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mardi 10 août 2021

Throwback Thursday

 J'ai découvert ce rendez-vous sur le blog Coffee & Books. 

Bettie du blog BettieRose books a décidé de reprendre le concept du Throwback Thursday d'Instagram (vous connaissiez vous ? moi pas du tout ^^') et de l'adapter à l'univers "livresque". 
Chaque jeudi, il faut trouver un livre dans notre bibliothèque (de préférence un qui s'y trouve depuis longtemps) qui correspond à un thème donné et en parler. Sympathique non ?
Le flambeau a été repris par le blog My Books, et c'est désormais chez elle que se fait le récapitulatif des liens.

Si vous connaissez un peu mon blog, vous savez que la régularité et moi, cela fait deux. Et donc, comme beaucoup de rendez-vous, Throwback Thursday n'a pas été vu ici depuis.... octobre 2020 ! Mais, en regardant mes libellés, il m'a littéralement sauté au visage, et j'ai eu envie d'en refaire (au moins un, soyons réaliste)

Le thème du jour (5 août 2021)
Le 15è livre de votre bibliothèque 



Le 15è livre de ma bibliothèque n'est pas des plus fun, il s'agit de Sur Racine, de Rolland Barthes. On avait du le lire pour le cours de lettres en hypokhâgne, cela me parait tellement loin ! J'ai de vagues souvenirs, les trois espaces raciniens, les deux éros, le tenebroso racinien, les vêtements et les cheveux qui montrent les passions... Bref, Barthes, c'est l'art de dire des choses simples de façon compliquée, comme beaucoup de théoriciens littéraires d'après moi.

"Ce que Racine exprime immédiatement, c’est donc l’aliénation, ce n’est pas le désir. Ceci est évident si l’on examine la sexualité racinienne, qui est de situation plus que de nature. Dans Racine, le sexe est lui-même soumis à la situation fondamentale des figures tragiques entre elles, qui est une relation de force.
Le sexe est un privilège tragique dans la mesure où il est le premier attribut du conflit originel : ce ne sont pas les sexes qui font le conflit, c’est le conflit qui définit les sexes."
Sur Racine, de Rolland Barthes, 1963, paru aux Editions Points, collection Essais en 2014

Et vous, c'est lequel, le 15è livre de votre bibliothèque ?



vendredi 10 février 2017

Fiche de lecture : Claude Gueux de Victor Hugo




titre : Claude Gueux
auteur : Victor Hugo
édition : Flammarion
collection : GF
nombres de pages : 91
parution : 1834
coût : 2,30€
lecture n°










Synopsis :

« Voyez Claude Gueux. Cerveau bien fait, cœur bien fait sans nul doute. Mais le sort le met dans une société si mal faite qu'il finit par voler. La société le met dans une prison si mal faite qu'il finit par tuer. Qui est réellement coupable ? Est-ce lui ? Est-ce nous ? »
Dans Claude Gueux, où s'entremêlent discours politique et récit d'un fait divers tiré de la Gazette des tribunaux, Victor Hugo met son talent oratoire et son éloquence au service d'une cause : l'abolition de la peine de mort et la mise en place d'une pénalité plus juste. À la fois prolongement du Dernier jour d'un condamné et préfiguration des Misérables, Claude Gueux constitue un repère majeur dans le parcours de l'écrivain engagé, et se situe au croisement des problématiques essentielles de l'œuvre hugolienne : la « grande question du peuple au XIXe siècle » et la peine de mort.

Mon avis :

Venant de terminer Le Dernier Jour d’un condamné et ayant adoré cette lecture, je m’attendais donc à apprécier ce second livre de Victor Hugo.
Le synopsis présente Claude Gueux comme une sorte de préquel aux Misérables, ainsi qu’un prolongement du Dernier jour d’un condamné. Alors pourquoi ce livre-ci est si peu connu ?

Cette fois, la couverture des éditions Flammarion n’est pas vierge. On peut y voir un homme, bien bâtit, souriant presque. Il est derrière des barreaux, rouges. Cette couleur ainsi que cette prison me fait penser qu’il sera incarcéré, puis tuer. Je ne peux donc m’empêcher d’établir avant même que je ne commence ma lecture, un parallèle avec Le dernier jour d’un condamné. Néanmoins, au premier plan de la couverture se trouve une paire de ciseaux blanche. Je dois dire que je ne comprends pas la place importante qu’occupe cet ustensile sur l’image.

Cette question se rajoute à la longue liste habituelle : qui est Claude Gueux ? Qu’a-t-il fait ? Que deviendra-t-il à la fin du roman ?


J’ai tout d’abord arrêté ma lecture à la page 9, ce livre ne possédant pas de chapitre. Claude Gueux était un homme honnête qui a du voler pour sa famille, et de ces quelques miches de pain subtilisées, il a écopé de cinq ans de prison.

Utilisé comme main d’œuvre pour des entreprises, il travaille bien, est respecté de ses camarades et, cela va de soit, détesté des geôliers. M.D., le directeur de la prison, le hait particulièrement car Claude Gueux n’en a que faire de ses sermons et ne compte pas se repentir de son vole.

Alors qu’il ne mange pas assez, un jeune homme du nom de Albin, partage avec lui sa ration. Ils deviennent amis, et même s’ils parlent peu, Claude l’affectionne énormément.

Mais le directeur, n’appréciant guère le protagoniste, transfert Albin dans un autre secteur et Claude se retrouve seule. Il ne comprend pas, cherche à comprendre pourquoi le geôlier lui a fait ça, mais à toutes ses questions, il n’obtient que des réponses absurdes telles que « rien », « parce que » ou encore « je ne reviens jamais sur mes décisions ».

A mon deuxième arrêt, Claude est désespéré. Malgré toutes ces requêtes, Albin ne lui a pas été rendu.

Le temps est passé trop vite, et cela me perd. Je n’arrive pas à comprendre comment Albin est devenu si important dans la vie du protagoniste. J’ai eu l’impression qu’ils ne se voyaient que très rarement, et que Albin ne faisait que donner du pain à Claude, et portant, celui-ci est comme obsédé.

Claude veut récupérer Albin, il implore je ne sais combien de fois au directeur de lui rendre son ami. Or celui-ci refuse, alors Claude le juge, et décide de le tuer. C’est une décision froide, réfléchie, posée. C’est une décision effrayante.

Après son jugement devant tous les prisonniers, quand M.D. arrive, Claude lui plante une hache dans le dos, plusieurs fois. Il voulait ensuite se tuer, malheureusement, les ciseaux de couture de sa femme, seul vestige de son passé, ne sont pas assez aiguisés. Un fois soigné, il est accusé de meurtre.


Je referme ce livre un peu déçue. Je n’ai pas retrouvé les émotions ressenties lors de ma lecture du Dernier jour d’un condamné. Le narrateur n’étant pas le protagoniste lui-même, il intervient régulièrement, ce que je n’apprécie guère.

Néanmoins, un passage m’a marquée. Quand, devant les juges, Claude laisse éclater sa colère et toute son amertume contre la société, son monologue est magnifique, peut-être la plus belle partie de ce livre.


Cet essaie politique se termine sur une morale. Une dénonciation de la société : Pourquoi cet homme a-t-il volé ? Pourquoi cet homme a-t-il tué ? Victor Hugo critique la peine de mort, explique qu’au lieu de couper des têtes, il faudrait les cultiver, les aider. Et, alors que cet auteur renommé désapprouvait cette pratique ignoble, il faudra attendre l’année 1981 avant qu’elle ne soit abolie.