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jeudi 22 juillet 2021

Le Manifeste des 343, L'Histoire d'un combat, de Hélène Strag, Adeline Laffitte et Hervé Duphot


Titre : Le Manifeste des 343, L'Histoire d'un combat
Scénaristes : Hélène Strag et Adeline Laffitte
Illustrateur : Hervé Duphot 
Edition : Marabulles
Nombre de pages : 144
Parution : 7 octobre 2020
Coût : 17,95€



4ème de couverture : 

Fin 1970, Nicole, jeune documentaliste au Nouvel Observateur s’indigne du sort des femmes obligées d’avorter clandestinement. Elle décide de mettre en place une action d’envergure avec le Mouvement de Libération des Femmes et de monter un « scoop » destiné à changer la société et les mentalités… 
Ce sera le Manifeste des 343, rédigé par Simone de Beauvoir, signé par 343 Françaises connues ou inconnues et publié par le Nouvel Observateur le 5 avril 1971, alors que l’avortement était illégal en France. Cette audace a marqué l’histoire du féminisme français et ouvert la voie à la loi Veil dépénalisant l’avortement, adoptée en 1975. 

Du manifeste des 343, l’Histoire a surtout retenu la couverture satirique de Cabu 
dans Charlie Hebdo. 50 ans après, les auteurs ont voulu revenir sur les événements qui ont conduit à sa parution dans Le Nouvel Observateur et redonner à chacun·e son rôle légitime.


Avis : 

Une fois n'est pas coutume, je vous parle d'une bande dessinée, et je voulais tellement la lire celle-ci aussi. C’est maintenant (depuis juin mais bon) chose faite grâce à mon stage dans un CDI (bah quoi, en faisant l’inventaire, je l’ai emprunté ;)


L’avortement est pour moi un sujet extrêmement important. Je le considère comme un droit, un droit qu’à chaque femme de pouvoir choisir sa grossesse, son corps, sa vie. Mais c’est un droit pour lequel il faut se battre, encore aujourd’hui, et je dois avouer que je ne connaissais pas vraiment son histoire. 


Le Manifeste des 343, l’Histoire d’un combat fut donc une lecture à la fois dure et nécessaire. Dure, car le sujet, certaines images, certains histoires m’ont mis un coup, nécessaire car je pense qu’il faudrait connaître l’histoire de chaque combat. On connaît la création de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyens, mais on ne connaît pas, ou peu l’histoire du droit à l’IVG, du droit de vote des femmes et de tant d’autres droits. 


J’ai beaucoup appris dans cette bande dessinée romancée. Elle a fait le lien avec la bande dessinée Simone Veil : L’Immortelle illustrée aussi par Hervé Duphot. 

J’ai appris comment l’idée d’une pétition signée par des femmes ayant avorté est née dans l’esprit d’une journaliste. J’ai appris la difficulté que cela a été de mettre en place ce manifeste. J’ai appris le travail de groupe entre le journal, la journaliste et le MLF. J’ai revu des choses que je trouve aberrantes : les décès suites aux avortements clandestins, le danger pour les médecins pratiquant cela de façon saine. J’ai eu froid dans le dos.


Encore une fois, je trouve que le format est parfait. Nous avons les pages aux différents tons chauds qui nous permettent de nous retrouver (le ton changera si l’on ne suit plus le même personnage) et qui sont entrecoupées de pages noires : les infos télévisées. J’ai trouvé cela très intéressant, petite parenthèse nous plongeant encore plus dans le passé. 


Cette bande dessinée, c’est un devoir de mémoire pour moi, une lecture indispensable pour se souvenirs des horreurs du passée afin de ne pas les reproduire, de continuer de se battre.


Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)

avortement  - saignements - 


Un peu de dates : 


1967 : légalisation de la contraception, malheureusement, encore trop peu démocratisée et uniquement pour les femmes majeures de plus de 21 ans.

1970 : création du MLF, Mouvement de Libération des Femmes, mouvement féministe, autonome et non-mixte

28 août 1970 : le MLF dépose, sous l’Arc de Triomphe, une gerbe de fleurs pour la « femme du soldat inconnu »

5 avril 1971 : Manifeste des 343 dans le Nouvel Observateur, 343 femmes signent une pétition disant avoir avorté et souhaitant la dépénalisation de l’avortement 

juillet 1971création de l'association Choisir par Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi, mouvement de lutte pour la dépénalisation de l'avortement 

octobre et novembre 1972 : procès de Bobigny. Procès d'une jeune mineure ayant avorté après un viol et de 4 femmes majeurs, complices ou pratiquante, défendues par Gisèle Halimi.

3 février 1973 : Manifeste des 331 dans le Nouvel Observateur, 331 médecins signent une pétition disant qu’ils pratiquent l’avortement 

avril 1973 : création du MLAC, Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception avec pour objectif la diffusion d'une information sexuelle, la liberté de la contraception et l'avortement
décembre 1974 : Loi sur la contraception libre et gratuite, par Simone Veil qui autorise les centres de planning familial à délivrer aux mineures à titre gratuit et anonyme des contraceptifs sur prescription médicale, sans limite d'âge
12 janvier 1975 : Loi Veil, dépénalisation de l'avortement 


mardi 13 juillet 2021

TAG PKJ : Les Couleurs

Hello ! J'ai découvert ce TAG sur le blog de Two Girls and Books que j'aime beaucoup visiter. Et j'ai eu envie de le reprendre. J'aime bien les TAG, je m'amuse à les faire et ça fait vivre mon blog. Alors c'est parti ? 

un des mots du titre est une couleur


Difficile difficile... Surtout qu'il faut lire tous les recueils de sa bibliothèque 😂 Finalement, j'en ai trouvé 2, ce qui fait 2 de plus que prévu 😂
Les Yeux jaunes du crocodile, de Katherine Pancole. Techniquement, il est à ma maman, mais je le lui ai emprunté depuis tellement longtemps... Et je ne l'ai toujours pas lu...
La Bicyclette bleue, de Régine Desforges. Je dois avoir à peu près toute la saga. Je me souviens avoir adoré le tome 1, je crois que j'ai lu le 2, mais j'en garde peu de souvenirs. J'aimerais bien continuer tiens...

la couverture est en majorité jaune


Un simple coup d'oeil sur la tranche m'en a donné 3 : 
Et soudain tout change, de Gilles Legardinier. J'ai beaucoup aimé toute sa collection avec les chats en couverture. Je me souviens avoir eu du mal à lire celui-ci, le sujet me rendait triste
Julie ou la nouvelle Héloïse, de Rousseau,  le fond derrière le dessin est jaune. Typiquement une lecture des grands-parents. J'aimerais la lire un jour, mais c'est un telle pavé...
Enfin, encore un faut jaune derrière le tableau : La Renaissance et ses avant-courriers dans l'art d'Occident, de Erwin Panofsky. Sujet sensible, il s'agit d'un des livres du programme d'oral de l'ENS ; je devrais profiter de ses vacances pour le lire, mais soyons sérieux, j'ai vraiment besoin de vacances sans livres de cours.

tous les tomes de la saga sont dans les mêmes tons



Tous les tomes de la saga Instinct de Vincent Villeminot sont gris, avec juste la couleur du titre qui change. Je ne me souviens plus si j'ai lu le dernier tiens ...

les couleurs de la couverture reprennent celles du drapeau de votre pays


Du bleu, blanc, rouge ? On va trouver ça !
Si je ne trouve pas mieux, j'ai Dans les coulisses du musée, de Kate Atkinson. On a les mêmes couleurs que le Royaume Uni n'est-ce pas ?

le titre du livre est de couleur rouge


Alors là, je suis étonnée, j'en ai plusieurs et il s'agit pour la plupart de bouquins d'ASH (programme d'oral). J'ai dit que j'étais en vacances, donc, parlons d'autre chose. J'ai réussi à en trouver un autre : La Daronne, de Hannelore Cayre. Il a l'air franchement bien, mais il s'est trouvé dans mon sac un jour où ma gourde a fuit, résultat, les pages sont toutes gondolées et assez difficile à lire...

la couverture est aux couleurs de l'automne


Les couleurs de l'automne, ce sont le marron, le orange, le rouge... La couverture de Sido, de Colette, a ces couleurs, et même un peu de nature pour accentuer la saison

la couverture reprend uniquement trois couleurs


Justice sauvage
, de Gaspard Flamant, ma dernière lecture Sarbacane : du jaune, du noir et une lettre rouge.

il y a un effet brillant sur la couverture


Un effet brillant ? Il y en a surtout sur les grands formats, et j'en ai assez peu ici. La couverture de Minuit ! Douze histoires d'amour à Noël en a ! Un coeur en liseré doré autour du titre. Je n'ai pas encore fini ce recueil, je lis une nouvelle de temps en temps, malheureusement, j'ai une impression générale de déception, dans l'écriture, la romance, les personnages... je ne sais pas trop pourquoi, il me manque de la profondeur.

la couverture est en majorité verte


La couverture de Cacao, de Jorge Amado est verte. C'est un court roman brésilien que je n'ai, est-il nécessaire de le préciser toujours pas lu.

la couverture est de votre couleur préférée


Ma couleur préférée est le bleu ! J'aime le bleu électrique, le bleu pastel, le bleu d'eau... Sur De pierre et d'os, de Bérengère Cournut se trouvent différents bleus. C'est ma mamie qui m'a offert ce livre à Noël l'an dernier, je l'ai commencé, j'ai beaucoup aimé, mais l'hypokhâgne (j'aime tout mettre sur le dos des cours, vous commencez à me connaitre) m'a fait arrêter.

la couverture reprend au moins sept couleurs de l'arc-en-ciel

Je ne trouve malheureusement pas. De suite, je pense à J'ai avalé un arc-en-ciel de Erwan Ji mais je ne l'ai pas dans ma bibliothèque, je l'avais emprunté au CDI de mon lycée.

la couverture est noire et blanche 


Les Séquestrés d'Altona
, de Jean-Paul Sartre
a une couverture noire et blanche, si on ne compte pas le vert qui colore Jean-Paul Sartre. J'ai lu cette pièce en première, je ne m'en souviens plus très bien mais j'avais aimé.

vendredi 9 juillet 2021

Les Impatientes, de Djaïli Amadou Amal


titre : Les Impatientes
autrice : Djaïli Amadou Amal
édition : Emmanuelle Collas 
nombre de pages : 252
parution : 4 septembre 2020
coût : 17€
récompenses : Prix Orange du livre en Afrique 2019, Prix Goncourt des Lycéens 2020




4ème de couverture : 

Trois femmes, trois histoires, trois destins liés.

Ce roman polyphonique retrace le destin de la jeune Ramla, arrachée à son amour pour être mariée à l'époux de Safira, tandis que Hindou, sa soeur, est contrainte d'épouser son cousin. 

Patience ! C'est le seul et unique conseil qui leur est donné par leur entourage, puisqu'il est impensable d'aller contre la volonté d'Allah. Comme le dit le proverbe peul : « Au bout de la patience, il y a le ciel. » Mais le ciel peut devenir un enfer. Comment ces trois femmes impatientes parviendront-elles à se libérer ?

Mariage forcé, viol conjugal, consensus et polygamie : ce roman de Djaïli Amadou Amal brise les tabous en dénonçant la condition féminine au Sahel et nous livre un roman bouleversant sur la question universelle des violences faites aux femmes.

Avis : 

En me promenant dans une librairie, j’ai vu ce livre dans les nouveautés. Je me suis dit « pourquoi pas », mais je ne l’ai pas pris. Plus tard, j’ai vu qu’il avait gagné le prix Goncourt des lycéens. Je me suis dit « il faut que je le lise ». Ensuite, mon prof de géo nous en a parlé, disant qu’il pouvait servir d’accroche pour nos dissertations sur Populations et inégalités ; il en avait même fait un résumé. Je me suis dit « je veux vraiment le lire ». Mais je ne l’ai pas lu. Ce n’est qu’en sortant de l’épreuve de géographie, fin avril, que je l’ai vu à la bibliothèque. Et là, je l’ai lu. 


Les Impatientes est un recueil de 3 nouvelles mettant en lumière la vie de 3 femmes, liées. Ramla, 18 ans, raconte le moment ses noces avec un homme qu’elle n’aime pas, l’annonce, les préparatifs, les mises en garde, les conseils… Sa soeur Hindoux raconte son mariage avec son cousin, et surtout ce qui suit : la « nuit de noce », les viols, les violences, la solitude. Enfin, il y a Safira, la co-épouse de Ramla, qui raconte l’arrivée de cette nouvelle femme, la peur de l’abandon, les croyances, les marabouts pour rester le seul amour de son époux.


Après toute cette attente, j’ai eu du mal à entrer des le texte. Je n’accrochais pas, l’écriture me gênait, il y avait trop de virgules, je me sentais coupée dans ma lecture. Peut-être est-ce ce temps d’habituation qui m’a fait moins aimer la première nouvelle. 


Ou peut-être est-ce le contraste avec l’histoire d’Hindoux. J’ai été complètement happée par cette intrigue. Pourquoi ? C’était l’horreur qui m’empêchait d’arrêter. J’ai eu le souffle coupé par cette histoire.


Les Impatientes est fiction. Pourtant, tout au long du recueil, je n’ai pu m’empêcher de penser à la réalité. Car cela arrive. Ce n’est pas sorti tout droit de l’imagination de l’autrice. Djaïli Amadou Amal a été mariée de force.

Mariage forcé, vieille fille à 18 ans, études rares pour les filles, viol, polygamie, marabout, sort, violence, marchandisation de la femme… Ca ne peut pas être vrai, pas au XXIème siècle ! Et pourtant… Ce livre m’a fait réfléchir sur la société musulmane. Ce sont des moeurs que je ne connais pas et j’ai maintenant envie d’en apprendre plus, plus sur cette religion, ses moeurs et ses pays pratiquants qui, pour moi, se cachent derrière une interprétation pour commettre tout ça.


Petit update du 9 juillet : 

Plus d’un mois après, j’ai toujours ce souvenir fort d’une lecture révoltante, horrifiante et importante. J’aime ces livres qui font me font réfléchir, évoluer, ces livres qui m’en apprennent plus sur le monde dans lequel je vis. J’ai de plus en plus envie de lire des histoires, des essais sur des choses que je ne connais pas ou peu, et pour cela, je recommande Les Impatientes.


Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
viol  - violences physiques - 

lundi 21 juin 2021

Justice sauvage, de Gaspard Flamant

titre : Justice sauvage
auteur : Gaspard Flamant
édition : Sarbacane 
édition : Exprim'
nombre de pages : 208
parution : 2 juin 2021
coût : 16€

 



4ème de couverture : 

Après le percutant Shorba (finaliste des Pépites de Montreuil 2018), Gaspard Flamant signe un véritable brûlot, tenant à la fois de la comédie de potes et du thriller d’aventure ! 

Sur le bord d’une route, pourchassée par une moto, une femme court pour ne pas mourir. Elle est sans papiers, et vient d’échapper à un réseau de prostitution. Deux hommes la sauvent, in extremis. Ils n’ont pas des allures de héros classiques : un braqueur en promenade et un étudiant plutôt paumé. Faute de mieux, ils la cachent au milieu des caïds des quartiers Nord de Marseille. Mais ni Fatoumata ni Malik et Zinga n’ont l’intention de se contenter de fuir. Alors, aidés par tout ce que la France compte de marginaux et de têtes brûlées, ils vont remonter une à une les étapes qui ont conduit leur nouvelle amie en enfer. Parce que quand des fascistes s’associent aux proxénètes pour chasser les migrants, le trio ne voit qu’une seule solution : course poursuite, fusil à pompe et justice sauvage.


Avis : 

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture 

Est-ce que je tente un résumé de Justice sauvage ? Malik, étudiant un peu perdu, est pris en stop par Zinga au look de taulard un peu bourru. Sur la route, il font la rencontre de Fatoumata, ouagalaise couverte de sang et fuyant un réseau de prostitution. A partir de là, on entre dans un autre monde. Farandole de personnages éclectiques aux destins différents. J’ai du mal à condenser Justice sauvage. 

C’est un roman intense, prenant. Je me suis retrouvée entrainée par ce groupe, je m’y suis attachée. D’ailleurs, il m’a fait pensé aux trois héros de Ceux qui traversent la mer reviennent toujours à pied de Marine Veith : un étudiant un peu paumé, une migrante africaine, un monsieur bourru, du stop… Mais là où Ceux qui traversent la mer reviennent toujours à pied m’avait laissé mitigée, sans trop d’impact, j’ai été prise dans ma lecture de Justice Sauvage


J’ai aimé l’aventure, toujours bouger, voyager, voir des lieux hors du temps côtoyer des plus prosaïques. J’ai aimé la relation des personnages, presque familiale, une entraide des gens oubliés. 


Bien sûr, Justice sauvage est un roman violent. C’est un roman qui dépeint une réalité violente, atroce pour certains, drogue, prostitution… C’est révoltant. Et en même temps, au milieu de cette violence, il a de l’amour, de l’espoir, de charmantes parenthèses. J’ai rit des répliques des personnages, de l’humour de Zinga et de Malik. Comme le dit Marinette, « On en vient à aimer et supporter des hommes et femmes elleux-aussi peu recommandables et violent.e.s, qui mènent leurs propres combats pour une justice à aller chercher »


Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
violence physique - sang - mort - prostitution -

Les Picapoches, à l'assaut des mØmbres vaudous, de Rolland Auda


titre : Les Picapoches, à l'assaut des mØmbres vaudous
auteur : Rolland Auda
illustratrice : Caroline Hue
édition : Sarbacane
collection : Pépix
nombre de pages : 176
parution : 2 juin 2021 
âge : 8-12 ans
coût : 10,90






4ème de couverture : 


Une aventure supersonique mêlant un groupe de gosses extraordinaires, un méchant doté de machines diaboliques, des zombies téléguidés dans un feu d’artifice d’imaginaire ! 

Qu’est-ce qui peut pousser Martin et ses amis, élèves de 6e, à devenir du jour au lendemain une bande de pickpockets ? Et qui est cette mystérieuse Voix qui leur ordonne, par téléphone, de voler les smartphones des passants ? Face à une épidémie maléfique qui tue les habitants de leur petite ville, les cinq « Picapoches » auront pour mission d’empêcher Lazare Tremoldov et ses inquiétants sbires, les mØmbres, d’envoûter la population à l’aide d’une application numérique… Ils devront pour cela apprendre à piquer dans les poches, se découvrir des pouvoirs insoupçonnés, affronter leur terrible professeure de français, Mortadella, et aller au coeur de la demeure d’un prêtre vaudou qui ne rêve que d’une chose : faire de nous tous ses esclaves zombies.


Avis :

 Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

J’ai passé un agréable moment avec ce nouveau Pépix. Un jour, Martin reçoit un étrange colis, une Voix lui donne une mission par téléphone : sauver le monde des MØmbres. Bien sûr, Martin croit à une blague, mais il finit par réunir ses amis, Isha, Manolo, Louise et Yacine et ensemble, ils vont devoir faire confiance à la Voix pour sauver les habitant de Digne-les-Bains d’une mort étrange. 


L’idée est originale, à la fois amusante et pédagogique (attention au téléphone). Et puis le mot "picapoche" est vraiment génial, il fallait l'inventer ! 


On voit que le gang des Picapoches est soudé, et j’aime l’amitié de ces cinq enfants, l’entraide et les punchlines amicales. Les remarques que Martin nous destinait, à nous lecteurs, étaient elles aussi bien revigorantes. 


Les Picapoches, À l’assaut des mØmbres vaudous, c’est un roman d’espionnage revisité. Les nouveaux James Bond ? Des enfants de 6ème de Digne-les-Bains . Je m’attendais donc à un peu plus de gadgets, je les aurais préférés aux « signes particuliers ». Quoique cette partie était quand même adorable : chaque enfant, chaque individus, possède en sois une qualité exceptionnelle, utile.


Ma seule déception est le rôle de Mortadella, leur professeur de français. J’aurais aimé qu’elle n’est pas un si mauvais rôle à la fin du livre, vous savez, retournement de situation et la vilaine prof est en réalité sympathique, quand on comprend son fonctionnement. 


En bref, encore une bonne lecture que je ferai bien lire à mon petit frère…

mercredi 26 mai 2021

L'année de grâce, de Kim Liggett


titre : L'année de grâce
autrice : Kim Liggett
édition : Casterman
nombre de pages : 528
parution : 7 octobre 2020
coût : 19,90€
récompenses : Prix Millepages 2020 et Prix Libr'à nous 2021





4ème de couverture : 

Celles qui survivront ne seront plus jamais les mêmes.

« Personne ne parle de l’année de grâce. C’est interdit.
Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes et de rendre les épouses folles de jalousie. Notre peau dégagerait l’essence pure de la jeune fille, de la femme en
devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans : notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions réintégrer la communauté.
Pourtant, je ne me sens pas magique.
Ni puissante. »

Un an d’exil en forêt.
Un an d’épreuves.
On ne revient pas indemne de l’année de grâce.
Si on en revient.

Avis : 

 Ceci est une chronique « coup de gueule ». Je n’arrive pas à écrire cette chronique sans tout déverser. J’ai besoin d’extérioriser, d’en parler avec d’autres qui ont lu le roman. Elle va donc, une fois n’est pas coutume, contenir quelques spoilers.


L’année de grâce fut une déception. Je m’attendais à un roman révolutionnaire, féministe, engagé. Au lieu de ça, j’ai plutôt trouvé un roman ado basique. Ai-je grandi ? Avais-je trop d’attentes ? 


Le lieu de l’intrigue est inconnu, l’époque aussi, mais les valeurs sont celles du Moyen-Âge. Les filles sont mariées de force, à 16 ans, âge où leur « magie » se déclenche. Juste après les propositions de mariage, qui se font en huit-clos uniquement masculin, les jeunes filles sont envoyées en forêt pour dissiper leur magie et revenir inoffensives. C’est l’année de grâce. L’héroïne, Tiernan, est dès le départ différente des autres. Elle ne veut pas se marier, ne croit pas à la magie, rêve (ce qui est interdit), elle veut être libre, indépendante. 

Pourquoi, pour une fois, ne pourrait-on pas avoir un groupe d’héroïnes et non une seule ? 


Le groupe, c’est ce que j’espérais voir apparaître dans ce roman. Une entraide féminine, féministe. Or, l’année de grâce fait ressortir le pire chez les jeunes filles, l’autrice déploie une violence impressionnante. Pourquoi ce surplus de violence physique, de barbarie ? Peut-être était-ce la frustration que ressentaient les femmes d’être mal traitées en ville qui ressortait entre elles et contre elles durant l’année de grâce ? Néanmoins, je n’ai pas trouvé cela utile, j’avais l’impression d’une violence gratuite, comme dans le film Blanche Neige et le chasseur où les mères défigurent leurs filles pour qu’elles ne soient pas plus belles que la Reine.


Cette violence m’a paru encore plus déplacée quand j’ai découvert au fil des pages une histoire d’amour trop clichée à mon goût. SPOIL La proie et le braconnier, l’amour interdit. SPOIL Dans ce livre féministe, j’aurais aimé une héroïne véritablement indépendante, qui n’a pas besoin d’un homme pour lui faire se rendre compte de la société aberrante dans laquelle elle vit. Or, j’ai eu l’impression de retomber dans une histoire niaise, exactement comme ce que j’avais ressenti à la lecture de VOX, de Christina Dalcher.


Comme pour le roman de Christina Dalcher, le sujet est important : sexisme, machiste, domination masculine et peur de la femme. Et comme pour ce roman, L’Année de grâce a, pour moi, échoué à le traiter sur la longueur de l’intrigue. 


Parlons en de cette intrigue. L’environnement moyenâgeux et magique me paraissait un très bon moyen de détourner tout en parlant d’aujourd’hui (le principe de mise à distance spatiale et temporelle qu’utilisent Saint-Simon dans ses Mémoires, Du Bellay dans Les Regrets, et bien d’autres, permet ainsi de mieux se rendre compte de notre réalité sans entrer en confrontation directe avec elle). Malheureusement, j’ai trouvé le cadre mal posé, il me manquait des détails, des explications : comment en était-on arrivé là ? pourquoi les filles étaient-elles dotées de « magie » ? Et j’ai trouvé de nombreuses facilités scénaristiques (la fin, notamment)


Enfin, et après promis j’arrête ma diatribe contre L’année de grâce, j’ai été gênée par l’écriture. Je ne sais pas si c’est la traduction ou l’originale, mais pour moi, cela sonnait faux. Le vocabulaire utilisé ne convenait pas, j’avais l’impression qu’elle (autrice ou traduction) voulait montrer ses connaissances, ses mots savants. Mais cela n’apportait rien à l’intrigue, au contraire. Certains auteurs ont une langue en excès, des personnages de l’excès, mais c’est fait exprès, comme le Capitan Matamore de qui Scarron se moque et sur qui il cherche à surenchérir (ou comme moi qui tente de réutiliser mes cours dans mes chroniques).


Contrairement à beaucoup d’avis, sur internet, en librairie, je n’ai pas accroché avec L’année de grâce. Mais si ce livre permet à ses lectrices et lecteurs de réfléchir aux problématiques abordées, alors je pense que Kim Liggett aura rempli le contrat médiatique du « livre féministe » et c'est ce qui m'importe, qu'un livre véhicule un message.


Avertissements : 
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violence physique - sang - mort  -

jeudi 20 mai 2021

Jeux jaloux, de Stéphanie Richard



titre : Jeux jaloux
autrice : Stéphanie Richard
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 208
parution : 5 mai 2021
coût : 16€





4ème de couverture : 

Dylan, 18 ans, un bac tout frais en poche, s’installe à Paris pour faire une prépa maths.
Une nouvelle vie s’offre à lui dans les beaux quartiers de la capitale.

À un cours de théâtre, il rencontre Emma.
Coup de foudre immédiat !

Dans le même temps, Dylan se lie d’amitié avec Cecil, un dandy à l’humour caustique.
Et soudain, sans qu’il n’ait rien vu venir, il tombe dans l’œil du cyclone. Un tourbillon de jeux jaloux qui le dépasse et l’écrase. Comment ont-ils pu en arriver là ?


Avis : 

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture 

Cette fin m'a donné une véritable claque, fin de théâtre. J’en suis abasourdie, je ne peux penser à rien, au point que j’ai mis plus de 2 semaines à écrire cette chronique.


Alors que Dylan entre en première année de prépa scientifique à Paris, il rencontre Emma au club de théâtre. C’est le coup de foudre. Un coup de foudre théâtral. Puis vient Cecil. Et ça complique tout.


Jeux Jaloux m’a laissé une impression très bizarre. Je ressentais comme un malaise, les relations des personnages me dérangeaient. La fin m’a apporté une réponse à ce malaise, mais elle n’explique pas tout. J'ai été gênée par ce livre, peut-être parce que j’étais complètement absorbée. J’avais l’impression d’être en proie à une pulsion malsaine, un espionnage, la pulsion scopique de Lacan, vous connaissez ? le fait de regarder quelque chose d’irregardable, d’insoutenable, mais de le faire quand même, comme quand on passe devant un accident de voiture et que l’on cherche les blessés. Je ne pouvais pas lâcher ce livre et en même temps j’observais en me disant : « c’est quoi ça ? ».


J’ai trouvé la romance irréaliste, tomber amoureux aussi vite ? Mais leurs dialogues à l’ancienne, tous mignons, sont extrêmement amusants : 

"Mon aimée." 

"Pour le voyage au Japon, ce sera pour fêter tes 20 ans. En attendant, voici mon présent..."

" - Tu fais quoi ?

   - Je pense à toi ma belle envolée en mangeant du nougat.

   - Tu me trompes avec du nougat ?

   - Oui... Tendre et croquant comme toi !

   - Je tordrai le cou à ce nougat à peine rentrée, il ne perd rien pour attendre !

   - Je t'aime !

   - Moi aussi... "


Pour l’écriture, pas de doute, Stéphanie Richard me tenait complètement en haleine. Je n’arrêtais pas de me demander « mais pourquoi ? mais comment ? ». A la fin, j’étais à la fois rassurée et horrifiée. J’aurais aimé plus d’explications, mais en même temps, c’est parce qu’elle était abrupte que la fin m’a marquée.


Jeux jaloux est un roman addictif, sombre, où se mettre à la place de Dylan, suivre ses sentiments ou les évènements, est compliqué. Qui croire ? L'amoureuse ? L'ami ? Jeux jaloux n'est pas un simple triangle amoureux comme on en a lu cent fois. C'est plus subtile, jouant sur les faux-semblants, les incertitudes. Et à la fin, il est difficile de classer cette lecture.


Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
propos homophobes - violence verbale