. Je crois que personne n’avait raison ou tort, mais je me demande s’il aurait pu en être autrement. 

jeudi 20 juillet 2017

Chronique Expresse : Les Fourberies de Scapin de Molière

titre : Les Fourberies de Scapin
auteur : Molière, né Jean-Baptiste Poquelin
édition : Larousse
collection : Classiques Larousse
nombre de pages : trois actes
parution : 1671
coût : 2€
lecture n°52

Synopsis :

Scapin, le valet italien, est fourbe. Il est menteur, voleur, hypocrite et perfide. Mais, à sa façon, il est aussi fidèle et courageux. Il lutte en permanence contre les injustices de son temps, celle par exemple qui empêche les amoureux de se marier librement. Voilà pourquoi ses jeunes maîtres lui confient leurs amours, voilà pourquoi il s'engage à les aider. Et quand Scapin donne sa parole, l'action se précipite. Toutes les ruses et toutes les inventions burlesques sont permises !





Avis expresse

Mon avis sur cette pièce sera très bref, d’une part car il s’agit d’une pièce très courte (3 actes) et d’autre part car je vous ai parlé de la plume de Molière dans mon article des Femmes savantes.

Comme beaucoup je suppose, j'ai étudié cette pièce en 6ème, et je ne l'avais pas trop aimé. 

Bien que dans cette pièce, Molière écrive en prose, j’ai tout de même trouvé ma lecture agréable. Les dialogues, pleins d’humour, me faisait toujours sourire. 

Scapin est de loin le personnage le plus attachant et surtout le plus drôle. Ses scènes avec le seigneur Géronte s’ajoutent au comique de la pièce. 

Le retournement de situation final, très tiré par les cheveux à mon avis, crée un happy end surprenant. Mais le livre se termine tout de même sur une nouvelle fourberie de Scapin plutôt cocasse.


Les Fourberies de Scapin de Molière est une lecture rapide, agréable et surtout très comique. 

mardi 18 juillet 2017

Les Femmes savantes de Molière

titre : Les Femmes savantes
auteur : Molière né Jean-Baptiste Poquelin (j'avais fait un exposé sur lui en 6ème)
édition : Larousse
collection : Classique Larousse
nombre de pages : 119
parution : 1672
coût : 3,40€
lecture n°51

Synopsis : 

Philaminte aime avant tout « le beau langage et les hautes sciences ». Elle dirige sa maison d'une main de fer avec le soutien de sa fille aînée, la prude Armande, et de sa belle-sœur, Bélise, demi-folle persuadée que chacun l'aime. Ce trio s'extasie devant Trissotin, le pédant trois fois sot. Ce nouveau Tartuffe convoite la dote d'Henriette, la cadette, qui lui préfère l'aimable Clitandre.






Mon avis : 

Lilou m’avait donné envie de découvrir Les Femmes savantes de Molière. C’est maintenant chose faite ! 
Je crois que mon dernier Molière lu était Les Fourberies de Scapin en 6ème, et je me souviens d’une comédie lourde et grossière. Mon avis sur les Femmes savantes diffère totalement !

L’écriture est comme je l’aime au théâtre : en alexandrin avec un vocabulaire à la fois soutenu pour les femmes savantes et courant pour les autres personnages. 

En parlant de personnages… Il sont tous hauts en couleurs avec des caractères bien différents
Philaminte sait ce qu’elle veut, elle déteste être contrariée et personne n’osait la contredire. Elle se croit savante, au delà des choses matérielles, et elle dénigre quiconque n’est pas de son avis.
Son mari est plus passif. Il se laissait faire et ne reprochait jamais rien en face à sa femme. Le mariage d’Henriette a été pour lui comme une révélation. Il s’est battu pour prouver aux autres que ce n’était pas sa Philaminte qui portait la culotte dans le couple.
Armande, la fille ainée de Philaminte et Chrysale est le portait craché de sa mère. Elle pense comme elle, elle pense que le vie spirituelle est plus importante que la vie physique. Mais on découvre finalement qu’elle ne croit pas à cent pour cent cette maxime.
Henriette, la cadette, est plus simple. Elle rêve de se marier avec un homme qui l’apprécie. Elle se plait dans sa condition de femme et ne cherche pas à « savoir »
Mon personnage préféré est Belisse, la tante. Elle se qualifie aussi de femme savante et elle est complètement folle. Elle imagine des sous-entendus partout, et pense que tous les hommes sont à ses pieds. Ses dialogues sont à mourir de rire.

Cette pièce de théâtre est réellement une comédie. L’humour est bien présent dans le texte, que ce soit un comique de mots, de situation ou de caractère, et même le comique de répétition qui habituellement m’agace… Je n’ai fait que sourire pendant ma lecture.

Deux scènes restent dans mon esprit. La scène VI de l’acte II où Belisse et Philaminte gronde Martine et lui font une leçon de grammaire en réprimande est hilarante ! Ensuite, dans la scène III de l’acte III, Trissotin et Vadius, deux « connaisseurs » aussi pédants l’un que l’autre, passent de la camaraderie et de la flatterie à une dispute devant déterminer qui des deux est le plus doué.

Dans cette pièce, Molière fait une satire des femmes savantes de l’époque. Il se joue d’elles, les trompe, les ridiculise. Deux mentalités s’affrontent : les femmes voulant apprendre et ne plus être que des femmes au foyer (Belisse, Philaminte), et les femmes se plaisant comme elles sont, c’est à dire obéissante à leur mari et ne faisant pas d’esprit (Henriette et Martine). 
J’ai donc trouvé ce texte un peu sexiste tout de même car les femmes voulant s’élever de leur condition sont ridiculisées alors qu’elles sont très caricaturales. La pensée qui domine est celle de la femme plus faible par rapport à l’homme.


Finalement, j’ai passé un très bon moment en lisant Les Femmes savantes et j’ai maintenant envie de découvrir Les Précieuses ridicules

mercredi 12 juillet 2017

Andromaque de Jean Racine

titre : Andromaque
auteur : Jean Racine
édition : Hatier
collection : Nouveaux classiques
nombre de pages : 75
parution : 1667
coût : 3€
lecture n°49

Synopsis : 

Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector, qui est mort... Pris dans une chaîne amoureuse sans issue, comment pourraient-ils s'en sortir ? De fait, quand le rideau s'ouvre, tous les éléments de l'étau tragique sont déjà prêts à se refermer sur les personnages : prisonniers de leurs passions, leur perte est inéluctable. Racine orchestre avec délectation leurs débats impuissants, leurs actions désespérées, et leur terrible fin, pour le plus grand plaisir du spectateur et du lecteur.



Mon avis :

Comme chaque été depuis des années, je m'oblige à lire quelques classiques. J'avais adoré Iphigénie de Jean Racine, et j'ai autant aimé Andromaque. Ironie du sort, j'avais travaillé sur la scène 3 de l'acte V lors de mon devoir commun de fin d'année.

Andromaque est une troyenne. Veuve d'Hector, elle devient la captive de Pyrrhus lors de la prise de Troie. Pyrrhus en tombe cependant amoureux, mais elle ne pense qu'à son feu-mari.
La mythologie grecque est bien complexe, d'autant plus qu'Andromaque fait partie du mythe des Atrides !
Après ma lecture, j'ai souhaité faire quelques recherches mais je crois que cela m'a encore plus perdue 😅

L'Andromaque de Racine peut se résumer en une chaîne amoureuse : Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime toujours Herctor, qui est mort, et qui souhaite protéger son fils. 
L'intrigue en elle-même est, disons-le, banale. Corneil l'avait déjà utilisé dans La Place Royale en 1634.

Ce qui m'a le plus frappé dans cette pièce, c'est la psychologie des personnages. Les actions de chacun, tous autant qu'ils sont, sont gouvernées par l'amour. Des amours différents, l'amour maternel d'Andromaque, l'amour jaloux d'Hermione, l'amour désespéré d'Oreste ou encore l'amour étrange de Pyrrhus.
Fait plus intéressant encore : leur instabilité. Ils sont tous vacillants, hésitants. Andromaque ne sait que choisir : rester fidèle à Hector et sacrifier son fils ou sauver son fils et épouser la cause de tous ses malheurs ? Pyrrhus hésite, il ne sait pas qui épouser d'Andromaque ou d'Hermione, pour qui bat son coeur ? Quant à Hermione, elle vacille jusqu'à ordonner la mort de Pyrrhus à Oreste pour ensuite l'en blâmer. Les dilemmes qu'ils ont à résoudre son cornélien et rien ne se passera comme prévu.

N'oublions pas qu'Andromaque est une tragédie, et, bien que bienséance oblige où elle reste moins sanglante que l'Andromaque d'Euripide, il y a tout de même des morts violentes. Ce sont les Atrides, quoi de plus normal ?

Cette pièce de théâtre est en vers, alexandrins et rimes plates, chose que j'adore. Je trouve que cela donne un caractère très noble à la lecture et j'ai souvent l'impression d'être au théâtre dans ces moments là. Un véritable catharsis.

"Il peut, Seigneur, il peut, dans ce désordre extrême, 
Epouser ce qu'il hait et punir ce qu'il aime."

En définitive, j'ai beaucoup apprécié ma lecture d'Andromaque de Jean Racine, le vocabulaire soutenue est agréable, les personnages sont très intéressant et je conseille fortement de faire des recherches en suivant, peut-être même préliminaires.

lundi 10 juillet 2017

L'Alchimiste de Paulo Coelho




titre : L'Alchimiste
auteur : Paulo Coelho
traducteur : Jean Orecchioni
édition : Le Livre de Poche
nombre de pages : 189
parution : mai 2001
coût : 5,34€
lecture n°48

Synopsis :
L'histoire est celle de Santiago, jeune berger andalou parti à la recherche d'un trésor enfoui au pied des pyramides. Dans le désert, initié par l'alchimiste, il apprendra à écouter son cour et à déchiffrer les signes du destin






Mon avis :

"La seule chose qui change dans le désert ce sont les dunes, quand souffle le vent."


Santiago, plus communément appelé "le jeune homme", est un berger andalou. Sa vie, simple, lui convient. Voyager, découvrir l'Andalousie, c'est ce qu'il a toujours voulu. La compagnie des montons lui est agréable et lui permet de gagner sa vie. Un rêve, un simple rêve, va lui faire changer radicalement de vie.
Rencontres, travail, amitiés, disciple, amours, le jeune homme va tout connaître. Mais il va surtout apprendre à se connaître lui-même.

"La trahison c'est le coup auquel tu ne t'attends pas. Si tu connais ton coeur, il n'arrivera jamais à te surprendre ainsi. Car tu connaitras ses rêves et ses désirs, et tu sauras en tenir compte. Personne ne peut fuir son coeur. C'est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu'il dit. Pour que ne vienne jamais te frapper un coup auquel tu ne t'attendrais pas."

Ce conte philosophique m'a donné envie de relire Le Petit Prince de Saint Exupéry. Il est doux, apaisant. Quand je l'ai lu hier dans le train, mon esprit s'est vidé, il était clair et cotonneux en même temps. J'étais dans une bulle de sérénité. J'étais en moi-même, dans mon coeur, mon âme faisant partie de l'Âme du Monde. J'étais bien

"Ecoute ton coeur. Il connaît toute chose parce qu'il vient de l'Âme du Monde, et qu'un jour, il y retournera."

Ce livre m'a fait réfléchir. Réfléchir à moi, à futur. Il m'a fait me rendre compte que le présent est beau, qu'il s'agit d'une fleur magnifique dont il faut s'extasier devant chaque pétale. Il m'a appris qu'il faut chérir le présent, ne pas regretter le passé, ni anticiper le futur. Il m'a fait voir le monde comme une seule et même chose, écrite de la même Main. Il m'a fait imaginer l'eau se transformant en désert, l'homme se transformant en vent. Enfin, il m'a fait comprendre que l'univers n'est pas entièrement sombre. Il cache la vie, la lumière, dans des milliers de recoins, dissimulée aux yeux de ceux qui ne savent pas regarder.

Alors vivez.
Mektoub

mercredi 29 mars 2017

La machine infernale de Jean Cocteau (chronique expresse vraiment mini)



titre : La machine infernale
auteur : Jean Cocteau
édition : Le Livre de Poche
collection : littérature & documents
nombre de pages : 154
parution : 1 janvier 1992
coût : 4,10€
lecture n°21

Synopsis : 

Obéissant à l'oracle, Oedipe résout l'énigme du Sphinx, tue son père et épouse sa mère. La peste s'abat sur Thèbes qui a couronné un inceste et un parricide. Quand un berger dévoile la vérité, la machine infernale des dieux explose.




Mon ressentit :

Ceci est une chronique est feeling(lundi à 22h30), je me sentais l'âme d'une poétesse 😂 Et je déteste réécrire mes chroniques.

J'avais adoré Antigone de Jean Anouilh, Iphigénie de Jean Racine. Je voulais retrouver cette puissance dans le théâtre, ce renouveau venant de l'Antiquité. 
Dans La machine infernale, j'ai retrouvé le mythe d'Oedipe, ma chère Antigone, mon bon Créon, mais pas ce petit truc en plus que je recherchais. 
Lu en une soirée, terminé sur un banc au lycée, je pense que je n'ai pas pris le temps de savourer cette pièce. Je n'ai pas pris le temps de sentir les mots, de les peser, de les dire à haute voix. 
Il faudrait que je le relise, cette fois plus doucement, en appréciant chaque phrase. Alors peut-être ue je retrouverai cet apaisement venu du fond des temps.

vendredi 10 février 2017

Fiche de lecture : Claude Gueux de Victor Hugo




titre : Claude Gueux
auteur : Victor Hugo
édition : Flammarion
collection : GF
nombres de pages : 91
parution : 1834
coût : 2,30€
lecture n°










Synopsis :

« Voyez Claude Gueux. Cerveau bien fait, cœur bien fait sans nul doute. Mais le sort le met dans une société si mal faite qu'il finit par voler. La société le met dans une prison si mal faite qu'il finit par tuer. Qui est réellement coupable ? Est-ce lui ? Est-ce nous ? »
Dans Claude Gueux, où s'entremêlent discours politique et récit d'un fait divers tiré de la Gazette des tribunaux, Victor Hugo met son talent oratoire et son éloquence au service d'une cause : l'abolition de la peine de mort et la mise en place d'une pénalité plus juste. À la fois prolongement du Dernier jour d'un condamné et préfiguration des MisérablesClaude Gueux constitue un repère majeur dans le parcours de l'écrivain engagé, et se situe au croisement des problématiques essentielles de l'œuvre hugolienne : la « grande question du peuple au XIXe siècle » et la peine de mort.

Mon avis :

Venant de terminer Le Dernier Jour d’un condamné et ayant adoré cette lecture, je m’attendais donc à apprécier ce second livre de Victor Hugo.
Le synopsis présente Claude Gueux comme une sorte de préquel aux Misérables, ainsi qu’un prolongement du Dernier jour d’un condamné. Alors pourquoi ce livre-ci est si peu connu ?

Cette fois, la couverture des éditions Flammarion n’est pas vierge. On peut y voir un homme, bien bâtit, souriant presque. Il est derrière des barreaux, rouges. Cette couleur ainsi que cette prison me fait penser qu’il sera incarcéré, puis tuer. Je ne peux donc m’empêcher d’établir avant même que je ne commence ma lecture, un parallèle avec Le dernier jour d’un condamné. Néanmoins, au premier plan de la couverture se trouve une paire de ciseaux blanche. Je dois dire que je ne comprends pas la place importante qu’occupe cet ustensile sur l’image.

Cette question se rajoute à la longue liste habituelle : qui est Claude Gueux ? Qu’a-t-il fait ? Que deviendra-t-il à la fin du roman ?


J’ai tout d’abord arrêté ma lecture à la page 9, ce livre ne possédant pas de chapitre. Claude Gueux était un homme honnête qui a du voler pour sa famille, et de ces quelques miches de pain subtilisées, il a écopé de cinq ans de prison.

Utilisé comme main d’œuvre pour des entreprises, il travaille bien, est respecté de ses camarades et, cela va de soit, détesté des geôliers. M.D., le directeur de la prison, le hait particulièrement car Claude Gueux n’en a que faire de ses sermons et ne compte pas se repentir de son vole.

Alors qu’il ne mange pas assez, un jeune homme du nom de Albin, partage avec lui sa ration. Ils deviennent amis, et même s’ils parlent peu, Claude l’affectionne énormément.

Mais le directeur, n’appréciant guère le protagoniste, transfert Albin dans un autre secteur et Claude se retrouve seule. Il ne comprend pas, cherche à comprendre pourquoi le geôlier lui a fait ça, mais à toutes ses questions, il n’obtient que des réponses absurdes telles que « rien », « parce que » ou encore « je ne reviens jamais sur mes décisions ».

A mon deuxième arrêt, Claude est désespéré. Malgré toutes ces requêtes, Albin ne lui a pas été rendu.

Le temps est passé trop vite, et cela me perd. Je n’arrive pas à comprendre comment Albin est devenu si important dans la vie du protagoniste. J’ai eu l’impression qu’ils ne se voyaient que très rarement, et que Albin ne faisait que donner du pain à Claude, et portant, celui-ci est comme obsédé.

Claude veut récupérer Albin, il implore je ne sais combien de fois au directeur de lui rendre son ami. Or celui-ci refuse, alors Claude le juge, et décide de le tuer. C’est une décision froide, réfléchie, posée. C’est une décision effrayante.

Après son jugement devant tous les prisonniers, quand M.D. arrive, Claude lui plante une hache dans le dos, plusieurs fois. Il voulait ensuite se tuer, malheureusement, les ciseaux de couture de sa femme, seul vestige de son passé, ne sont pas assez aiguisés. Un fois soigné, il est accusé de meurtre.


Je referme ce livre un peu déçue. Je n’ai pas retrouvé les émotions ressenties lors de ma lecture du Dernier jour d’un condamné. Le narrateur n’étant pas le protagoniste lui-même, il intervient régulièrement, ce que je n’apprécie guère.

Néanmoins, un passage m’a marquée. Quand, devant les juges, Claude laisse éclater sa colère et toute son amertume contre la société, son monologue est magnifique, peut-être la plus belle partie de ce livre.


Cet essaie politique se termine sur une morale. Une dénonciation de la société : Pourquoi cet homme a-t-il volé ? Pourquoi cet homme a-t-il tué ? Victor Hugo critique la peine de mort, explique qu’au lieu de couper des têtes, il faudrait les cultiver, les aider. Et, alors que cet auteur renommé désapprouvait cette pratique ignoble, il faudra attendre l’année 1981 avant qu’elle ne soit abolie.