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mardi 16 février 2021

Soleil jusqu'à la fin, de Mélanie Georgelin


titre : Soleil jusqu'à la fin

autrice : Mélanie Georgelin

édition : Sarbacane

collection : Exprim'

parution : 3 février 2021

coût : 16€








4ème de couverture : 


"Un soir d'hiver, avec tante Teresa, 
on a quitté le bitume de mon enfance. 
C'est arrivé parce que Maman a claqué 
comme une ampoule. Clac, fini la vie, 
fini, d'un coup d'un seul elle a claqué. 
Noir complet." 

Amaya a douze ans quand elle voit sa mère mourir de chagrin, après le départ brutal de son père avec une Arlésienne. Aussi sauvage que sa tignasse indomptable, adulte avant l’âge, habituée à s’occuper de ses parents, elle atterrit dans un orphelinat, y enchaîne les joies et les chagrins, découvre une ribambelle de mômes brisés et d’adultes bancals qu’elle tente de réanimer comme elle peut, à coups d’histoires saugrenues et de mensonges poétiques.
Mais ce mode de survie n’a qu’un temps : Amaya est vite rattrapée par la vie telle qu’elle est, celle qui frappe sans crier gare et qui ne fait pas de quartiers. Jusqu’à ce qu’elle débarque chez Pierrot et Madeleine, un couple de vieux fous amoureux, étranges et facétieux, avec qui elle va découvrir de nouveaux horizons…



Avis : 



Merci aux Editions Sarbacane pour cet envoi, et à Laure pour le choix, ce fut un coup de cœur !


«  - Pour l'instant, tout est difficile... Un enfant n'a pas voix au chapitre. Et puis un jour, tu verras, on est adulte, et on commence à avoir le choix. Le choix de tout, certainement pas, et d'ailleurs, ça dépend des vies, faut pas se raconter des idioties. Mais comme j'ai réfléchi à ces questions depuis longtemps, je pense qu'on a toujours au moins un choix : celui de qui on veut être, au sens où on peut choisir, même dans les situations les plus moches, de rester humain. Je crois que c'est notre seule liberté. »



Amaya est une petite fille de 12 ans, c’est jeune 12 ans pour supporter toutes les merdes qui lui arrivent. Alors, pour ne pas s’effondrer, Amaya s’est construit une carapace. Un carapace pleine de  cynisme avec un caractère bien trempé.

« « La vie c'est une tartine de merde, et on en mange un peu tous les jours », disait ma mère, je m'en souviens. »


Et cette carapace cache en fait une petite chose sensible et douce. Mais, c’est dur de se montrer vulnérable n’est-ce-pas ? Pour moi, Soleil jusqu’à la fin, c’est ça : apprendre, non plus à survivre, mais à vivre. A vivre avec toute la difficulté de la vie, en l’acceptant, en la comprenant, en l’aimant même peut-être ? 

« Si tu estimes que ce que je dis est débile, dis-toi que j'essaie seulement de compenser l'absurdité de ce monde. »



Mais qu’est-ce que ce livre m’a donné une claque! Et même plusieurs. Parfois, je me dis que c’est pas humain d’avoir ces vies-là, les « foutus » de la vie, que c’est pas humain de faire souffrir comme ça, de ne pas se rendre compte de la douleur que l’on engendre, de la douleur qui existe autour de nous. Ça oppresse, coupe le souffle.

« En vérité, je suis cernée, Albert. A droite et à gauche. A tel point que la misère me sort par les trous de nez. Excusez-moi, je voudrais sortir, sortir de la vie, cette vie pourrie ! Putain mais laissez-moi passer, je cherche la sortie de secours ! Je n'arrive plus à chantonner gaiement dans la nuit noire. J'ai peur. Et dans mon corps, ça brûle. J'en peux plus, je voudrais hurler. Allô, allô, il y a quelqu'un ? Mais rien, ici tu peux t'évertuer à crier "allô, allô", ma parole Albert, y'a d'la merde dans le tuyau. »



Ce deuxième choc qu’Amaya a vécu, c’est le pire. C’était horrible, cruel. Je l’ai senti en moi, qui me coupa le souffle, choc boum. Je savais plus quoi penser, quoi faire. J’étais comme morte moi aussi.



Elle en bave Amaya, et la narration le retranscrit parfaitement. Suivant qu’il s’agisse de ses pensées ou de dialogues, le langage n’a pas la même violence, pas la même construction. Mots d’adultes et tournures d’enfants. Mais les mots d’Amaya restent durs, elle te les jette à la gueule, les crache. Pourtant, derrière, on peut apercevoir un certain aspect enfantin, naïf. Elle garde un espoir, parfois qui blesse, elle se raconte des histoires. 

« Parfois, c'est vrai, la vérité je m'en fous, je raconte n'importe quoi, pourvu que ça mousse. Parce qu'on a beau dire et faire les braves, on a tous un jour ou l'autre besoin de se colmater.

Pourquoi tu crois, Albert, que nos bennes sont toujours pleines à craquer ? On consomme pour oublier la vie, la vie telle qu'elle est. »


Parce que, même après tout ce qu’elle a vécu, Amaya, c’est une enfant, et rien ne peut lui enlever toute son enfance dans son entièreté. Elle en a de l’imagination, elle s’y est réfugiée avec Soledad, sa poupée, et nous on la suit, nous, « Albert », interlocuteur imaginaire d’Amaya.

« Me vient qu'il y a nos mères et les mères de nos mères et nous formons des ribambelles de femmes, comme des poupées russes. Des ventres et des sourires s'alignent puis sombrent dans la nuit de l'Histoire, et on a beau courir après, ces sourires tombent et ne reviennent jamais. Nos mères, elles sont englouties, Albert. »



Dans ces deux cents pages, Amaya évolue, réapprend à vivre, à croire en l’espoir de vivre. Et c’est beau d’une certaine façon. On apprend avec elle, on la voit grandir, traverser les étapes de sa vie, plus ou moins belles, plus ou moins dures. L’espoir à la fin, c’est aussi ça que je retiens, malgré toute la dureté de la vie, il y a de l’espoir, il faut apprendre à le voir.

« C'est ça, je crois, le pire de tout ce à quoi je peux penser face à la mort de ma mère ; qu'on peut en sortir, la psy. On peut ! Et elle, elle le saura jamais. »


Ce livre fut un coup de cœur, un coup de poing, une claque monumentale qui m’a coupé le souffle, fait pleurer (ou du moins, donné fortement l’envie), qui m’a submergée de tous ces malheurs, et puis à la fin, qui m’a fait relever la tête, sortir de l’eau, comme Amaya, et j’ai souri, et espéré.


Mini spoiler dans ces citations : 

« Je souris, je crois pour la première fois, à mon origine, celle qu'on déteste longtemps, qu'on cherche à semer, quitte à se perdre et qu'on se surprend un jour à aimer. Je suis de ces êtres ordinaires, un peu cassés, un peu ratés, mais qui poursuivent leur chemin, de mieux qu'ils le peuvent. Et je comprends que je veux rester parmi ceux-là, les petits, les foutus, les vaincus. Je pense à Ruby, à Tom, à Jeannot, à Pépito, à Danaé, à mes amis d'avant, et d'une certaine façon, même si je m'en sors, même si je pars vivre avec ma tante Teresa, je reste avec eux. Je ne les quitte pas. Parce que je ne suis sauvée de rien, et je ne veux même pas l'être : être sauvée suppose toujours qu'on laisse des gens derrière soi. »


« Moi, je voudrais seulement retomber comme un petit soufflet au fromage, et ne plus croire qu'il existe mieux après, plus loin, plus tard. Que l'herbe est plus verte ou plus tendre ailleurs. Je m'en fous. J'ai que cette vie-là, la mienne, et je m'apprête à la retrouver, à regagner ma cité, sans fleurs, sans couronnes, ma cité de béton qui m'a craqué mon père, ma cité de charbon où j'ai perdu ma mère. Je suis prête à aimer ce que j’ai. » 


C'est vrai que cette chronique est construite bizarrement. Durant ma lecture, certaines phrases m'ont comme sauté à la figure, je voulais m'en souvenir, je voulais les partager. J'ai aussi, cette fois-ci, écrit ma chronique tout au long de ma lecture. En la reprenant, et en l'organisant, je me suis rendue compte que j'avais une citation par point. Est-ce de relever les citations qui m'a impulsé un avis ? Je pense, et puis, la plume de Mélanie Georgelin est si percutante, je me devais de vous la partager.


Avertissements : 
(surligner pour voir, cela peut potentiellement divulguer l'intrigue)
viol - maltraitance sur enfant -

mercredi 20 janvier 2021

Les Papis contre-attaquent de Claire Renaud


titre : Les Papis contre-attaquent
autrice : Claire Renaud
illustratrice : Maurèen Poignonec
édition : Sarbacane
collection : Pépix
parution : 6 janvier 2021
coût : 10,90€






4ème de couverture

« Je m’inquiète. Papi ne dort plus la nuit, il va et vient dans l’appartement et fait un sacré raffut. Je crois que c’est parce que son pote, Léonard, le barreur de leur bateau au club d’aviron, a été placé dans une maison de retraite. Du coup, « l’équipe des Lascars » (l’équipe de Papi, ils ont tous des prénoms qui se finissent en ‘ar’, c’est pour ça) va perdre la course de dimanche, et Papi déteste perdre !

Alors ils ont décidé, avec Richard l’Anglais, Oscar le prof de lettres, Bernard le pharmacien (et donc Gérard mon papi déménageur), de s’introduire dans l’Ehpad et d’en ressortir avec Léonard. Seulement, à l’entrée, il y a une sorte de Cerbère, une gardienne pas commode qui voit tout, entend tout et empêche tout. Donc il va falloir ruser… »

Avis : 

Merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi !

Guenièvre, c’est la narratrice, et elle est sacrément tête en l’air ! Vous vous souvenez de cet.te élève en primaire qui venait à l’école en pyjamas, avec ses chaussons…? Eh bien c’est elle ! Elle a une maman danseuse qui virevolte plus qu’elle ne bouge et un papi Gérard, ancien déménageur, qui fonce plus qu’il ne réfléchit.

Et c’est justement Papi Gégé qui va lui poser problème. Vous pensiez les papis-mamies bien tranquilles et inoffensifs ? Que nenni ! 

«Avec les papis et les mamies, faut toujours se méfier ! Ils ont l’air vieux et fragiles, un peu rêveurs, et en fait ils peuvent être super inventifs, très efficaces… et inarrêtables ! Quand ils passent à l’action, crois-moi, ça dépote !» dit Clémentine, la meilleure amie de Guenièvre et la petite fille d’une mamie qui voulait braquer une supérette (C’est dans Les Mamies attaquent, que je n’ai pas lu, mais qui me donne bien envie maintenant !)

Papi Gégé a une compet’ d’aviron et il lui manque un membre, coincé dans un EHPAD. Alors, avec sa bande des Lascars, il a décidé de le faire évader, quitte à se retrouver au poste de police, en pleine nuit avec un avocat, drôle d'idée non? … (cette scène, mais cette scène, ma préférée de tout le roman ! Elle est génialement drôle !)

Dès le départ, on sent qu’on va rire n’est-ce pas ? Parce que bien sûr, ça va partir en cacahuète, bien sûr, les Lascars vous se heurter à un obstacle de taille : Cerbère ; ils vont enchainer échec sur échec et imaginer des plans plus farfelus les uns que les autres que nous découvrons avec délice.

La bande des Lascars même est hilarante : 
- Gérard, un peu balourd, très fonceur et qui gueule si fort que le rôle du chef lui revient d’office
- Bernard, ancien pharmacien qui se promène avec sa mallette de médicaments « au cas où » et qui se préoccupe de la santé de tout le monde
- Richard, Anglais avec un français approximatif, ce qui donne des phrases à se tordre de rire. Je l’adore !
- Oscar, comme tout bon prof qui se respecte, il récite des auteurs sans arrêt et je trouve l’idée top comme première approche des « œuvres classiques » pour les plus petits (et puis j’en ai glané une ou deux pour mes cours)
- Léonard, enfin, le Lascar coincé dans un EHPAD avec une jambe cassée et pour qui les autres se démènent. Il accepte tout, il est tout mignon, je ne sais même pas s’il n’était pas un tout petit peu bien quand même à tricoter à l’EHPAD.

Bref, un concentré de rigolade raconté par Guenièvre avec beaucoup de lucidité et de naïveté en même temps (je me demande juste si parfois, « elle » n’utilise pas des mots trop compliqués sans forcément les expliquer : un bâtiment vétuste, des enfants savent ce que cela veut dire ? Mon petit frère de 11ans non, peut-être une petite phrase du genre : « mais si, vous savez, quand c’est tout vieux, tout abîmer » mais bon, pour ça, il faudrait peut-être l’avis de quelqu’un plus au même de l’éducation que moi) et qui m’a fait passer un très bon moment !



Un petit peu de khâgne ?


“Le ciel est, par-dessus le toit,
/Si bleu, si calme!
/Un arbre, par-dessus le toit,
/Berce sa palme.”
Verlaine, Sagesse

Ecrite lorsqu'il se trouvait en prison, je trouve cette citation très belle. Je vais essayer de la glisser dans une de mes dissert', elle peut convenir au motif de l'ennui, ennui si grand qu'il ne peut se dire par l'expression du sentiment mais par des images, ennui devenu universel, comme vision désabusée du monde, un monde où l'on est enfermé.

“Avec quelle rigueur, Destin, tu me poursuis ! 
/Je ne sais où je vais, je ne sais où je suis.”
Racine, Phèdre, Thésée, IV, 1

La perpétuelle errance de Phèdre, d'Hippolyte, de Thésée dans Phèdre, mais aussi d'Antiochus dans Bérénice. L'errance physique peut traduire l'errance mentale, le fait que les personnages soient perdus dans leurs sentiments trop violents, le fait qu'il n'existe pas d'endroit, pas de vie possible où ils puissent vivre avec ces sentiments là.

mardi 8 décembre 2020

Bilan de novembre 2020, bientôt Noël ;)

 Hello ! 

Décembre est là, c'est bientôt Noël et l'on va se gaver de romances, décorations, chansons et films nianians pour oublier ce contexte si particulier et triste pour certains. Mais avant, on fait un petit récap' de notre mois de novembre ?

Mes lectures

  • J'ai lu pour mon cours de lettres modernes la première pièce de Mon Faust, "Lust", de Paul Valéry. J'ai bien aimé, largement préféré au Faust de Goethe, mais je n'ai pas tout compris. Maintenant que nous avons commencé à l'étudier et que la prof nous parle de métaphysique, je comprends encore moins, mais bon...
  • Magus of the Library de Mitsu Izumi, un manga que j'ai juste adoré !
  • Broadway de Fabrice Caro, une très bonne lecture mais que je n'ai pas pu savourer comme je l'aurais voulu...
  • Le Manteau de Gogol, une nouvelle que je travaille en russe, et que j'ai lu en français pour plus de compréhension ^^'
  • J'ai aussi lu quelques poèmes des Contemplations de Victor Hugo, j'aime beaucoup. De toute façon, j'aime beaucoup Hugo en règle générale
  • Enfin, j'ai terminé novembre (lecture du soir le 30 exactement ;) avec une petite histoire bien vieille, de mon enfance et de celle de ma maman : La Belle Lisse Poire du Prince de Moturdu de Henriette Bichonier. C'était très chouette, elle m'a fait beaucoup de bien ^^
5 lectures entières pour ce mois de novembre
1 coup de cœur
des bonnes lectures

Vous avez dit séries ?

  • J'ai commencé mon mois de novembre par re-regarder une série déjà vue : Gossip Girl saison 6. Pourquoi ? aucune idée, je n'apprécie pas particulièrement cette saison (en même temps, sur 6, je n'ai vu que la 1, une partie de la 2 et la 6 alors...)
  • les saison 2 et 3 de H2O, j'ai besoin de sirènes dans ma vie.
  • J'ai fini la saison 3 de Charmed, j'ai pleuré bien sûr pour la disparition d'un personnage clef
  • Austin et Ally, quelques épisodes, pour oublier toute la mouise dans laquelle je patauge
  • la saison 1 de Emily in Paris. C'est la faute de Christian Tran, elle m'a donné envie de me plonger dedans en parlant de "série doudou"
Toujours trop de séries 
6 visionnages
dont 4 déjà vus
et 5 saisons entières, donc beaucoup trop d'épisodes 

Pas de cinéma, mais quand même des séances télé

  • Princesse malgré elle et Mariage de Princesse de Garry Marshall. Je les ai déjà vus, je voulais retomber en enfance.
  • idem pour A Cinderella Story 2, 3, 4 et 5 que j'ai revu pour ... je sais pas
  • The Gentleman de Guy Richie, seule séance télé en famille de novembre : c'était génial.
idem pour les films
7 films
dont 6 déjà vus (et qui sont franchement bof en plus)
mais 1 que j'ai adoré

Autre ?
  • l'émission "Inégalités pour et dans l'école" de François Dubet qui était très intéressante
  • l'émission "Les Mécanismes des inégalités" épisode 1,  parfaite pour mon programme de géo sur Inégalités et populations
  • Créer aujourd'hui, 3 ballets de l'opéra de Paris visibles sur internet. C'était magnifique, j'en ai pleuré.
  • l'émission "Les Mécanisme des inégalités" épisode 2

Quoi de neuf dans ma bibliothèque ?

  • Minuit ! 12 histoires d'amour à Noël, d'un collectif d'auteurs, que j'ai acheté en occasion, super état!, sur Recyclivre
  • Circée de Madeline Miller (malheureusement en anglais, je me suis trompée) que j'ai emprunté à la bibliothèque
  • Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti, emprunté à la bibliothèque
  • Big Easy de Ruta Sepetys, emprunté à la bibliothèque
  • Wicca de Marie Alhinno, emprunté à la bibliothèque 
  • Je te plumerai la tête de Claire Mazard, emprunté à la bibliothèque 
  • Une étude en soie, tome 1 de Emma Jane Holloway, emprunté à la bibliothèque 
  • L'Obscénité démocratique de Régis Debray, emprunté à la bibliothèque
  • Ivy Wilde de Helen Harper, prêté par une amie
  • L'Homme le plus flippé du monde de Théo Grosjean, une BD qui j'espère, m'aidera à relativiser hélé
  • Mon père, ma mère mes tremblements de terre de Julien Dufresne-Lamy, une lecture pour ma maman et moi qui me faisait très envie (on avait des chèques lire à utiliser jusqu'au 30 novembre)
3 livres qui rejoignent ma véritable bibliothèque 
8 qui y viennent temporairement 
j'aurai jamais le temps de lire tout ça, je sais,
mais je fais des réserves pour ma période de concours blanc

Et sur le blog ?

mercredi 25 novembre 2020

Magus of the Library, de Mitsu Izumi


titre : Magus of the Library
tome 1 
auteur : Mitsu Izumi
illustrateur : Mitsu Izumi (je crois)
traductrice : Géraldine Oudin
édition : Ki-oon
collection : Kizuna
parution : mars 2019
coût : 7,90€




4ème de couverture : 

“Le livre. Une source de savoir, une accumulation de signes chargés de sens, un précieux héritage qui relie passé et futur. C’est un mage qui me l’a dit un jour : protéger les livres, c’est tout simplement… protéger le monde !”


Avis 

Une lecture manga, incroyable pour moi ! Mais je l’ai découverte dans la vidéo de Audrey du Souffle des mots où elle laissait la parole à ses abonnés et Amélie, de De Poudlard à Anima m’a beaucoup trop donné envie. Quand je l’ai vu au CDI, j’ai sauté de joie !


L’univers narratif était incroyablement riche, très intéressant et dans lequel je suis entrée très rapidement. Les petites notes, la narration et les dialogues eux-même m’apportaient des réponses, juste ce qu’il faut pour entrer dans l’univers fantastique tout en gardant des secrets et du suspens.


L’univers pictural était lui aussi incroyablement riche. Riche sera le mot de cette chronique. Le côté oriental des dessins était dépaysant, agréable. Les dessins étaient très minutieux, je n’ai pas trouvé ce côté des manga que j’imaginais, un peu niais, enfantin ou avec des filles aux formes trop prononcées (je n’ai lu que 2 autres manga dans ma vie : Chi, une vie de chat, et le tome 1 de Fairy tail). Au contraire, ils étaient très fins, ciselés, comme une BD. Le seul défaut que j’ai trouvé aux illustrations est la ressemblance des quatre Kahunas. Je les confondais sans cesse, revenant régulièrement à la planche descriptive de chaque fille. Cependant, je me dis que peut-être est-ce fait exprès, avec un univers si riche, peut-être y a-t-il un secret derrière cette ressemblance, et qu’il faut attendre avec de le découvrir.


J’ai beaucoup aimé le fil rouge du héros du roman, cette plongée incessante dans l’imaginaire et cette certitude du protagoniste qu’un jour, un héros, comme il n’en existe que dans les livres, l’emmènerait vivre une vie d’aventures. 

Les paroles de la Kahuna étaient très sages, j’aimerais y croire : c’est en se comportant comme un héros, avec bravoure et courage, que l’on devient un héros brave et courageux.


Ces dessins entre Mille et une nuits et heroic fantasy, cette soif d’aventure du petit garçon, ce mystère sur la grande bibliothèque, et cet éloge (c’est un mot masculin, vous le saviez vous ?!) de la lecture m’ont totalement conquise. Ce fut un coup de coeur, et j’ai vraiment hâte de lire la suite. Vivement Noël ou que les bibliothèques ré-ouvrent ! 

dimanche 22 novembre 2020

Gorilla Girl, de Anne Schmauch



titre : Gorilla Girl
autrice : Anne Schmauch
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 208
parution : octobre 2020
coût : 16€






4ème de couverture 

Je m’appelle Léone, je suis faite pour le rugissement.
J’ignore quelle grognasse de fée s’est penchée sur mon berceau il y a 21 ans, mais j’ai un talent certain pour la baston. Le problème quand tu es une meuf et que tu as le coup de poing facile, c’est que, niveau mecs, tu es condamnée au supplice de Tantale.
Ma mère pense que je vais droit dans le mur, avec mes conneries – en même temps, elle est flic… alors forcément, on a deux trois divergences de vue. Et puis c’est complètement faux ! Ma vie est pleine de projets sérieux : faire la fête avec mes amis, recouvrir Paris de graffs anarchistes, draguer avec la finesse d’un char d’assaut, renverser le patriarcat, soigner mon look de leadeuse d’un groupe punk…
De toute façon, je suis sûre que si je fonce assez fort dans le mur, j’arriverai à passer au travers. Et qui sait ce qu’on trouve, de l’autre côté… L’amour ?
Mouais. L’amour, c’est comme les grenades dedésencerclement : ça finit toujours par t’exploser à la figure.


Avis 

J’ai mis du temps à écrire cette chronique. Je voulais qu’elle soit à la hauteur de Gorilla Girl, avec une véritable analyse, pas que mon ressenti, des questionnements sur la société actuelle etc… Je voulais faire des recherches, je ne trouvais pas le temps et au final, je me retrouve là à me dire que parce que je n’arrive pas à parler d’un livre de façon objective et « khâgneuse » je n’en parle pas du tout. Et ce n’est pas ce que je veux, car j’ai adoré ce livre. Donc, je laisse tomber mon idée de « chronique intellectuelle sérieuse » je laisse place à ce que je ressens, à ce que je sais déjà. Et ça suffira bien n’est-ce pas ?



« Prudence, c’est pas le mot le plus chiant de la langue française ? Celui qui fait que tu passes à côté des trucs les plus excitants de l’existence ? »



J’ai aimé Léone, cette héroïne de 22 ans qui change de l’ordinaire. Elle a ses convictions et se bat pour elles. Elle tient un group de punk rock avec deux amies, et j’ai aimé cet artivisme que je connaissais peu, ce fond de musique, comme un autre fil rouge rythmant le roman. Léone est passionnée, parfois irréfléchie, mais elle évolue, n’est pas tant coincée que ça dans le carcan « les flics, c’est les méchants ». J’ai aimé que l’héroïne ne soit pas une fille modèle qui découvre quelque chose, mais au contraire, une jeune femme qui dès le début a un avis tranché sur les choses.


Son cercle d’amis est bien éclectique. Une philosophe, une artiste, une biologiste, un plongeur… J’ai aimé cette diversité d’études, qui me rappelle Dans le désordre de Marion Brunetk, ce coup de coeur de 2016 : des envies de changer le monde, un squat, des manif, une histoire d’amour… Dans Gorilla Girl, il y a l’idée qu’une envie de changement peut venir de personnalités différentes et qui se complètent et s’enrichissent. De plus, et à titre personnel, je trouve que les études nous permettent d’avoir différentes approches. Et puis, ils ont tous des points de vue différents, chacun avait envie de manifester d’une façon, et ils s’écoutaient les uns les autres. J’ai apprécié aussi que les héroïnes aient une vision pacifiste et artiviste des manifestations. Pas besoin de violence physique pour faire passer des messages.


J’ai adoré le personnage de la mère, cette mère sans aucune douceur apparente, véritable bulldozer du quotidien mais qui veut le meilleur pour ses enfants. Elle forme un drôle de couple avec Ball-Trap. Ils sont tous les deux policiers mais ont des caractères très différents. J’ai trouvé intéressant de découvrir aussi le côté traumatisant de ce métier. Quant à Roland, le frère de Léone, il est CRS. Il ne symbolise pas le mauvais rôle du CRS que voudrait lui donner Léone mais plutôt une tête à claques comme n’importe quel frère.


L’histoire était addictive, je crois que je l’ai lu en un weekend. La narration de Léone me prenait totalement. J’ai aimé son franc-parler, j’ai aimé les discussions des filles, notamment sur la sexualité dont elles parlaient très librement, ce qui aujourd’hui participe à la prise de conscience du plaisir féminin.


Mes deux petites déceptions ? L’histoire d’amour, que je trouvais trop présente, trop… je ne sais pas, de trop. (J’ai appris après ma lecture que Gorilla Girl est classé comédie romantique sur fond de manifestations et revendications. Mais quand même, j’aurais aimé une moins grosse part de romance) Et l’histoire avec l’homme squelette, un peu trop rocambolesque pour moi, un peu trop incrédule.


Et mes études là-dedans, elles peuvent ajouter quelque chose ?


Un exposé avait été fait sur les Pussy Riot dans mon cours de russe au lycée ; on étudiait les figures qui protestaient contre le président Poutine et sa politique. C’est un groupe de punk rock féministe russe, créé en 2011 notamment en réponse aux propos misogynes, homophobes et sexistes du père Dmitry Smirnov. L’arrestation de deux de ces membres dont Léone fait mention a eu lieu en 2012. Elle ont été arrêtées pour « hooliganisme » à cause d’une intervention dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, intervention décrétée comme étant « motivée par la haine religieuse ». L’organisation internationale de défense des droits de l’homme, Amnesty International, les a reconnues comme des prisonnières d’opinion. 

(je sais, j’ai dit que je ne ferai pas de recherche, mais ça, c’était rapide ; 

source, la page wikipedia russe des Pussy Riot  : https://ru.wikipedia.org/wiki/Pussy_Riot)



Breeeef, tout ça pour dire : lisez-le ! Du féminisme, de l'artivisme, des revendications, de l'amitiés et même de l'amour ! Y'a de tout, un énorme coup de coeur 

mercredi 18 novembre 2020

Premières lignes : Broadway, de Fabrice Caro

Premières lignes est un rendez-vous créé par Aurélia du blog Ma Lecturothèque. Il s'agit de vous faire découvrir un livre en vous mettant ses premières lignes. Simple non ?
J'ai trouvé le principe plutôt sympa, donc quand l'envie m'en prendra, pourquoi ne pas le faire?

Ce genre d'article est pour moi l'occasion de vous partager certaines de mes lectures sur lesquelles j'aurais du mal à disserter longtemps ou des écritures qui m'ont particulièrement touchée, reconnaissables des les premières lignes.


                       Broadway, de Fabrice Caro
Editions Gallimard, collection Sygne, 2020, 
194 pages, 18€



Le 20 juillet 1988, quand était arrivée la lettre de Sandrine Cazes alors en vacances à Juan-les-Pins et que j’avais rencontrée une semaine auparavant dans un bal de village, je l’avais saisie d’une main trem- blante (en réalité, elle était d’abord passée par les mains de ma mère, c’est elle qui allait au courrier,C’est pour toi, avait-elle déclaré d’un ton solennel, suscitant chez moi un sentiment mêlé de honte et d’excitation), je m’étais réfugié dans ma chambre pour l’ouvrir en toute tranquillité et j’avais découvert une carte postale d’une vue de Juan-les-Pins accom- pagnée d’une longue lettre d’une écriture tout en rondeur, à l’encre bleue sur du papier parfumé. Sandrine Cazes évoquait notre rencontre, parlait de ses vacances, de son petit frère insupportable, puis soudainement, au milieu d’une phrase sur la tempé- rature de l’eau, entre parenthèses, surgissait un (pile là à la radio, « ... fermer les volets et ne plus changer l’eau des fleurs...», qui me fait douloureusement pen- ser à toi). Au bas de la lettre, une trace de baiser au rouge à lèvres barrait en diagonale les trois dernières lignes, et cette bouche m’avait littéralement fait fondre. Ce devait être la toute première lettre m’étant adressée personnellement et j’avais cru alors que le courrier serait toujours synonyme de cœur qui bat, de ventre qui vibre, de fragments d’extases et de ciels sans fin.
    Trente ans plus tard, ellipse, je tiens dans ma main une enveloppe plastifiée bleue au bas de laquelle est inscrit : Programme national de dépistage du cancer colorectal.

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Certes, ce sont des premières lignes un peu longues. Mais je voulais vous montrer cette plume si particulière. Ce que j'ai aimé dans Broadway, c'est l'écriture bourrée d'humour de l'auteur. Un humour d'autodérision, décalé, jubilatoire. Fabrice Caro jubile en écrivant Broadway, il ne peut en être autrement. 

Axel, 46 ans, reçoit une enveloppe "bleu Juan-les-Pins" pour un test de dépistage colorectal. Et cette enveloppe, comme l'idée du discours dans Le Discours, est un motif récurrent. Elle chamboule tout, elle est prétexte à tout, elle crée le fantasme d'une vie à Buenos Aires, elle est tout. Et c'est tordant de le voir se casser la tête sur cette enveloppe ridicule, en faire une montagne pas possible, on ne comprend pas. Je suis à des kilomètres de ses préoccupations, et je me suis pliée de rire. On passe du coq à l'âne, aucune explication, on est entièrement dans sa tête, sans aucun filtre, ponctuation virevoltante. Parfois, ça surprend, parfois, on accroche moins, et revenir dedans, reprendre le livre est plus long. Mais c'est tellement drôle, unique. C'est absurde, "doux-amer" écrit Le Monde, une dose de bonne humeur détonnante qui fait un bien fou aux zygomatiques.

lundi 16 novembre 2020

C'est lundi, que lisez-vous ?

 Quésako ?

 

Ca fait bien longtemps que ce rendez-vous n'a été vu sur ce blog... 
C'est lundi, que lisez-vous reprend "It's Monday, what are you reading ?" du blog One person's journey through a world of books. Au départ, le récapitulatif des liens français se faisait sur le blog de Galleane, puis, c'est le blog I Believe in Pixie Dust qui a repris le flambeau 
Le but de ce rendez-vous hebdomadaire, c'est de faire un petit bilan de sa semaine : 
Qu'avez-vous lu ?
Que lisez-vous maintenant ?
Que lirez-vous ensuite ?

Mes lectures (et autres) de la semaine passée 


Livres
  • Mon Faust, "Lust", de Paul Valéry pour mon cours de lettres modernes. Largement préféré au Faust de Goethe, j'ai beaucoup aimé l'écriture.
  • Magus of the Library tome 1, de Mitsu Izumi. J'ai eu envie de retester les mangas, et j'ai adoré celui-là ! Les dessins sont suberbement travaillés, l'univers incroyablement fourni...
Et c'est tout, ça fait peu, mais je n'avance pas dans ma lecture en cours...

Films
  • A Cinderella Story 2
  • A Cinderella Story 3
  • A Cinderella Story 4
  • A Cinderella Story 5
Période de stress samedi, avec déni, coup de l'autruche et visionnage de films pas forcément top pour la je ne sais combientième fois...

Episodes de séries 
  • Charmed, saison 3, puis les premiers épisodes de la saison 4. Je n'y peux rien, cette série me fait du bien, alors j'en abuse
  • H2o, revisionnage de la saison 2, toujours pareil, retour dans l'enfance, déni, autruche...
  • Austin et Ally, là, ça craint vraiment de revenir aux séries Disney Channel ...

Autre
  • émission Entendez-vous l'Echo ? : Les Mécanismes des Inégalités, épisode 1
  • ballet (replay de l'Opéra Garnier) : Créer aujourd'hui, c'était magnifique, j'ai adoré.



Ma lecture du moment 

  • Broadway, de Fabrice Caro. J'avais adoré Le Discours, j'aime beaucoup Broadway aussi mais j'avance terriblement lentement (vous avez remarqué que je mets des adverbes partout ? pourquoi je fais ca ?) 


Mes prochaines lectures 

  • Le Manteau, de Gogol. Je vais le travailler en version de russe, et j'aimerais bien le relire avant en français, je ne m'en souviens pas très bien
  • Elle a menti pour les ailes, de Francesca Serra
      

Les articles de la semaine et ceux à venir 

Mon objectif et de publier les chroniques de 
  • Gorilla Girl, de Anne Schmauch, une véritable bombe
  • Magus of the Library, de Mitsu Izumi, un coup de coeur 

Et vous, que lisez-vous ?
Je vous souhaite une bonne semaine :)